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Surah An Nisa

Sourate 4 en français

1
Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d'un seul être, et a créé de celui-ci son épouse, et qui de ces deux là a fait répandre (sur la terre) beaucoup d'hommes et de femmes. Craignez Allah au nom duquel vous vous implorez les uns les autres, et craignez de rompre les liens du sang. Certes Allah vous observe parfaitement.

2
Et donnez aux orphelins leurs biens; n'y substituez pas le mauvais au bon. Ne mangez pas leurs biens avec les vôtres: c'est vraiment un grand péché.

3
Et si vous craignez de n'être pas justes envers les orphelins,... Il est permis d'épouser deux, trois ou quatre, parmi les femmes qui vous plaisent, mais, si vous craignez de n'être pas justes avec celles-ci, alors une seule, ou des esclaves que vous possédez. Cela, afin de ne pas faire d'injustice (ou afin de ne pas aggraver votre charge de famille).

4
Et donnez aux épouses leur mahr , de bonne grâce. Si de bon gré, elles vous en abandonnent quelque chose, disposez-en alors à votre aise et de bon cœur.

5
Et ne confiez pas aux incapables vos biens dont Allah a fait votre subsistance. Mais prélevez-en, pour eux, nourriture et vêtement; et parlez-leur convenablement.

6
Et éprouvez (la capacité) des orphelins jusqu'à ce qu'ils atteignent (l'aptitude) au mariage; et si vous ressentez en eux une bonne conduite, remettez-leur leurs biens. Ne les utilisez pas (dans votre intérêt) avec gaspillage et dissipation, avant qu'ils ne grandissent. Quiconque est aisé, qu'il s'abstienne d'en prendre lui-même. S'il est pauvre, alors qu'il en utilise raisonnablement: et lorsque vous leur remettez leurs biens, prenez des témoins à leur encontre. Mais Allah suffit pour observer et compter.

7
Aux hommes revient une part de ce qu'ont laissé les père et mère ainsi que les proches; et aux femmes une part de ce qu'ont laissé les père et mère ainsi que les proches, que ce soit peu ou beaucoup: une part fixée.

8
Et lorsque les proches parents, les orphelins, les nécessiteux assistent au partage, offrez-leur quelque chose de l'héritage, et parlez-leur convenablement.

9
Que la crainte saisisse ceux qui laisseraient après eux une descendance faible, et qui seraient inquiets à leur sujet; qu'ils redoutent donc Allah et qu'ils prononcent des paroles justes.

10
Ceux qui mangent [disposent] injustement des biens des orphelins ne font que manger du feu dans leurs ventres. Ils brûleront bientôt dans les flammes de l'Enfer.

11
Voici ce qu'Allah vous enjoint au sujet de vos enfants: au fils, une part équivalente à celle de deux filles. S'il n'y a que des filles, même plus de deux, à elles alors deux tiers de ce que le défunt laisse. Et s'il n'y en a qu'une, à elle alors la moitié. Quant aux père et mère du défunt, à chacun d'eux le sixième de ce qu'il laisse, s'il a un enfant. S'il n'a pas d'enfant et que ses père et mère héritent de lui, à sa mère alors le tiers. Mais s'il a des frères, à la mère alors le sixième, après exécution du testament qu'il aurait fait ou paiement d'une dette. De vos ascendants ou descendants, vous ne savez pas qui est plus près de vous en utilité. Ceci est un ordre obligatoire de la part d'Allah, car Allah est, certes, Omniscient et Sage.

12
Et à vous la moitié de ce que laissent vos épouses, si elles n'ont pas d'enfants. Si elles ont un enfant, alors à vous le quart de ce qu'elles laissent, après exécution du testament qu'elles auraient fait ou paiement d'une dette. Et à elles un quart de ce que vous laissez, si vous n'avez pas d'enfant. Mais si vous avez un enfant, à elles alors le huitième de ce que vous laissez après exécution du testament que vous auriez fait ou paiement d'une dette. Et si un homme, ou une femme meurt sans héritier direct, cependant qu'il laisse un frère ou une sœur, à chacun de ceux-ci alors, un sixième. S'ils sont plus de deux, tous alors participeront au tiers, après exécution du testament ou paiement d'une dette, sans préjudice à quiconque. (Telle est l') Injonction d'Allah ! Et Allah est Omniscient et Indulgent.

13
Tels sont les ordres d'Allah. Et quiconque obéit à Allah et à Son messager, Il le fera entrer dans les Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, pour y demeurer éternellement. Et voilà la grande réussite.

14
Et quiconque désobéit à Allah et à Son messager, et transgresse Ses ordres, Il le fera entrer au Feu pour y demeurer éternellement. Et celui-là aura un châtiment avilissant.

15
Celles de vos femmes qui forniquent, faites témoigner à leur encontre quatre d'entre vous. S'ils témoignent, alors confinez ces femmes dans vos maisons jusqu'à ce que la mort les rappelle ou qu'Allah décrète un autre ordre à leur égard.

16
Les deux d'entre vous qui l'ont commise [la fornication], sévissez contre eux. S'ils se repentent ensuite et se réforment, alors laissez-les en paix. Allah demeure Accueillant au repentir et Miséricordieux.

17
Allah accueille seulement le repentir de ceux qui font le mal par ignorance et qui aussitôt se repentent. Voilà ceux de qui Allah accueille le repentir. Et Allah est Omniscient et Sage.

18
Mais l'absolution n'est point destinée à ceux qui font de mauvaises actions jusqu'au moment où la mort se présente à l'un d'eux, et qui s'écrie: « Certes, je me repens maintenant » -non plus pour ceux qui meurent mécréants. Et c'est pour eux que Nous avons préparé un châtiment douloureux.

19
Ô les croyants ! Il ne vous est pas licite d'hériter des femmes contre leur gré. Ne les empêchez pas de se remarier dans le but de leur ravir une partie de ce que vous aviez donné, à moins qu'elles ne viennent à commettre un péché prouvé. Et comportez-vous convenablement envers elles. Si vous avez de l'aversion envers elles durant la vie commune, il se peut que vous ayez de l'aversion pour une chose où Allah a déposé un grand bien.

20
Si vous voulez substituer une épouse à une autre, et que vous ayez donné à l'une un qintâr, n'en reprenez rien. Quoi ! Le reprendriez-vous par injustice et péché manifeste ?

21
Comment oseriez-vous le reprendre, après que l'union la plus intime vous ait associés l'un à l'autre et qu'elles aient obtenu de vous un engagement solennel ?

22
Et n'épousez pas les femmes que vos pères ont épousées, exception faite pour le passé. C'est une turpitude, une abomination, et quelle mauvaise conduite !

23
Vous sont interdites vos mères, filles, sœurs, tantes paternelles et tantes maternelles, filles d'un frère et filles d'une sœur, mères qui vous ont allaités, sœurs de lait, mères de vos femmes, belles-filles sous votre tutelle et issues des femmes avec qui vous avez consommé le mariage; si le mariage n'a pas été consommé, ceci n'est pas un péché de votre part; les femmes de vos fils nés de vos reins; de même que deux sœurs réunies -exception faite pour le passé. Car vraiment Allah est Pardonneur et Miséricordieux;

24
et, parmi les femmes, les dames (qui ont un mari), sauf si elles sont vos esclaves en toute propriété. Prescription d'Allah sur vous ! A part cela, il vous est permis de les rechercher, en vous servant de vos biens et en concluant mariage, non en débauchés. Puis, de même que vous jouissez d'elles, donnez-leur leur mahr comme une chose due. Il n'y a aucun péché contre vous à ce que vous concluez un accord quelconque entre vous après la fixation du mahr, car Allah est, certes, Omniscient et Sage.

25
Et quiconque parmi vous n'a pas les moyens pour épouser des femmes libres (non esclaves) croyantes, eh bien (il peut épouser) une femme parmi celles de vos esclaves croyantes. Allah connaît mieux votre foi, car vous êtes les uns des autres (de la même religion). Et épousez-les avec l'autorisation de leurs maîtres (Waliy) et donnez-leur un mahr convenable; (épousez-les) étant vertueuses et non pas livrées à la débauche ni ayant des amants clandestins. Si, une fois engagées dans le mariage, elles commettent l'adultère, elles reçoivent la moitié du châtiment qui revient aux femmes libres (non esclaves) mariées. Ceci est autorisé à celui d'entre vous qui craint la débauche; mais ce serait mieux pour vous d'être endurant. Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux.

26
Allah veut vous éclairer, vous montrer les voies des hommes d'avant vous, et aussi accueillir votre repentir. Et Allah est Omniscient et Sage.

27
Et Allah veut accueillir votre repentir. Mais ceux qui suivent les passions veulent que vous vous incliniez grandement (vers l'erreur comme ils le font).

28
Allah veut vous alléger (les obligations,) car l'homme a été créé faible.

29
Ô les croyants ! Que les uns d'entre vous ne mangent pas les biens des autres illégalement. Mais qu'il y ait du négoce (légal), entre vous, par consentement mutuel. Et ne vous tuez pas vous-mêmes. Allah, en vérité, est Miséricordieux envers vous.

30
Et quiconque commet cela, par excès et par iniquité, Nous le jetterons au Feu, voilà qui est facile pour Allah.

31
Si vous évitez les grands péchés qui vous sont interdits, Nous effacerons vos méfaits de votre compte, et Nous vous ferons entrer dans un endroit honorable (le Paradis).

32
Ne convoitez pas ce qu'Allah a attribué aux uns d'entre vous plus qu'aux autres; aux hommes la part qu'ils ont acquise, et aux femmes la part qu'elles ont acquise. Demandez à Allah de Sa grâce. Car Allah, certes, est Omniscient.

33
À tous Nous avons désigné des héritiers pour ce que leur laissent leurs père et mère, leurs proches parents, et ceux envers qui, de vos propres mains, vous vous êtes engagés, donnez leur donc leur part, car Allah, en vérité, est témoin de tout.

34
Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu'Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu'ils font de leurs biens. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l'absence de leurs époux, avec la protection d'Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d'elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand !

35
Si vous craignez le désaccord entre les deux [époux], envoyez alors un arbitre de sa famille à lui, et un arbitre de sa famille à elle. Si les deux veulent la réconciliation, Allah rétablira l'entente entre eux. Allah est certes, Omniscient et Parfaitement Connaisseur.

36
Adorez Allah et ne Lui donnez aucun associé. Agissez avec bonté envers (vos) père et mère, les proches, les orphelins, les pauvres, le proche voisin, le voisin lointain, le collègue et le voyageur, et les esclaves en votre possession, car Allah n'aime pas, en vérité, le présomptueux, l'arrogant,

37
Ceux qui sont avares et ordonnent l'avarice aux autres, et cachent ce qu'Allah leur a donné de par Sa grâce. Nous avons préparé un châtiment avilissant pour les mécréants.

38
Et ceux qui dépensent leurs biens avec ostentation devant les gens, et ne croient ni en Allah ni au Jour dernier. Quiconque a le Diable pour camarade inséparable, quel mauvais camarade !

39
Qu'auraient-ils à se reprocher s'ils avaient cru en Allah et au Jour dernier et dépensé (dans l'obéissance) de ce qu'Allah leur a attribué ? Allah, d'eux, est Omniscient.

40
Certes, Allah ne lèse (personne), fût-ce du poids d'un atome. S'il est une bonne action, Il la double, et accorde une grosse récompense de Sa part.

41
Comment seront-ils quand Nous ferons venir de chaque communauté un témoin, et que Nous te (Muhammad) ferons venir comme témoin contre ces gens-ci ?

42
Ce jour-là, ceux qui n'ont pas cru et ont désobéi au Messager, préfèreraient que la terre fût nivelée sur eux et ils ne sauront cacher à Allah aucune parole.

43
Ô les croyants ! N'approchez pas de la Salat alors que vous êtes ivres jusqu'à ce que vous compreniez ce que vous dites, et aussi quand vous êtes en état d'impureté [pollués] -à moins que vous ne soyez en voyage -jusqu'à ce que vous ayez pris un bain rituel. Si vous êtes malades ou en voyage, ou si l'un de vous revient du lieu où il a fait ses besoins, ou si vous avez touché à des femmes et que vous ne trouviez pas d'eau, alors recourez à une terre pure, et passez-vous-en sur vos visages et sur vos mains. Allah, en vérité, est Indulgent et Pardonneur.

44
N'as-tu (Muhammad) pas vu ceux qui ont reçu une partie du Livre acheter l'égarement et chercher à ce que vous vous égariez du [droit] chemin ?

45
Allah connaît mieux vos ennemis. Et Allah suffit comme protecteur. Et Allah suffit comme secoureur.

46
Il en est parmi les Juifs qui détournent les mots de leur sens, et disent: « Nous avions entendu, mais nous avons désobéi »,: « Ecoute sans qu'il te soit donné d'entendre », et favorise nous: « Ra'inâ », tordant la langue et attaquant la religion. Si au contraire ils disaient: « Nous avons entendu et nous avons obéi »,: « Ecoute », et: « Regarde-nous », ce serait meilleur pour eux, et plus droit. Mais Allah les a maudits à cause de leur mécréance; leur foi est donc bien médiocre.

47
Ô vous à qui on a donné le Livre, croyez à ce que Nous avons fait descendre, en confirmation de ce que vous aviez déjà, avant que Nous effacions des visages et les retournions sens devant derrière, ou que Nous les maudissions comme Nous avons maudit les gens du Sabbat. Car le commandement d'Allah est toujours exécuté.

48
Certes Allah ne pardonne pas qu'on Lui donne quelqu'associé. A part cela, Il pardonne à qui Il veut. Mais quiconque donne à Allah quelqu'associé commet un énorme péché.

49
N'as-tu pas vu ceux-là qui se déclarent purs ? Mais c'est Allah qui purifie qui Il veut; et ils ne seront point lésés, fût-ce d'un brin de noyau de datte.

50
Regarde comme ils inventent le mensonge à l'encontre d'Allah. Et ç, c'est assez comme péché manifeste !

51
N'as-tu pas vu ceux-là, à qui une partie du Livre a été donnée, avoir foi à la magie (gibt) et au Tâghût, et dire en faveur de ceux qui ne croient pas: « Ceux-là sont mieux guidés (sur le chemin) que ceux qui ont cru » ?

52
Voilà ceux qu'Allah a maudits; et quiconque Allah maudit, jamais tu ne trouveras pour lui de secoureur.

53
Possèdent-ils une partie du pouvoir ? Ils ne donneraient donc rien aux gens, fût-ce le creux d'un noyau de datte.

54
Envient-ils aux gens ce qu'Allah leur a donné de par Sa grâce ? Or, Nous avons donné à la famille d'Ibrahim (Abraham) le Livre et la Sagesse; et Nous leur avons donné un immense royaume.

55
Certains d'entre eux ont cru en lui, d'autres d'entre eux s'en sont écartés. L'Enfer leur suffira comme flamme (pour y brûler).

56
Certes, ceux qui ne croient pas à Nos Versets, (le Coran) Nous les brûlerons bientôt dans le Feu. Chaque fois que leurs peaux auront été consumées, Nous leur donnerons d'autres peaux en échange afin qu'ils goûtent au châtiment. Allah est certes, Puissant et Sage !

57
Et quant à ceux qui ont cru et fait de bonnes œuvres, bientôt Nous les ferons entrer aux Jardins sous lesquels coulent des ruisseaux. Ils y demeureront éternellement. Il y aura là pour eux des épouses purifiées. Et Nous les ferons entrer sous un ombrage épais.

58
Certes, Allah vous commande de rendre les dépôts à leurs ayants-droit, et quand vous jugez entre des gens, de juger avec équité. Quelle bonne exhortation qu'Allah vous fait ! Allah est, en vérité, Celui qui entend et qui voit tout.

59
Ô les croyants ! Obéissez à Allah, et obéissez au Messager et à ceux d'entre vous qui détiennent le commandement. Puis, si vous vous disputez en quoi que ce soit, renvoyez-le à Allah et au Messager, si vous croyez en Allah et au Jour dernier. Ce sera bien mieux et de meilleure interprétation (et aboutissement).

60
N'as-tu pas vu ceux qui prétendent croire à ce qu'on a fait descendre vers toi [prophète] et à ce qu'on a fait descendre avant toi ? Ils veulent prendre pour juge le Tâghût, alors que c'est en lui qu'on leur a commandé de ne pas croire. Mais le Diable veut les égarer très loin, dans l'égarement.

61
Et lorsqu'on leur dit: « Venez vers ce qu'Allah a fait descendre et vers le Messager », tu vois les hypocrites s'écarter loin de toi.

62
Comment (agiront-ils) quand un malheur les atteindra, à cause de ce qu'ils ont préparé de leurs propres mains ? Puis ils viendront alors près de toi, jurant par Allah: « Nous n'avons voulu que le bien et la réconciliation. »

63
Voilà ceux dont Allah sait ce qu'ils ont dans leurs cœurs. Ne leur tiens donc pas rigueur, exhorte-les, et dis-leur sur eux-mêmes des paroles convaincantes.

64
Nous n'avons envoyé de Messager que pour qu'il soit obéi par la permission d'Allah. Si, lorsqu'ils ont fait du tort à leurs propres personnes ils venaient à toi en implorant le pardon d'Allah et si le Messager demandait le pardon pour eux, ils trouveraient, certes, Allah, Très Accueillant au repentir, Miséricordieux.

65
Non ! Par ton Seigneur ! Ils ne seront pas croyants aussi longtemps qu'ils ne t'auront demandé de juger de leurs disputes et qu'ils n'auront éprouvé nulle angoisse pour ce que tu auras décidé, et qu'ils se soumettent complètement [à ta sentence].

66
Si Nous leur avions prescrit ceci: « Tuez-vous vous-mêmes », ou: « Sortez de vos demeures », ils ne l'auraient pas fait, sauf un petit nombre d'entre eux. S'ils avaient fait ce à quoi on les exhortait, cela aurait été certainement meilleur pour eux, et (leur foi) aurait été plus affermie.

67
Alors Nous leur aurions donné certainement, de Notre part, une grande récompense,

68
et Nous les aurions guidé certes, vers un droit chemin.

69
Quiconque obéit à Allah et au Messager... ceux-là seront avec ceux qu'Allah a comblés de Ses bienfaits: les prophètes, les véridiques, les martyrs, et les vertueux. Et quels bons compagnons que ceux-là !

70
Cette grâce vient d'Allah. Et Allah suffit comme Parfait Connaisseur.

71
Ô les croyants ! Prenez vos précautions et partez en expédition par détachements ou en masse.

72
Parmi vous, il y aura certes, quelqu'un qui tardera [à aller au combat] et qui, si un malheur vous atteint, dira: « Certes, Allah m'a fait une faveur en ce que je ne me suis pas trouvé en leur compagnie »

73
et si c'est une grâce qui vous atteint de la part d'Allah, il se mettra, certes, à dire, comme s'il n'y avait aucune affection entre vous et lui: « Quel dommage ! Si j'avais été avec eux, j'aurais alors acquis un gain énorme ».

74
Qu'ils combattent donc dans le sentier d'Allah, ceux qui troquent la vie présente contre la vie future. Et quiconque combat dans le sentier d'Allah, tué ou vainqueur, Nous lui donnerons bientôt une énorme récompense.

75
Et qu'avez-vous à ne pas combattre dans le sentier d'Allah, et pour la cause des faibles: hommes, femmes et enfants qui disent: « Seigneur ! Fais-nous sortir de cette cité dont les gens sont injustes, et assigne-nous de Ta part un allié, et assigne-nous de Ta part un secoureur. »

76
Les croyants combattent dans le sentier d'Allah, et ceux qui ne croient pas combattent dans le sentier du Tâghût. Eh bien, combattez les alliés du Diable, car la ruse du Diable est, certes, faible.

77
N'as-tu pas vu ceux auxquels on avait dit: « Abstenez-vous de combattre, accomplissez la Salat et acquittez la Zakat ! » Puis lorsque le combat leur fut prescrit, voilà qu'une partie d'entre eux se mit à craindre les gens comme on craint Allah, ou même d'une crainte plus forte encore, et à dire: « Ô notre Seigneur ! Pourquoi nous as-Tu prescrit le combat ? Pourquoi n'as-Tu pas reporté cela à un peu plus tard ? » Dis: « La jouissance d'ici-bas est éphémère, mais la vie future est meilleure pour quiconque est pieux. Et on ne vous lésera pas, fût-ce d'un brin de noyau de datte.

78
Où que vous soyez, la mort vous atteindra, fussiez-vous dans des tours imprenables. Qu'un bien les atteigne, ils disent: « C'est de la part d'Allah. » Qu'un mal les atteigne, ils disent: « C'est dû à toi (Muhammad). » Dis: « Tout est d'Allah. » Mais qu'ont-ils ces gens, à ne comprendre presque aucune parole ?

79
Tout bien qui t'atteint vient d'Allah, et tout mal qui t'atteint vient de toi-même. Et nous t'avons envoyé aux gens comme Messager. Et Allah suffit comme témoin.

80
Quiconque obéit au Messager obéit certainement à Allah. Et quiconque tourne le dos... Nous ne t'avons pas envoyé à eux comme gardien.

81
Ils disent: « Obéissance ! » Puis, sitôt sortis de chez toi, une partie d'entre eux délibère au cours de la nuit de tout autre chose que ce qu'elle t'a dit. [Cependant] Allah enregistre ce qu'ils font la nuit. Pardonne-leur donc et place ta confiance en Allah. Et Allah suffit comme Protecteur.

82
Ne méditent-ils donc pas sur le Coran ? S'il provenait d'un autre qu'Allah, ils y trouveraient certes maintes contradictions !

83
Quand leur parvient une nouvelle rassurante ou alarmante, ils la diffusent. S'ils la rapportaient au Messager et aux détenteurs du commandement parmi eux, ceux d'entre eux qui cherchent à être éclairés, auraient appris (la vérité de la bouche du Prophète et des détenteurs du commandement). Et n'eussent été la grâce d'Allah sur vous et Sa miséricorde, vous auriez suivi le Diable, à part quelques-uns.

84
Combats donc dans le sentier d'Allah, tu n'es responsable que de toi même, et incite les croyants (au combat) Allah arrêtera certes la violence des mécréants. Allah est plus redoutable en force et plus sévère en punition.

85
Quiconque intercède d'une bonne intercession, en aura une part; et quiconque intercède d'une mauvaise intercession en portera une part de responsabilité. Et Allah est Puissant sur toute chose.

86
Si on vous fait une salutation, saluez d'une façon meilleure; ou bien rendez-la (simplement). Certes, Allah tient compte de tout.

87
Allah ! Pas de divinité à part Lui ! Très certainement Il vous rassemblera au Jour de la Résurrection, point de doute là-dessus. Et qui est plus véridique qu'Allah en parole ?

88
Qu'avez-vous à vous diviser en deux factions au sujet des hypocrites ? Alors qu'Allah les a refoulés (dans leur infidélité) pour ce qu'ils ont acquis. Voulez-vous guider ceux qu'Allah égare ? Et quiconque Allah égare, tu ne lui trouveras pas de chemin (pour le ramener).

89
Ils aimeraient vous voir mécréants comme ils ont mécru: alors vous seriez tous égaux ! Ne prenez donc pas d'alliés parmi eux, jusqu'à ce qu'ils émigrent dans le sentier d'Allah. Mais s'ils tournent le dos, saisissez-les alors, et tuez-les où que vous les trouviez; et ne prenez parmi eux ni allié ni secoureur,

90
excepté ceux qui se joignent à un groupe avec lequel vous avez conclu une alliance, ou ceux qui viennent chez vous, le cœur serré d'avoir à vous combattre ou à combattre leur propre tribu. Si Allah avait voulu, Il leur aurait donné l'audace (et la force) contre vous, et ils vous auraient certainement combattu. (Par conséquent,) s'ils restent neutres à votre égard et ne vous combattent point, et qu'ils vous offrent la paix, alors, Allah ne vous donne pas de chemin contre eux.

91
Vous en trouverez d'autres qui cherchent à avoir votre confiance, et en même temps la confiance de leur propre tribu. Toutes les fois qu'on les pousse vers l'Association, (l'idolâtrie) ils y retombent en masse. (Par conséquent,) s'ils ne restent pas neutres à votre égard, ne vous offrent pas la paix et ne retiennent pas leurs mains (de vous combattre), alors, saisissez-les et tuez-les où que vous les trouviez. Contre ceux-ci, Nous vous avons donné une autorité manifeste.

92
Il n'appartient pas à un croyant de tuer un autre croyant, si ce n'est par erreur. Quiconque tue par erreur un croyant, qu'il affranchisse alors un esclave croyant et remette à sa famille le prix du sang, à moins que celle-ci n'y renonce par charité. Mais si [le tué] appartenait à un peuple ennemi à vous et qu'il soit croyant, qu'on affranchisse alors un esclave croyant. S'il appartenait à un peuple auquel vous êtes liés par un pacte, qu'on verse alors à sa famille le prix du sang et qu'on affranchisse un esclave croyant. Celui qui n'en trouve pas les moyens, qu'il jeûne deux mois d'affilée pour être pardonné par Allah. Allah est Omniscient et Sage.

93
Quiconque tue intentionnellement un croyant, sa rétribution alors sera l'Enfer, pour y demeurer éternellement. Allah l'a frappé de Sa colère, l'a maudit et lui a préparé un énorme châtiment.

94
Ô les croyants ! Lorsque vous sortez pour lutter dans le sentier d'Allah, voyez bien clair (ne vous hâtez pas) et ne dites pas à quiconque vous adresse le salut (de l'Islam): « Tu n'es pas croyant », convoitant les biens de la vie d'ici-bas. Or c'est auprès d'Allah qu'il y a beaucoup de butin. C'est ainsi que vous étiez auparavant; puis Allah vous a accordé Sa grâce. Voyez donc bien clair. Allah est, certes, Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites.

95
Ne sont pas égaux ceux des croyants qui restent chez eux -sauf ceux qui ont quelque infirmité- et ceux qui luttent corps et biens dans le sentier d'Allah. Allah donne à ceux qui luttent corps et biens un grade d'excellence sur ceux qui restent chez eux. Et à chacun Allah a promis la meilleure récompense; et Allah a mis les combattants au-dessus des non combattants en leur accordant une rétribution immense;

96
des grades de supériorité de Sa part ainsi qu'un pardon et une miséricorde. Allah est Pardonneur et Miséricordieux.

97
Ceux qui ont fait du tort à eux-mêmes, les Anges enlèveront leurs âmes en disant: « Où en étiez-vous ? » (à propos de votre religion) « Nous étions impuissants sur terre », dirent-ils. Alors les Anges diront: « La terre d'Allah n'était-elle pas assez vaste pour vous permettre d'émigrer ? » Voilà bien ceux dont le refuge est l'Enfer. Et quelle mauvaise destination !

98
À l'exception des impuissants: hommes, femmes et enfants, incapables de se débrouiller, et qui ne trouvent aucune voie:

99
À ceux-là, il se peut qu'Allah donne le pardon. Allah est Clément et Pardonneur.

100
Et quiconque émigre dans le sentier d'Allah trouvera sur terre maints refuges et abondance. Et quiconque sort de sa maison, émigrant vers Allah et Son messager, et que la mort atteint, sa récompense incombe à Allah. Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux.

101
Et quand vous parcourez la terre, ce n'est pas un péché pour vous de raccourcir la Salat, si vous craignez que les mécréants ne vous mettent à l'épreuve, car les mécréants demeurent pour vous un ennemi déclaré.

102
Et lorsque tu (Muhammad) te trouves parmi eux, et que tu les diriges dans la Salat, qu'un groupe d'entre eux se mette debout en ta compagnie, en gardant leurs armes. Puis lorsqu'ils ont terminé la prosternation, qu'ils passent derrière vous et que vienne l'autre groupe, ceux qui n'ont pas encore célébré la Salat. A ceux-ci alors d'accomplir la Salat avec toi, prenant leurs précautions et leurs armes. Les mécréants aimeraient vous voir négliger vos armes et vos bagages, afin de tomber sur vous en une seule masse. Vous ne commettez aucun péché si, incommodés par la pluie ou malades, vous déposez vos armes; cependant prenez garde. Certes, Allah a préparé pour les mécréants un châtiment avilissant.

103
Quand vous avez accompli la Salat, invoquez le nom d'Allah, debout, assis ou couchés sur vos côtés. Puis lorsque vous êtes en sécurité, accomplissez la Salat (normalement), car la Salat demeure, pour les croyants, une prescription, à des temps déterminés.

104
Ne faiblissez pas dans la poursuite du peuple [ennemi]. Si vous souffrez, lui aussi souffre comme vous souffrez, tandis que vous espérez d'Allah ce qu'il n'espère pas. Allah est Omniscient et Sage.

105
Nous avons fait descendre vers toi le Livre avec la vérité, pour que tu juges entre les gens, selon ce qu'Allah t'a appris. Et ne te fais pas l'avocat des traîtres.

106
Et implore d'Allah le pardon car Allah est certes Pardonneur et Miséricordieux.

107
Et ne dispute pas en faveur de ceux qui se trahissent eux-mêmes. Allah, vraiment, n'aime pas le traître et le pécheur.

108
Ils cherchent à se cacher des gens, mais ils ne cherchent pas à se cacher d'Allah. Or, Il est avec eux quand ils tiennent la nuit des paroles qu'Il (Allah) n'agrée pas. Et Allah ne cesse de cerner (par Sa science) ce qu'ils font.

109
Voilà les gens en faveur desquels vous disputez dans la vie présente. Mais qui va disputer pour eux devant Allah au Jour de la Résurrection ? Ou bien qui sera leur protecteur ?

110
Quiconque agit mal ou fait du tort à lui-même, puis aussitôt implore d'Allah le pardon, trouvera Allah Pardonneur et Miséricordieux.

111
Quiconque acquiert un péché, ne l'acquiert que contre lui-même. Et Allah est Omniscient et Sage.

112
Et quiconque acquiert une faute ou un péché puis en accuse un innocent, se rend coupable alors d'une injustice et d'un péché manifeste.

113
Et n'eût été la grâce d'Allah sur toi (Muhammad) et Sa miséricorde, une partie d'entre eux t'aurait bien volontiers égaré. Mais ils n'égarent qu'eux-mêmes, et ne peuvent en rien te nuire. Allah a fait descendre sur toi le Livre et la Sagesse, et t'a enseigné ce que tu ne savais pas. Et la grâce d'Allah sur toi est immense.

114
Il n'y a rien de bon dans la plus grande partie de leurs conversations secrètes, sauf si l'un d'eux ordonne une charité, une bonne action, ou une conciliation entre les gens. Et quiconque le fait, cherchant l'agrément d'Allah, à celui-là Nous donnerons bientôt une récompense énorme.

115
Et quiconque fait scission d'avec le Messager, après que le droit chemin lui est apparu et suit un sentier autre que celui des croyants, alors Nous le laisserons comme il s'est détourné, et le brûlerons dans l'Enfer. Et quelle mauvaise destination !

116
Certes, Allah ne pardonne pas qu'on Lui donne des associés. A part cela, Il pardonne à qui Il veut. Quiconque donne des associés à Allah s'égare, très loin dans l'égarement.

117
Ce ne sont que des femelles qu'ils invoquent, en dehors de Lui. Et ce n'est qu'un diable rebelle qu'ils invoquent.

118
Allah l'a (le Diable) maudit et celui-ci a dit: « Certainement, je saisirai parmi Tes serviteurs, une partie déterminée. »

119
Certes, je ne manquerai pas de les égarer, je leur donnerai de faux espoirs, je leur commanderai, et ils fendront les oreilles aux bestiaux; je leur commanderai, et ils altèreront la création d'Allah. Et quiconque prend le Diable pour allié au lieu d'Allah, sera, certes, voué à une perte évidente.

120
Il leur fait des promesses et leur donne de faux espoirs. Et le Diable ne leur fait que des promesses trompeuses.

121
Voilà ceux dont le refuge est l'Enfer. Et ils ne trouveront aucun moyen d'y échapper !

122
Et quant à ceux qui ont cru et fait de bonnes œuvres, Nous les ferons entrer bientôt aux Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, pour y demeurer éternellement. Promesse d'Allah en vérité. Et qui est plus véridique qu'Allah en parole ?

123
Ceci ne dépend ni de vos désirs ni des désirs des gens du Livre. Quiconque fait un mal sera rétribué pour cela, et ne trouvera en sa faveur, hors d'Allah, ni allié ni secoureur.

124
Et quiconque, homme ou femme, fait de bonnes œuvres, tout en étant croyant... les voilà ceux qui entreront au Paradis; et on ne leur fera aucune injustice, fût-ce d'un creux de noyau de datte.

125
Qui est meilleur en religion que celui qui soumet à Allah son être, tout en se conformant à la Loi révélée et suivant la religion d'Ibrahim (Abraham), homme de droiture ? Et Allah avait pris Ibrahim (Abraham) pour ami privilégié.

126
C'est à Allah qu'appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Et Allah embrasse toute chose (de Sa science et de Sa puissance).

127
Et ils te consultent à propos de ce qui a été décrété au sujet des femmes. Dis: « Allah vous donne Son décret là-dessus, en plus de ce qui vous est récité dans le Livre, au sujet des orphelines auxquelles vous ne donnez pas ce qui leur a été prescrit, et que vous désirez épouser, et au sujet des mineurs encore d'âge faible. » Vous devez agir avec équité envers les orphelins. Et de tout ce que vous faites de bien, Allah en est, certes, Omniscient.

128
Et si une femme craint de son mari abandon ou indifférence, alors ce n'est pas un péché pour les deux s'ils se réconcilient par un compromis quelconque, et la réconciliation est meilleure, puisque les âmes sont portées à la ladrerie. Mais si vous agissez en bien et vous êtes pieux... Allah est, certes, Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites.

129
Vous ne pourrez jamais être équitables entre vos femmes, même si vous en êtes soucieux. Ne vous penchez pas tout à fait vers l'une d'elles, au point de laisser l'autre comme en suspens. Mais si vous vous réconciliez et vous êtes pieux... donc Allah est, certes, Pardonneur et Miséricordieux.

130
Si les deux se séparent, Allah de par Sa largesse, accordera à chacun d'eux un autre destin. Et Allah est plein de largesses et parfaitement Sage.

131
À Allah seul appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre.: « Craignez Allah ! » Voilà ce que Nous avons enjoint à ceux auxquels avant vous le Livre fut donné, tout comme à vous-mêmes. Et si vous ne croyez pas (cela ne nuit pas à Allah, car) très certainement à Allah seul appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Et Allah se suffit à Lui-même et Il est digne de louange.

132
À Allah seul appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Et Allah suffit pour s'occuper de tout.

133
S'Il voulait, il vous ferait disparaître, Ô gens, et en ferait venir d'autres. Car Allah en est très capable.

134
Quiconque désire la récompense d'ici-bas, c'est auprès d'Allah qu'est la récompense d'ici-bas tout comme celle de l'au-delà. Et Allah entend et observe tout.

135
Ô les croyants ! Observez strictement la justice et soyez des témoins (véridiques) comme Allah l'ordonne, fût-ce contre vous-mêmes, contre vos père et mère ou proches parents. Qu'il s'agisse d'un riche ou d'un besogneux, Allah a priorité sur eux deux (et Il est plus connaisseur de leur intérêt que vous). Ne suivez donc pas les passions, afin de ne pas dévier de la justice. Si vous portez un faux témoignage ou si vous le refusez, [sachez qu'] Allah est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites.

136
Ô les croyants ! Soyez fermes en votre foi en Allah, en Son messager, au Livre qu'Il a fait descendre sur Son messager, et au Livre qu'Il a fait descendre avant. Quiconque ne croit pas en Allah, en Ses anges, en Ses Livres, en Ses messagers et au Jour dernier, s'égare, loin dans l'égarement.

137
Ceux qui ont cru, puis sont devenus mécréants, puis ont cru de nouveau, ensuite sont redevenus mécréants, et n'ont fait que croître en mécréance, Allah ne leur pardonnera pas, ni les guidera vers un chemin (droit).

138
Annonce aux hypocrites qu'il y a pour eux un châtiment douloureux,

139
ceux qui prennent pour alliés des mécréants au lieu des croyants, est-ce la puissance qu'ils recherchent auprès d'eux ? (En vérité) la puissance appartient entièrement à Allah.

140
Dans le Livre, Il vous a déjà révélé ceci: lorsque vous entendez qu'on renie les versets (le Coran) d'Allah et qu'on s'en raille, ne vous asseyez point avec ceux-là jusqu'à ce qu'ils entreprennent une autre conversation. Sinon, vous serez comme eux. Allah rassemblera, certes, les hypocrites et les mécréants, tous, dans l'Enfer.

141
Ils restent dans l'expectative à votre égard; si une victoire vous vient de la part d'Allah, ils disent: « N'étions-nous pas avec vous ? » et s'il en revient un avantage aux mécréants, ils leur disent: « Est-ce que nous n'avons pas mis la main sur vous pour vous soustraire aux croyants ? » Eh bien, Allah jugera entre vous au Jour de la Résurrection. Et jamais Allah ne donnera une voie aux mécréants contre les croyants.

142
Les hypocrites cherchent à tromper Allah, mais Allah retourne leur tromperie (contre eux-mêmes). Et lorsqu'ils se lèvent pour la Salat, ils se lèvent avec paresse et par ostentation envers les gens. A peine invoquent-ils Allah.

143
Ils sont indécis (entre les croyants et les mécréants,) n'appartenant ni aux uns ni aux autres. Or, quiconque Allah égare, jamais tu ne trouveras de chemin pour lui.

144
Ô les croyants ! Ne prenez pas pour alliés les mécréants au lieu des croyants. Voudriez-vous donner à Allah une preuve évidente contre vous ?

145
Les hypocrites seront, certes, au plus bas fond du Feu, et tu ne leur trouveras jamais de secoureur,

146
sauf ceux qui se repentent, s'amendent, s'attachent fermement à Allah, et Lui vouent une foi exclusive. Ceux-là seront avec les croyants. Et Allah donnera aux croyants une énorme récompense.

147
Pourquoi Allah vous infligerait-Il un châtiment si vous êtes reconnaissants et croyants ? Allah est Reconnaissant et Omniscient.

148
Allah n'aime pas qu'on profère de mauvaises paroles sauf quand on a été injustement provoqué. Et Allah est Audient et Omniscient.

149
Que vous fassiez du bien, ouvertement ou en cachette, ou bien que vous pardonniez un mal... Alors Allah est Pardonneur et Omnipotent.

150
Ceux qui ne croient pas en Allah et en Ses messagers, et qui veulent faire distinction entre Allah et Ses messagers et qui disent: « Nous croyons en certains d'entre eux mais ne croyons pas en d'autres », et qui veulent prendre un chemin intermédiaire (entre la foi et la mécréance),

151
les voilà les vrais mécréants ! Et Nous avons préparé pour les mécréants un châtiment avilissant.

152
Et ceux qui croient en Allah et en Ses messagers et qui ne font point de différence entre ces derniers, voilà ceux à qui Il donnera leurs récompenses. Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux.

153
Les gens du Livre te demandent de leur faire descendre du ciel un Livre. Ils ont déjà demandé à Musa (Moïse) quelque chose de bien plus grave quand ils dirent: « Fais-nous voir Allah à découvert ! » Alors la foudre les frappa pour leur tort. Puis ils adoptèrent le Veau (comme idole) même après que les preuves leur furent venues. Nous leur pardonnâmes cela et donnâmes à Musa (Moïse) une autorité déclarée.

154
Et pour (obtenir) leur engagement, Nous avons brandi au-dessus d'eux le Mont Tor, Nous leur avons dit: « Entrez par la porte en vous prosternant » Nous leur avons dit: « Ne transgressez pas le Sabbat » et Nous avons pris d'eux un engagement ferme.

155
(Nous les avons maudits) à cause de leur rupture de l'engagement, leur mécréance aux révélations d'Allah, leur meurtre injustifié des prophètes, et leur parole: « Nos cœurs sont (enveloppés) et imperméables. » En réalité, c'est Allah qui a scellé leurs cœurs à cause de leur mécréance, car ils ne croyaient que très peu.

156
Et à cause de leur mécréance et de l'énorme calomnie qu'ils prononcent contre Maryam (Marie),

157
et à cause de leur parole: « Nous avons vraiment tué le Christ, 'Isa (Jésus), fils de Maryam (Marie), le Messager d'Allah. »... Or, ils ne l'ont ni tué ni crucifié; mais ce n'était qu'un faux semblant ! Et ceux qui ont discuté sur son sujet sont vraiment dans l'incertitude: ils n'en ont aucune connaissance certaine, ils ne font que suivre des conjectures et ils ne l'ont certainement pas tué,

158
mais Allah l'a élevé vers Lui. Et Allah est Puissant et Sage.

159
Il n'y aura personne, parmi les gens du Livre, qui n'aura pas foi en lui avant sa mort. Et au Jour de la Résurrection, il sera témoin contre eux.

160
C'est à cause des iniquités des Juifs que Nous leur avons rendu illicites les bonnes nourritures qui leur étaient licites, et aussi à cause de ce qu'ils obstruent le sentier d'Allah, (à eux-mêmes et) à beaucoup de monde,

161
et à cause de ce qu'ils prennent des intérêts usuraires -qui leur étaient pourtant interdits- et parce qu'ils mangent illégalement les biens des gens. A ceux d'entre eux qui sont mécréants Nous avons préparé un châtiment douloureux.

162
Mais ceux d'entre eux qui sont enracinés dans la connaissance, ainsi que les croyants, (tous) ont foi à ce qu'on a fait descendre sur toi et à ce qu'on a fait descendre avant toi. Et quant à ceux qui accomplissent la Salat, paient la Zakat et croient en Allah et au Jour dernier, ceux-là Nous leur donnerons une énorme récompense.

163
Nous t'avons fait une révélation comme Nous fîmes à Nuh (Noé) et aux prophètes après lui. Et Nous avons fait révélation à Ibrahim (Abraham), à Isma'il (Ismaël), à Ishaq (Isaac), à Ya'qub (Jacob), aux Tribus, à 'Isa (Jésus), à Ayyub (Job), à Yunus (Jonas), à Harun (Aaron) et à Sulayman (Salomon), et Nous avons donné le Zabour à Dawud (David).

164
Et il y a des messagers dont Nous t'avons raconté l'histoire précédemment, et des messagers dont Nous ne t'avons point raconté l'histoire -et Allah a parlé à Musa (Moïse) de vive voix-

165
en tant que messagers, annonciateurs et avertisseurs, afin qu'après la venue des messagers il n'y eût pour les gens point d'argument devant Allah. Allah est Puissant et Sage.

166
Mais Allah témoigne de ce qu'Il a fait descendre vers toi, Il l'a fait descendre en toute connaissance. Et les Anges en témoignent. Et Allah suffit comme témoin.

167
Ceux qui ne croient pas et qui obstruent le sentier d'Allah, s'égarent certes loin dans l'égarement.

168
Ceux qui ne croient pas et qui pratiquent l'injustice, Allah n'est nullement disposé à leur pardonner, ni à les guider dans un chemin

169
(autre) que le chemin de l'Enfer où ils demeureront éternellement. Et cela est facile à Allah.

170
Ô gens ! Le Messager vous a apporté la vérité de la part de votre Seigneur. Ayez la foi, donc, cela vous sera meilleur. Et si vous ne croyez pas (qu'importe !), c'est à Allah qu'appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Et Allah est Omniscient et Sage.

171
Ô gens du Livre (Chrétiens), n'exagérez pas dans votre religion, et ne dites d'Allah que la vérité. Le Messie 'Isa (Jésus), fils de Maryam (Marie), n'est qu'un Messager d'Allah, Sa parole qu'Il envoya à Maryam (Marie), et un souffle (de vie) venant de Lui. Croyez donc en Allah et en Ses messagers. Et ne dites pas: « Trois. » Cessez ! Ce sera meilleur pour vous. Allah n'est qu'un Dieu unique. Il est trop glorieux pour avoir un enfant. C'est à Lui qu'appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre et Allah suffit comme protecteur.

172
Jamais le Messie ne trouve indigne d'être un serviteur d'Allah, ni les Anges rapprochés [de Lui]. Et ceux qui trouvent indigne de L'adorer et s'enflent d'orgueil... Il les rassemblera tous vers Lui.

173
Quant à ceux qui ont cru et fait de bonnes œuvres, Il leur accordera leurs pleines récompenses et y ajoutera le surcroît de Sa grâce. Et quant à ceux qui ont eu la morgue et se sont enflés d'orgueil, Il les châtiera d'un châtiment douloureux. Et ils ne trouveront, pour eux, en dehors d'Allah, ni allié ni secoureur,

174
Ô gens ! Certes, une preuve évidente vous est venue de la part de votre Seigneur. Et Nous avons fait descendre vers vous une lumière éclatante.

175
Alors ceux qui croient en Allah et qui s'attachent à Lui, Il les fera entrer dans une miséricorde venue de Lui, et dans une grâce aussi. Et Il les guidera vers Lui dans un chemin droit.

176
Ils te demandent ce qui a été décrété. Dis: « Au sujet du défunt qui n'a pas de père ni de mère ni d'enfant, Allah vous donne Son décret: si quelqu'un meurt sans enfant, mais a une sœur, à celle-ci revient la moitié de ce qu'il laisse. Et lui, il héritera d'elle en totalité si elle n'a pas d'enfant. Mais s'il a deux sœurs (ou plus), à elles alors les deux tiers de ce qu'il laisse; et s'il a des frères et des sœurs, à un frère alors revient une portion égale à celle de deux sœurs. Allah vous donne des explications pour que vous ne vous égariez pas. Et Allah est Omniscient. »

Au nom de d'Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux

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Le tafsir

Parmi les grandes sourates médinoises, la surah An Nisa compte 176 versets et fut révélée après la sourate de l'Épreuve. Ibn Mass'oud déclara qu'elle renferme cinq versets qu'il n'échangerait pour rien au monde : la justice d'Allah envers ses serviteurs (V.40), l'évitement des péchés graves (V.31), le refus du pardon du polythéisme (V.48), le retour vers le Prophète ﷺ pour obtenir le pardon (V.64), et la miséricorde pour le repentant (V.110).

V.1

L'humanité entière descend d'un seul être, d'après l'ouverture de la surah An Nisa : Allah a créé les hommes d'une seule âme, en a tiré son épouse, et de ce couple a répandu l'humanité dans toute sa diversité de races, de langues et de couleurs. Ibn Kathir souligne qu'Allah est le seul digne d'adoration, sans aucun rival. Ève fut créée d'une côte gauche d'Adam pendant son sommeil.

Abu Hurayra rapporte que le Prophète ﷺ recommanda, en écho à la surah An Nisa, la bienveillance envers les femmes : elles ont été créées d'une côte et tenter de la redresser la briserait (rapporté par Boukhari et Mouslim).

Le sens de cette origine commune dans la surah An Nisa est la compassion mutuelle et l'obligation de secourir les faibles. Jarir Ben Abdullah Al-Bajli raconte qu'un groupe de pauvres de la tribu Moudar vint trouver le Prophète ﷺ en haillons ; après la prière du midi, le Prophète ﷺ monta en chaire, récita ce verset et exhorta les fidèles à l'aumône.

V.2-4

La surah An Nisa établit des droits stricts pour les orphelins : leurs biens doivent leur être restitués intégralement, sans substituer le mauvais au bon. Soufian Al-Thawri, Saïd Ben Joubaïr et Al-Souddy commentèrent chacun cette interdiction de mélanger les biens des orphelins avec les siens pour les consommer.

La permission d'épouser jusqu'à quatre femmes dans la surah An Nisa est subordonnée à l'équité absolue. Aicha rapporte, d'après Al-Boukhari, que ce verset fut révélé au sujet d'un tuteur qui désirait épouser son orpheline sans lui donner une dot convenable ; les tuteurs furent alors dirigés vers d'autres femmes. Salem rapporte d'après son père que Ghilan Ben Salama Al-Thaqafi, converti avec dix femmes, reçut du Prophète ﷺ l'ordre d'en garder quatre.

La dot est protégée par la surah An Nisa comme un droit inaliénable de la femme : avant cette révélation, le père s'en emparait sans en remettre aucune part à sa fille, comme le rapporte Hachim.

V.5-6

La surah An Nisa pose le principe de protection des biens des incapables et fonde l'interdiction judiciaire dans ses quatre formes : minorité, folie, incapacité mentale et faillite. Ibn Abbas commente qu'il faut subvenir aux besoins de sa famille en la nourrissant et l'habillant, sans lui remettre directement les biens.

La condition du retour des biens à l'orphelin dans la surah An Nisa est la puberté, définie comme la première pollution nocturne ou l'âge de quinze ans révolu. Ibn Umar rapporte que le Prophète ﷺ lui refusa la participation au combat à quatorze ans et l'y autorisa à quinze.

Sur le tuteur pauvre devenu riche, la surah An Nisa a suscité deux positions : Chafé'i estime qu'il ne rend pas ce qu'il a modérément prélevé, tandis qu'Ibn Abi Ad-Dunia rapporte qu'Omar Ben Al-Khattab considérait ce prélèvement comme un prêt à rembourser.

V.7-10

La surah An Nisa proclame l'universalité du droit à la succession : hommes et femmes, adultes et mineurs, tous ont une part déterminée. Sa'id Ben Joubaïr et Qatada expliquent qu'au temps de la Jahilia seuls les mâles adultes héritaient ; Allah corrigea cela par ce verset.

Jaber rapporte que ce verset de la surah An Nisa fut révélé après que la femme de Sa'd Ben Al-Rabi' signala que leurs deux filles avaient été dépouillées par leur oncle paternel. Ibn Abbas donna deux avis sur l'abrogation du V.8, l'un le tenant pour fondamental d'après Al-Boukhari, l'autre signalant son abrogation par les versets successoraux.

L'enseignement du V.9 dans la surah An Nisa est que celui qui entend un mourant vouloir léser ses héritiers doit l'en dissuader. Le Prophète ﷺ dit à Sa'd Ben Abi Waqas que le tiers des biens est déjà beaucoup et qu'il vaut mieux laisser ses héritiers riches que de les réduire à mendier (rapporté par Boukhari et Mouslim).

Abu Hurayra rapporte, en lien avec la surah An Nisa, que le Prophète ﷺ a dit que dévorer injustement les biens de l'orphelin figure parmi les sept grands périls, aux côtés du polythéisme, de la magie, du meurtre injuste, de l'usure, de la fuite au combat et de la calomnie contre des femmes croyantes (rapporté par Boukhari et Mouslim).

V.11

Ce verset constitue avec d'autres passages de la surah An Nisa le fondement du droit successoral islamique. Abu Hurayra rapporte que le Prophète ﷺ a dit que la science de la succession représente la moitié du savoir et risque d'être la première discipline ôtée à la communauté (rapporté par Ibn Maja).

Les parts fixées par la surah An Nisa sont : au garçon le double de la part des filles, aux deux filles et plus les deux tiers, à la fille unique la moitié, aux père et mère le sixième chacun en présence d'un fils, un tiers à la mère si le défunt est sans descendant. Ibn Abbas précise que ce système abroge la coutume antéislamique qui réservait l'héritage aux seuls enfants.

La part double du garçon, justifiée dans la surah An Nisa, tient aux charges qui lui incombent : entretien de la famille, dot et commerce. Certains ulémas ont déduit de ce verset qu'Allah est plus clément envers Ses créatures qu'une mère envers son enfant.

V.12-13

Les parts successorales des époux sont détaillées dans la surah An Nisa : la moitié au mari si la défunte est sans enfants, le quart en présence d'enfants ; le quart à la femme sans enfants, le huitième avec enfants. Si plusieurs femmes coexistent, elles se partagent la même fraction.

Sur les cognats dans la surah An Nisa, Abou Bakr As-Siddiq définit le cognat comme celui qui n'appartient ni à l'ascendance ni à la descendance du défunt, préférant s'en remettre à la Sunna. Ali Ben Abi Taleb rappelle que les dettes passent avant les legs et avant tout partage (rapporté par Ahmed et Tirmidhi).

Les versets V.13-14 de la surah An Nisa tranchent : l'obéissant à Allah et à Son Prophète ﷺ entre au Paradis, le désobéissant est voué à l'enfer. Abu Hurayra rapporte que le Prophète ﷺ a dit que l'homme qui passe soixante-dix années à faire le bien mais lèse dans son testament terminera sa vie par un péché et entrera au feu, et inversement.

V.15-16

Au début de l'islam, la surah An Nisa prescrivait l'enfermement de la femme adultère jusqu'à la mort ou jusqu'à ce qu'Allah lui ouvre une issue. Cette issue fut, selon Ibn Abbas, la flagellation ou la lapidation établies dans la sourate An-Nour (S.24). Oubada Ben As-Samet rapporte que le Prophète ﷺ a dit : les non-mariés subissent cent coups et un an d'exil, les mariés cent coups et la lapidation (rapporté par Mouslim et les auteurs des Sunan).

L'imam Ahmed précise en commentaire de la surah An Nisa que la majorité des ulémas retiennent la seule lapidation pour les mariés, car le Prophète ﷺ ne flagella pas Ma'ez et Al-Ghamidiah. Sur le V.16, Moujahed et Ibn Abbas rapportent que ce verset vise aussi les hommes pratiquant l'homosexualité. Le repentir sincère et l'amendement effacent la faute.

V.17-18

La surah An Nisa précise que le repentir accepté est celui de celui qui pèche par ignorance et revient rapidement à Allah. Abu Hurayra rapporte que le Prophète ﷺ a dit qu'Allah accepte le repentir du pécheur tant qu'il n'a pas rendu l'âme.

Deux cas de refus du repentir sont distincts dans la surah An Nisa : le repentir prononcé à l'agonie quand la mort est visible, et le décès dans l'incrédulité. Dans les deux cas, le châtiment douloureux est inévitable et aucun pardon n'est accordé.

V.19-22

La surah An Nisa met fin à la pratique préislamique qui consistait à s'approprier la veuve comme un bien successoral. Ibn Abbas explique, d'après Al-Boukhari, qu'un homme posait son vêtement sur la veuve pour signifier son droit. Zaid Ben Aslam précise qu'à Yathrib, certains la retenaient jusqu'à ce qu'elle renonce à sa dot ou épouse l'homme désigné.

La dot est protégée de façon expresse par la surah An Nisa. Omar Ben Al-Khattab tenta de la plafonner à quatre cent dirhams mais une femme Qoraïchite le reprit en citant ce verset ; il reconnut publiquement son erreur. Toute reprise de la dot est une infamie, sauf en cas de fornication avérée.

L'interdiction dans la surah An Nisa d'épouser les femmes qu'a épousées le père est catégorique. 'Ady Ben Thabet rapporte qu'Abou Qaïs mourut laissant une veuve que son fils voulut épouser ; ce verset y mit fin. Al-Souhaïli note que la coutume existait à l'époque de la Jahilia, d'où la précision qu'elle ne s'applique pas au passé.

V.23-24

La surah An Nisa dresse la liste complète des femmes interdites au mariage : mères, filles, sœurs, tantes paternelles et maternelles, nièces, mères et sœurs de lait, belles-mères, belles-filles après consommation du mariage, femmes des fils biologiques, et les deux sœurs réunies. Malek, Abou Hanifa et Ahmed Ben Hanbal ajoutent la fille adultérine.

L'allaitement dans la surah An Nisa crée les mêmes empêchements que la filiation, d'après Aicha qui rapporte ce hadith du Prophète ﷺ (rapporté par Boukhari et Mouslim). Le nombre minimal de tétées divise les ulémas : une pour Malek, trois pour Ahmed, cinq pour Chafé'i (rapporté par Mouslim). Oum Habiba rapporte que le Prophète ﷺ lui précisa que la fille d'Oum Salama lui était interdite car belle-fille sous sa tutelle et fille de son frère de lait (rapporté par Boukhari et Mouslim).

Le mariage de jouissance est évoqué dans la surah An Nisa pour rappeler qu'il fut définitivement abrogé. Ali Ben Abi Taleb rapporte que le Prophète ﷺ l'interdit le jour de Khaibar (rapporté par Boukhari et Mouslim).

V.25

La surah An Nisa permet à celui qui ne peut pas épouser une femme libre d'épouser une esclave croyante avec l'autorisation de son maître et une dot convenable. Cette autorisation est absolument requise d'après le hadith : tout esclave qui se marie sans la permission de son maître est un fornicateur.

Si l'esclave commet l'adultère après le mariage, la surah An Nisa fixe sa peine à la moitié de celle d'une femme libre. Abou Houraira rapporte que le Prophète ﷺ a ordonné de la flageller sans reproches excessifs et de la vendre en cas de récidive (rapporté par Boukhari et Mouslim). Le célibat reste préférable pour qui peut le supporter.

V.26-28

Ces versets de la surah An Nisa rappellent qu'Allah veut guider les croyants, alléger leurs charges et leur transmettre les traditions des générations pieuses, car l'homme a été créé faible. Ceux qui suivent leurs passions veulent entraîner les croyants dans l'excès.

La faiblesse humaine est illustrée dans le commentaire de la surah An Nisa par l'épisode de l'Ascension : Moïse demanda au Prophète ﷺ de faire réduire les prières de cinquante à cinq, car la communauté en serait incapable. Allah connaît mieux que quiconque cette faiblesse, en particulier face aux femmes, comme l'indiquent Taous et Wakj'.

V.29-31

L'interdiction de se nourrir des biens d'autrui par des voies illicites est au cœur de la surah An Nisa. Ibn Abbas donne l'exemple d'un achat avec option de retour contre un supplément, pratique déguisant l'usure. 'Alqama affirme que ce verset est fondamental et ne sera jamais abrogé.

Le suicide est également visé par la surah An Nisa. Abu Hurayra rapporte que le Prophète ﷺ a dit que celui qui se tue avec du fer viendra au Jour dernier ce fer à la main pour s'en frapper l'abdomen en enfer pour l'éternité (rapporté par Ibn Mardaweih). Joundob Ben Abdullah Al-Bajli rapporte qu'un homme blessé se coupa les artères ; Allah dit : Mon serviteur a voulu hâter sa destinée, je lui interdirai le Paradis (rapporté par Boukhari et Mouslim).

Sur les péchés graves du V.31, la surah An Nisa est éclairée par un hadith d'Abu Hurayra et Abu Sa'id : les cinq prières, le jeûne du Ramadan, la zakat et l'évitement des sept grands péchés ouvrent les portes du Paradis (rapporté par Nassat, Al-Hakem et Ibn Hibban). Ibn Abbas définit le grand péché comme tout acte dont Allah châtie l'auteur par l'enfer, un courroux ou une malédiction.

V.32

Ce verset de la surah An Nisa interdit de convoiter les faveurs accordées aux autres. Moujahed rapporte qu'Oum Salama interrogea le Prophète ﷺ sur l'inégalité successorale entre hommes et femmes ; ce verset lui répondit. Chacun sera rétribué selon ses propres œuvres.

Abdullah Ben Mass'oud rapporte, dans le contexte de la surah An Nisa, que le Prophète ﷺ a dit qu'Allah aime être supplié et que la meilleure adoration consiste à attendre la délivrance de Lui (rapporté par Tirmidzi). Ibn Abbas commente : demandez à Allah Ses faveurs, car Il aime être supplié.

V.33

Des héritiers sont désignés pour chaque défunt dans la surah An Nisa, parmi les père et mère et les proches. Au début de l'islam un pacte d'héritage liait Muhajiroun et Ansariens, puis fut aboli. Ibn Abbas rapporte que le Prophète ﷺ a dit : plus de pacte dans l'islam ; tout pacte du temps de l'ignorance, l'islam le consolide (rapporté par Ibn Jarir). Le Prophète ﷺ ordonna aussi de donner aux réservataires leurs parts, le reste allant au mâle le plus proche (rapporté par Boukhari et Mouslim).

V.34

La surah An Nisa fonde l'autorité de l'homme sur la femme sur deux bases : la préférence accordée par Allah et les charges financières qu'il supporte. La prophétie et le pouvoir politique ont toujours été confiés aux hommes. Le Prophète ﷺ a dit : un peuple ne saurait prospérer s'il est gouverné par une femme.

La femme vertueuse selon la surah An Nisa est pieuse, soumise en l'absence de son mari et gardienne de ce qu'Allah lui prescrit de préserver. Abu Hurayra rapporte que le Prophète ﷺ a dit : la meilleure des femmes est celle qui plaît quand on la regarde, obéit quand on lui ordonne, et garde biens et chasteté en l'absence de son mari (rapporté par Ibn Jarir et Ibn Abi Hatem).

Face à l'insubordination, la surah An Nisa prescrit trois étapes : la réprimander verbalement, lui interdire le lit conjugal, puis la corriger physiquement avec modération. Le Prophète ﷺ dit lors du pèlerinage de l'adieu : craignez Allah en vos femmes, car elles sont comme des captives entre vos mains (rapporté par Mouslim). Une fois l'obéissance revenue, tout reproche doit cesser.

V.35

La surah An Nisa ordonne la médiation familiale en cas de mésentente conjugale : un arbitre de chaque famille est désigné. Ibn Abbas précise que si l'homme est fautif, les arbitres lui font assumer ses dépenses ; si c'est l'épouse, elle est privée du droit à l'entretien. Ali Ben Abi Taleb rappela aux deux conjoints l'obligation d'accepter le jugement selon le Livre d'Allah. Les ulémas s'accordent sur le droit des arbitres à séparer les conjoints ou à les réconcilier.

V.36

La surah An Nisa commence par l'adoration exclusive d'Allah puis enchaîne sur la bonté due aux parents, aux proches, aux orphelins, aux pauvres, aux voisins proches et lointains, aux intimes, aux voyageurs et aux esclaves. Le Prophète ﷺ dit à Mou'adh Ben Jabal : le droit d'Allah est qu'on L'adore sans rien Lui associer ; le droit des hommes sur Lui est qu'Il ne les châtie pas (rapporté par Boukhari et Mouslim).

Abdullah Ben 'Omar rapporte que dans la surah An Nisa, Gabriel recommanda si insistamment la bonté envers le voisin que le Prophète ﷺ crut qu'il allait en faire un héritier (rapporté par Boukhari et Mouslim). Jaber Ben Abdullah précise que les voisins sont de trois sortes, le plus gratifié étant le musulman proche qui cumule les droits de voisinage, d'islam et de parenté.

Sur les esclaves dans la surah An Nisa, le Prophète ﷺ dit lors de sa maladie mortelle : observez les prières et soyez bons envers eux. Abou Dzarr rapporte que le Prophète ﷺ a dit : ce sont vos frères ; nourrissez-les de ce que vous mangez et habillez-les de ce que vous portez (rapporté par Boukhari et Mouslim).

V.37-39

L'avarice et l'ostentation sont doublement condamnées dans la surah An Nisa. Le Prophète ﷺ a averti que l'avarice a causé la perte des générations précédentes en les poussant à rompre les liens de parenté et à sombrer dans la perversité. Ceux qui cachent les bienfaits d'Allah sans en laisser aucun signe dans leur quotidien préparent un châtiment douloureux.

L'avarice dans la surah An Nisa s'étend à la dissimulation de la science : les juifs furent menacés du châtiment pour avoir tu la vérité sur l'avènement du Prophète ﷺ. Ceux qui dépensent par ostentation reçoivent leur récompense dans ce monde et n'auront rien dans l'au-delà.

V.40-42

La justice absolue d'Allah, affirmée dans la surah An Nisa, garantit qu'Il ne lèse personne du poids d'un atome et multiplie les bonnes actions. Abou Sa'id Al-Khoudri rapporte que le Prophète ﷺ a dit qu'Allah fera sortir du feu quiconque aura dans le cœur un grain de moutarde de foi (rapporté par Boukhari et Mouslim).

Ibn Mass'oud décrit en commentaire de la surah An Nisa comment les bonnes actions d'un homme seront redistribuées à ceux qu'il a lésés au Jour de la résurrection ; si elles s'épuisent, leurs mauvaises actions lui seront imputées avant qu'il soit précipité en enfer.

Abdullah Ben Mass'oud rapporte, d'après Al-Boukhari, que lors d'une récitation du Coran dans le cadre de la surah An Nisa, le Prophète ﷺ s'écria "Assez" au verset sur les témoins et ses yeux se remplirent de larmes.

V.43

L'interdiction de prier en état d'ivresse est la première prescription rituelle de la surah An Nisa. Ali Ben Abi Taleb rapporte qu'Abdul Rahman Ben Aouf avait invité des compagnons qui burent du vin ; l'un d'eux présida la prière en faisant des erreurs de récitation et ce verset fut révélé.

La surah An Nisa autorise ensuite la lustration pulvérale en cas d'impossibilité d'utiliser l'eau. Aicha rapporte que le tayammoum fut révélé lors d'une expédition où elle avait perdu son collier, forçant l'armée à faire halte sans eau (rapporté par Boukhari).

Jaber Ben Abdullah rapporte, en lien avec la surah An Nisa, que le Prophète ﷺ a dit avoir reçu cinq faveurs qu'aucun prophète n'avait reçues avant lui, parmi lesquelles toute la terre comme lieu de prière et son sable comme moyen de purification (rapporté par Boukhari et Mouslim).

V.44-46

Les juifs qui falsifient les paroles révélées et cherchent à égarer les croyants sont dénoncés dans la surah An Nisa. Ils ont troqué la guidance contre l'égarement, caché les annonces prophétiques sur la venue du Prophète ﷺ et utilisent des formules ambiguës pour le tourner en dérision.

La surah An Nisa précise qu'Allah connaît mieux que quiconque leurs manœuvres. Ces juifs déclarent au Prophète ﷺ : "Nous entendons et nous désobéissons", altérant délibérément le sens des paroles divines. Allah les a maudits pour leur impiété et seul un petit nombre d'entre eux a cru.

V.47-48

L'avertissement aux gens du Livre et la déclaration fondamentale sur le pardon constituent le cœur de la surah An Nisa à ce stade : Allah ne pardonne pas le polythéisme mais pardonne ce qui est inférieur à cela à qui Il veut. Anas Ben Malek rapporte que le Prophète ﷺ a dit qu'il existe trois sortes d'injustice : le polythéisme impardonnable, les péchés envers Dieu qu'Il pardonne, et les injustices entre hommes qu'Il vengera (rapporté par Boukhari et Mouslim).

Abou Dzarr rapporte, dans le contexte de la surah An Nisa, que le Prophète ﷺ a dit que tout homme qui meurt en attestant l'unicité d'Allah entrera au Paradis même s'il a forniqué ou volé (rapporté par Boukhari et Mouslim). Un récit d'Ahmed illustre que jurer à tort qu'un pécheur n'entrera pas au Paradis peut précipiter le jurant lui-même dans la perdition.

V.49-52

Ces versets de la surah An Nisa dénoncent ceux qui se proclament vertueux d'eux-mêmes. Al-Hassan et Qatada précisent qu'ils visent les juifs et les chrétiens qui prétendaient être les fils d'Allah et Ses bien-aimés. Ibn Abbas rapporte qu'ils affirmaient que leurs enfants morts leur serviraient d'intercession.

Les éloges mutuels excessifs sont condamnés par la surah An Nisa : Al-Miqdad Ben Aswad rapporte que le Prophète ﷺ a ordonné de jeter du sable au visage des flatteurs outranciers (rapporté par Mouslim).

'Ikrima rapporte que dans la surah An Nisa, Houyay Ben Akhtab et Ka'b Ben Al-Achraf allèrent à La Mecque déclarer aux Qoraïchites qu'ils étaient mieux guidés que le Prophète ﷺ, ce qui déclencha les versets V.51-52.

V.53-55

La jalousie des juifs à l'égard du Prophète ﷺ est exposée dans la surah An Nisa : ils jalousent la grâce que Dieu lui a accordée en lui confiant la prophétie, alors qu'Il avait déjà accordé à la descendance d'Ibrahim le Livre, la sagesse et un vaste empire.

L'avarice des juifs décrite dans la surah An Nisa est telle que s'ils détenaient une parcelle de pouvoir, ils ne donneraient même pas une pellicule de datte aux autres. Ceux d'entre eux qui s'obstinent dans l'incrédulité n'ont pour destin que l'enfer.

V.56-57

Le supplice des incrédules en enfer est décrit avec précision dans la surah An Nisa : chaque fois que leurs peaux sont consumées, de nouvelles leur sont substituées pour qu'ils ressentent perpétuellement la douleur. Ibn Omar rapporte qu'Omar interrogea Mou'adh Ben Jabal qui précisa que leurs peaux seront renouvelées cent fois en une heure.

Ibn Omar rapporte, dans la surah An Nisa, que le Prophète ﷺ a dit que l'espace entre l'oreille et l'épaule d'un damné sera de sept cent ans de marche (rapporté par Ahmed). En contraste, les croyants jouiront de jardins éternels, d'épouses pures et d'épais ombrages. Abu Hurayra rapporte que le Prophète ﷺ a dit qu'au Paradis il y a un arbre sous lequel un cavalier marche cent ans sans en dépasser l'ombre (rapporté par Ibn Jarir, Boukhari et Mouslim).

V.58

La restitution des dépôts et la justice dans les jugements sont les deux grandes obligations de la surah An Nisa. Le Prophète ﷺ a dit : restitue le dépôt à qui te l'a confié et ne trahis pas qui t'a trahi. Abdullah Ben Mass'oud rapporte que le traître sera confronté à son dépôt au fond de la Géhenne (rapporté par Ibn Abi Hatem).

Ce verset de la surah An Nisa fut révélé au sujet d'Othman Ben Talha, gardien de la Ka'ba, à qui le Prophète ﷺ rendit la clé après la conquête de La Mecque en disant : "Aujourd'hui c'est le jour de la fidélité et de la charité" (rapporté par Mouhammad Ben Ishaq). Sa portée est générale et concerne le pieux comme le pervers.

V.59

La surah An Nisa commande l'obéissance à Allah, au Prophète ﷺ et aux détenteurs de l'autorité. Ibn Abbas précise, d'après Al-Boukhari, que ce verset fut révélé au sujet d'Abdullah Ben Houdzafa à la tête d'un régiment. Le Prophète ﷺ donna raison aux soldats qui refusèrent d'entrer dans un bûcher, précisant que l'obéissance n'est due que pour un acte convenable.

Abdullah Ben 'Omar rapporte dans la surah An Nisa que le Prophète ﷺ a dit qu'entendre et obéir est une obligation sauf en cas de désobéissance aux prescriptions divines (rapporté par Abou Daoud). En cas de désaccord, le Coran et la Sunna sont la référence ultime.

V.60-63

La surah An Nisa dénonce ceux qui prétendent croire aux révélations tout en portant leurs différends devant Taghout. Un litige entre un Ansarien et un juif est à l'origine de cette révélation : le juif souhaitait que le Prophète ﷺ tranche, l'Ansarien préférait Ka'b Ben Al-Achraf.

Les hypocrites frappés d'un malheur viennent s'excuser en prétendant n'avoir agi que pour le bien, rapporte la surah An Nisa. Allah ordonne au Prophète ﷺ de se détourner d'eux sans les réprimander ouvertement, mais de leur adresser des paroles convaincantes pour les rappeler à la raison.

V.64-65

L'obéissance au Prophète ﷺ comme condition de la foi est affirmée dans la surah An Nisa. Ibn Kathir rapporte l'anecdote d'Al-'Outbi qui vit en rêve le Prophète ﷺ lui demander d'annoncer à un bédouin, venu implorer son intercession, que Dieu lui avait pardonné.

Le V.65 de la surah An Nisa impose par serment divin que nul ne peut se dire croyant tant qu'il n'a pas fait du Prophète ﷺ l'arbitre de ses différends et accepté ses décisions sans ressentiment. Az-Zoubaïr rapporte, d'après Al-Boukhari, que lors d'un litige d'irrigation, le Prophète ﷺ révisa sa sentence pour lui accorder l'intégralité de son droit, et ce verset fut révélé.

V.66-70

Si Allah avait prescrit l'exil ou le sacrifice de soi, peu auraient réellement obéi, précise la surah An Nisa. La soumission à ces prescriptions aurait cependant raffermi leur foi et valu une récompense immense. Le Prophète ﷺ a dit qu'il se trouve dans sa communauté des hommes dont la foi est plus solide que les montagnes.

Les V.69-70 de la surah An Nisa annoncent que les obéissants à Allah et à Son Prophète ﷺ seront, dans la vie future, avec les Prophètes, les justes, les martyrs et les vertueux. Aicha rapporte que le Prophète ﷺ, dans sa maladie mortelle, récitait ce passage en demandant à rejoindre "le plus haut compagnon." Rabi'a Ben Ka'b Al-Aslam reçut cette réponse à sa demande d'accompagner le Prophète ﷺ au Paradis : "Multiplie les prosternations" (rapporté par Mouslim).

V.71-74

La surah An Nisa ordonne aux croyants de se préparer au combat avec vigilance, en se déployant par groupes ou en masse. Les hypocrites retardataires sont dénoncés : quand un revers frappe, ils se félicitent de leur absence ; quand la victoire sourit, ils regrettent de n'avoir pas été là pour le butin. Ibn Kathir précise qu'Abdullah Ben Oubay Ben Abi Saloul est visé.

Le V.74 de la surah An Nisa promet à ceux qui combattent pour la cause d'Allah une belle récompense qu'ils tombent ou triomphent. Abu Hurayra rapporte que le Prophète ﷺ a dit qu'Allah s'est porté garant du combattant dans Son chemin : Il le fait entrer au Paradis ou le rend à sa demeure avec récompense et butin (rapporté par Boukhari et Mouslim).

V.75-76

La surah An Nisa incite les croyants à combattre pour délivrer les faibles, hommes, femmes et enfants, restés à La Mecque sous l'oppression, qui imploraient : "Seigneur, fais-nous sortir de cette cité injuste." Abdullah Ben Abbas rapporte que lui-même et sa mère étaient parmi ces faibles.

Les croyants combattent pour la cause d'Allah, affirme la surah An Nisa, tandis que les impies combattent pour Taghout. Satan est faible face à la foi sincère du croyant.

V.77-79

Des compagnons ardents au combat hésitèrent une fois l'ordre donné, rappelle la surah An Nisa. Ibn Abbas rapporte que certains vinrent trouver le Prophète ﷺ à La Mecque pour se plaindre de leur humiliation ; l'ordre du combat ne leur fut donné qu'à Médine.

La mort atteint tout un chacun, même derrière des forteresses imprenables, affirme la surah An Nisa. Le V.79 précise que le bonheur vient de la grâce d'Allah et le malheur de ses propres péchés. Abu Hurayra rapporte que le Prophète ﷺ a dit que tous les maux qui affligent le musulman, même une épine, lui valent une rémission (rapporté par Boukhari).

V.80-81

La surah An Nisa établit que obéir au Prophète ﷺ équivaut à obéir à Allah, car il ne parle que par révélation. Sa mission se limite à communiquer le message ; ceux qui s'en détournent n'en prendront qu'à eux-mêmes. Les hypocrites déclarent leur obéissance en face du Prophète ﷺ, puis complotent la nuit à son insu.

Allah écrit leurs complots dans la surah An Nisa et ordonne au Prophète ﷺ de leur pardonner et de s'en remettre à Lui. Cette patience traduit la confiance absolue dans la décision divine.

V.82-83

La méditation du Coran sans contradiction est une invitation de la surah An Nisa : si ce Livre venait d'un autre qu'Allah, on y trouverait de nombreuses discordances. Amr Ben Chou'aib rapporte que le Prophète ﷺ, voyant des hommes opposer des versets les uns aux autres, s'écria que c'est bien cela qui causa la perdition des générations précédentes.

Le V.83 de la surah An Nisa avertit ceux qui diffusent les nouvelles sans vérification. Abu Hurayra rapporte que le Prophète ﷺ a dit : il est parfois un péché qu'un homme raconte tout ce qu'il a entendu (rapporté par Mouslim). Omar Ben Al-Khattab vérifia lui-même auprès du Prophète ﷺ la rumeur de répudiation de ses femmes avant de la démentir publiquement.

V.84

La surah An Nisa exhorte le Prophète ﷺ à combattre dans la voie d'Allah même seul et à encourager les fidèles. Abu Hurayra rapporte que le Prophète ﷺ a dit qu'au Paradis il y a cent degrés pour les combattants dans la voie d'Allah, le Firdaws étant le plus élevé, au-dessus duquel se trouve le Trône du Miséricordieux (rapporté par Boukhari).

V.85-87

L'intercession bonne ou mauvaise et ses conséquences directes sur celui qui l'effectue sont enseignées dans la surah An Nisa. Le V.86 ordonne de répondre au salut de façon plus courtoise ou à égalité.

Salman Al-Farissi rapporte que dans la surah An Nisa, un troisième homme ayant salué le Prophète ﷺ avec la formule complète, celui-ci ne put qu'égaler son salut, car rien n'était à ajouter (rapporté par Ibn Jarir). Abu Hurayra rapporte que le Prophète ﷺ a dit : énoncez le salut entre vous à haute voix pour vous entraimer (rapporté par Abou Daoud).

V.88-90

La surah An Nisa expose le sort des hypocrites qu'Allah a refoulés dans l'impiété à cause de leurs actes. L'imam Ahmed rapporte d'après Zaid Ben Thabet que ce verset fut révélé lors d'Ouhoud quand un groupe rebroussa chemin ; le Prophète ﷺ dit que Médine expulse les mauvais comme le soufflet du forgeron débarrasse le fer des scories (rapporté par Boukhari et Mouslim).

La surah An Nisa interdit de prendre les hypocrites pour alliés. Font exception ceux liés aux musulmans par un pacte, et ceux dont le cœur se serre à l'idée de combattre : s'ils restent neutres et offrent la paix, Allah ne donne aucun moyen de les combattre. Ibn Abbas précise que le verset permettant de tuer les hostiles persistants fut abrogé par S.9, V.5.

V.91

Ce verset de la surah An Nisa complète la section sur les hypocrites : ceux qui refusent la paix et persistent dans l'hostilité doivent être combattus où qu'on les trouve. Moujahed précise qu'il vise des Mecquois qui déclaraient leur islamisme par hypocrisie devant le Prophète ﷺ, puis retournaient adorer les idoles.

V.92-93

La surah An Nisa impose deux obligations en cas de meurtre involontaire d'un croyant : affranchir un esclave croyant et payer le prix du sang. Moujahed rapporte que ce verset fut révélé au sujet de 'Ayach Ben Abi Rabi'a qui tua Al-Hareth Ben Yazid croyant qu'il était encore polythéiste. Le Prophète ﷺ demanda à celui qui tua un homme après sa profession de foi : "As-tu fendu son cœur pour t'assurer de ses paroles ?"

Le meurtre volontaire dans la surah An Nisa est un péché d'une gravité exceptionnelle. Ibn Abbas déclare d'après Al-Boukhari que ce verset est parmi les derniers révélés et qu'aucun autre ne l'a abrogé. Salem Ben Abi Al-Ja'd rapporte qu'Ibn Abbas dit : la victime viendra au Jour de la résurrection tenant sa tête d'une main et son assassin de l'autre. Mou'awia rapporte que le Prophète ﷺ a dit qu'Allah absoudra peut-être tous les péchés sauf à celui qui meurt incrédule ou qui tue volontairement un croyant (rapporté par Ahmed).

V.94

La surah An Nisa interdit de tuer lors des expéditions celui qui offre la paix en prétextant qu'il feint la foi pour sa sécurité. Ibn Abbas rapporte trois circonstances de révélation : un homme de Bani Soulaim tué après avoir salué les compagnons ; Al-Miqdad Ben Al-Aswad qui tua un homme après sa profession de foi ; le Prophète ﷺ rappela aux compagnons qu'eux-mêmes avaient dissimulé leur foi à La Mecque (rapporté par Al-Hafedh Al-Bazzar).

Oussama jura après ce verset de la surah An Nisa de ne plus tuer quiconque prononcerait la profession de foi. Allah rappelle : "Vous aussi, vous n'avez pas été toujours musulmans, mais Allah vous a reçus dans Sa grâce."

V.95-96

La surah An Nisa distingue clairement entre les croyants sédentaires et ceux qui combattent de tout leur être et de leurs biens dans la voie d'Allah. Al-Bara' rapporte, d'après Al-Boukhari, que lorsque ce verset fut révélé, Ibn Oum Maktoum, aveugle, vint se plaindre au Prophète ﷺ, et Allah fit aussitôt descendre l'exception : "les malades exceptés."

Anas rapporte, dans la surah An Nisa, que le Prophète ﷺ a dit : il y a à Médine des hommes qui sont avec vous dans toute expédition, retenus seulement par la maladie (rapporté par Boukhari). Abu Sa'id Al-Khoudri rapporte que le Prophète ﷺ a dit qu'au Paradis il y a cent degrés pour les combattants, la distance entre deux degrés équivalant à celle entre le ciel et la terre (rapporté par Boukhari et Mouslim).

V.97-100

La surah An Nisa condamne ceux qui, capables d'émigrer, moururent dans les rangs des polythéistes. Ibn Abbas explique qu'il s'agissait de musulmans à La Mecque dont la foi était précaire, qui rejoignirent l'armée polythéiste à Badr. Allah leur répond : "La terre d'Allah n'est-elle pas assez vaste ?" Font exception les impotents, femmes et enfants incapables de trouver une issue.

Abou Houraira rapporte que le Prophète ﷺ invoqua Allah lors de la prière du soir pour délivrer les faibles croyants retenus à La Mecque (rapporté par Boukhari). Sur le V.100 de la surah An Nisa, Omar rapporte que le Prophète ﷺ a dit : les actes ne valent que par les intentions (rapporté par Boukhari et Mouslim). L'Israélite qui tua cent personnes puis mourut en chemin vers une terre de piété, dont les anges de la miséricorde recueillirent l'âme car il était le plus proche du bon pays, illustre que l'intention prime (rapporté par Boukhari et Mouslim).

V.101

L'abrègement de la prière en voyage est permis par la surah An Nisa. You'la Ben Oumaya rapporte qu'Omar interrogea le Prophète ﷺ à ce sujet et reçut cette réponse : "Considérez ceci comme une aumône d'Allah, acceptez Son aumône." Anas rapporte que le Prophète ﷺ pria deux rak'ats de Médine à La Mecque et retour.

Ibn Omar rapporte, en lien avec la surah An Nisa, que la prière en voyage est de deux rak'ats, complète selon le Prophète ﷺ (rapporté par Ahmed). Les ulémas s'accordent que le déplacement doit concerner une œuvre licite pour mériter cet allègement.

V.102

La prière en situation de danger est décrite en détail dans la surah An Nisa : une partie prie avec l'imam en gardant ses armes, puis cède la place à l'autre groupe. Abou 'Ayach Al-Zourqi rapporte que cette prière fut établie à 'Osfan face aux polythéistes commandés par Khaled Ben Al-Walid, quand Gabriel descendit avec ce verset entre le midi et l'asr.

Jaber Ben Abdullah raconte dans la surah An Nisa qu'un homme nommé Ghawrath brandit son sabre contre le Prophète ﷺ endormi, lui demandant : "Qui te protège de moi ?" Allah protégea Son Prophète ﷺ et le sabre tomba. La prière fut ensuite accomplie en deux groupes.

V.103-104

La surah An Nisa recommande la mention d'Allah après toute prière et en toute posture : debout, assis ou couché. En temps de sécurité, la prière doit être accomplie dans toute sa perfection car elle est une obligation à des moments déterminés.

La surah An Nisa enjoint aux croyants de ne pas faiblir dans la poursuite de leurs ennemis : tout malheur qui les atteint atteint également les adversaires. La récompense divine, la victoire et le secours sont réservés aux seuls croyants que les incrédules ne sauraient espérer.

V.105-109

Allah a révélé le Coran avec la vérité pour que le Prophète ﷺ juge selon Ses indications, précise la surah An Nisa. La circonstance de révélation est l'affaire de Tou'ma Ben Oubayreq qui vola un bouclier et le dissimula dans la maison d'un homme innocent. Allah corrigea le jugement initial par ces versets.

Qatada Ben An-Nou'man raconte dans la surah An Nisa l'histoire de Bachir Ben Oubayreq, hypocrite, qui vola farine et armes dans la maison de son oncle Rifa'a. Les armes furent restituées à Rifa'a qui, aveugle et âgé, dit : "Je les offre pour la cause d'Allah."

Allah dit dans la surah An Nisa : "Ils se cachent des hommes et ne se cachent pas d'Allah" car Il est présent dans leurs conciliabules. Nul ne pourra les défendre au Jour de la résurrection.

V.110-113

La clémence d'Allah envers le repentant est annoncée dans la surah An Nisa. Ali Ben Abi Taleb rapporte que le Prophète ﷺ a dit : tout musulman qui pèche, fait ses ablutions, prie deux rak'ats et implore le pardon d'Allah, sera absous.

Le V.112 de la surah An Nisa condamne ceux qui accusent injustement un innocent du crime qu'ils ont commis. Chacun ne porte que ses propres péchés, et Allah est sage, juste et miséricordieux.

Allah rappelle enfin dans la surah An Nisa qu'Il a préservé Son Prophète ﷺ de l'égarement que ces hommes cherchaient à lui infliger, lui a révélé le Coran et la sagesse, et lui a enseigné ce qu'il ne savait pas. "Grande a été la sollicitude d'Allah pour toi."

V.114-115

La plupart des propos humains sont dépourvus de bien, affirme la surah An Nisa. Seuls méritent récompense ceux qui ordonnent une aumône, un acte notoire de bien ou une réconciliation. Oum Habiba rapporte que le Prophète ﷺ a dit que tout sera examiné sauf la mention d'Allah, l'ordre du bien et l'interdiction du repréhensible (rapporté par Mardaweih).

Le V.115 de la surah An Nisa menace celui qui suit une voie autre que celle des fidèles après que la bonne voie lui est apparue : Allah l'abandonnera et le précipitera en enfer. L'imam Chafé'i s'est appuyé sur ce verset pour affirmer que toute dérogation à un avis unanime des savants est interdite.

V.116-122

Le polythéisme est le seul péché déclaré inexpiable dans la surah An Nisa. Ali Ben Abi Taleb a dit : aucun verset du Coran ne lui est plus cher que celui-ci. Satan, après avoir été maudit, déclara : "Je t'enlèverai une partie de tes fidèles ; je les égarerai et j'exacerberai leurs ambitions."

"Dénaturer les lois de la création" désigne le tatouage, selon Al-Hassan Al-Basri dans son commentaire de la surah An Nisa. Ibn Mass'oud rapporte que le Prophète ﷺ a maudit celle qui tatoue et celle qui se fait tatouer (rapporté par Mouslim). Abou Houraira rapporte que le Prophète ﷺ a dit : tout enfant naît sur la nature islamique, ce sont ses parents qui en font un juif, un chrétien ou un mage (rapporté par Boukhari et Mouslim).

Le V.122 de la surah An Nisa promet les jardins éternels aux croyants qui pratiquent le bien. C'est la promesse véridique d'Allah que le Prophète ﷺ rappelait en disant dans ses sermons : les paroles les plus véridiques sont celles d'Allah.

V.123-126

La surah An Nisa tranche le débat entre musulmans et gens du Livre : la vraie religion est une affaire de foi traduite en actes, non de souhaits. Qatada rapporte que les gens du Livre se vantaient que leur Prophète précédait le leur ; Allah leur répond : "Fi de vos caprices."

Abou Bakr rapporta que les compagnons s'inquiétèrent à la révélation de la surah An Nisa sur ce point, et que le Prophète ﷺ leur dit que les maux des croyants leur servent d'expiation. La plus belle religion consiste à se soumettre à Allah en suivant le culte d'Ibrahim.

Allah a pris Ibrahim pour ami dans la surah An Nisa. Le Prophète ﷺ précisa : si j'avais le droit de prendre un ami parmi les habitants de la terre, j'aurais choisi Abou Bakr, mais votre compagnon Ibrahim est l'ami d'Allah (rapporté par Boukhari et Mouslim). Ibn Abbas rapporte que le Prophète ﷺ se décrivit comme le bien-aimé d'Allah et le premier intercesseur écouté (rapporté par Ibn Mardaweih).

V.127

Les droits des orphelines font l'objet d'une nouvelle consultation dans la surah An Nisa. Aicha rapporte, d'après Al-Boukhari, que ce verset concerne l'homme qui désire épouser son orpheline sous tutelle sans lui donner une dot convenable, ou qui lui refuse tout mariage pour garder ses biens. Allah ordonne l'équité envers ces orphelines et les mineurs faibles.

V.128-130

Trois situations conjugales sont envisagées dans la surah An Nisa. Quand la femme craint l'abandon ou le manque d'attention de son mari, une concession mutuelle est préférable à la séparation. L'histoire de Sawda Bent Zam'a, qui céda son jour à Aicha pour ne pas être répudiée par le Prophète ﷺ, illustre ce principe.

L'équité parfaite entre épouses est inaccessible à l'homme, reconnaît la surah An Nisa. Abdullah Ben Yazid rapporte qu'Aicha disait que le Prophète ﷺ invoquait : "Mon Dieu, c'est mon partage de ce que je possède ; ne me blâme pas pour ce que Tu possèdes et que je ne possède pas", c'est-à-dire le cœur (rapporté par Ahmed et les auteurs des Sunans).

La surah An Nisa avertit de ne pas s'abandonner entièrement à une seule épouse. Abu Hurayra rapporte que le Prophète ﷺ a dit : celui qui a deux femmes et penche trop vers l'une viendra au Jour de la résurrection ayant un côté de son corps tombé (rapporté par Ahmed et les auteurs des Sunans). Si la séparation devient inévitable, Allah suffira à chacun des deux époux de l'autre.

V.131-134

Étant le Roi suprême des cieux et de la terre, Allah enjoint dans la surah An Nisa aux gens du Livre et aux croyants de Le craindre. Si les hommes sont ingrats, Il peut les anéantir et les remplacer : "Si vous tournez le dos, Il mettra un autre peuple à votre place" (S.47, V.38).

Ceux qui cherchent les récompenses de ce bas monde dans la surah An Nisa sont invités à savoir qu'auprès d'Allah se trouvent les deux : les récompenses de ce monde et celles de l'au-delà. Il incombe à l'homme d'œuvrer pour les deux. Allah entend et sait tout.

V.135

La surah An Nisa oblige les croyants à l'équité dans le témoignage, même contre soi-même, ses parents ou ses proches. Abdullah Ben Rawaha, envoyé à Khaibar pour évaluer la récolte, refusa d'être soudoyé en répondant : "C'est par l'équité que les cieux et la terre furent établis."

Allah avertit dans la surah An Nisa : "Ne vous fiez pas à vos impulsions", commandement repris ailleurs : "Que la haine ne vous rende pas injustes" (S.5, V.8). Le Prophète ﷺ a dit : le meilleur des témoins est celui qui présente son témoignage avant qu'on le lui demande.

V.136

La surah An Nisa ordonne aux croyants de croire à Allah, au Prophète ﷺ, au Coran et aux Livres révélés avant lui. Le Coran fut révélé progressivement selon les besoins, tandis que les autres Livres furent révélés en une seule fois. Celui qui renie Allah, Ses anges, Ses Livres, Ses Prophètes ou le Jour dernier s'est profondément égaré.

V.137-140

La surah An Nisa décrit le sort de ceux qui alternent foi et incrédulité de façon répétée : leur repentir ne sera plus agréé et Allah ne leur pardonnera pas. Les hypocrites qui recherchent l'honneur auprès des incrédules s'illusionnent, car tout l'honneur appartient à Allah.

Le V.140 de la surah An Nisa ordonne aux croyants de quitter toute assemblée où les versets d'Allah sont tournés en raillerie, faute de quoi ils en deviennent complices. Un autre verset confirme : "Quand tu vois des gens plongés dans la discussion au sujet de nos Signes, écarte-toi d'eux" (S.6, V.68). Allah rassemblera hypocrites et incrédules en enfer.

V.141

Les hypocrites épient les croyants dans la surah An Nisa et s'adaptent selon le résultat des batailles pour capter les bénéfices. Allah jugera entre eux au Jour dernier et ne donnera jamais le pas aux incrédules sur les croyants. Ali Ben Abi Taleb précise que ce verset s'applique au Jour du jugement dernier, et plusieurs ulémas en ont déduit l'interdiction de vendre un esclave musulman à un incrédule.

V.142-143

Les hypocrites cherchent à tromper Allah mais c'est Lui qui les trompe, affirme la surah An Nisa. Ils font la prière paresseusement pour être vus, sans aucun recueillement. Le Prophète ﷺ a dit dans les deux Sahihs que les prières les plus pénibles pour les hypocrites sont celles du soir et de l'aurore ; s'ils en connaissaient les mérites, ils s'y rendraient en se traînant (rapporté par Boukhari et Mouslim).

Anas Ben Malek rapporte, dans le commentaire de la surah An Nisa, que le Prophète ﷺ a dit : c'est la prière de l'hypocrite que de s'asseoir en regardant le soleil se coucher et faire quatre rak'ats en hâte sans penser à Allah que rarement (rapporté par Malek). Ces hypocrites oscillent sans appartenir à aucun camp ; "Celui qu'Allah égare ne trouve plus aucune voie."

V.144-147

La surah An Nisa interdit aux croyants de prendre les incrédules pour modèles en abandonnant les croyants, sous peine de fournir à Allah un argument contre soi. Les hypocrites seront au dernier cercle de l'enfer, dans des linceuls en feu hermétiquement clos, selon Abdullah Ben Mass'oud.

Ceux qui se repentent sincèrement et se fient à Allah, dans la surah An Nisa, se confondent avec les vrais croyants. Le Prophète ﷺ a dit : "Aie une foi sincère et le peu des œuvres pies te suffit." Allah conclut : pourquoi vous châtierait-Il si vous êtes reconnaissants et croyants ? Il est reconnaissant et sait tout.

V.148-149

Les propos grossiers sont détestés d'Allah sauf chez celui qui a été opprimé, précise la surah An Nisa. Ibn Abbas commente : Allah n'aime pas qu'un homme L'invoque contre un autre à moins d'avoir été opprimé ; s'il endure, cela lui vaut davantage.

Abu Hurayra rapporte dans la surah An Nisa que le Prophète ﷺ a dit : entre deux hommes qui s'injurient, la faute incombe à celui qui a commencé, à moins que la victime ne réponde avec excès (rapporté par Abou Daoud). La surah An Nisa recommande de faire le bien publiquement ou en secret et de pardonner le mal. Un hadith confirme : jamais une aumône n'a diminué le capital de son auteur (rapporté par Mouslim, Malek et Tirmidzi).

V.150-152

La surah An Nisa condamne ceux qui croient à certains Prophètes et rejettent d'autres : c'est une incrédulité véritable. Les juifs qui ont renié Jésus et Mouhammad ﷺ, et les chrétiens qui ont nié la prophétie de Mouhammad ﷺ, sont dans cet égarement. Ceux qui croient à Allah et à tous Ses Prophètes sans exception recevront une belle récompense et le pardon de leurs péchés.

V.153-154

La surah An Nisa rappelle que les gens du Livre demandèrent au Prophète ﷺ de faire descendre un Livre du ciel, rapportent As-Souddy et Qatada. Allah leur répond qu'ils avaient exigé davantage de Moïse en demandant à voir Allah ouvertement, et la foudre les frappa. Puis ils adorèrent le veau malgré les preuves. Le mont Thor fut élevé au-dessus d'eux pour leur extorquer l'engagement d'observer la Torah.

V.155-159

La surah An Nisa liste les péchés des juifs : rupture de l'alliance, reniement des Signes d'Allah, meurtre injuste des Prophètes, calomnie contre Marie et prétention d'avoir tué Jésus. Ibn Kathir expose que lors de l'élévation de Jésus, un jeune homme volontaire prit ses traits et fut crucifié à sa place. Les juifs le prirent pour Jésus et le crucifièrent.

Le Prophète ﷺ a dit, d'après Abu Hurayra dans les deux Sahihs, que Jésus descendra du ciel, brisera la croix, tuera le porc, remettra le tribut et sera un juge équitable (rapporté par Boukhari et Mouslim). La surah An Nisa est éclairée sur ce point par un hadith d'Abou Oumama Al-Bahili sur les signes précurseurs de l'Heure (rapporté par Ibn Maja). Ibn Jarir conclut que tous les gens du Livre croiront en Jésus après sa descente du ciel.

V.160-162

À cause de leurs injustices, rupture d'alliance, meurtres de Prophètes, usure et accaparement des biens d'autrui, Allah leur interdit dans la surah An Nisa d'excellentes nourritures qui leur étaient permises. Ibn Abbas précise que ce verset fut révélé au sujet de Abdullah Ben Salam et d'autres qui embrassèrent l'Islam sincèrement.

La surah An Nisa promet une récompense sans limites à ceux qui sont enracinés dans la science et croient aux révélations du Prophète ﷺ : ils observent la prière à ses heures, s'acquittent de la zakat et croient en Allah et au Jour dernier.

V.163-165

Allah affirme dans la surah An Nisa avoir révélé à Mouhammad ﷺ des révélations comme Il en révéla à Noé, Ibrahim, Ismaël, Isaac, Jacob, Jésus, Job, Jonas, Aaron et Salomon ; à David Il donna les Psaumes. Abou Dzarr rapporte que le Prophète ﷺ a dit que le nombre des Prophètes s'élevait à cent vingt-quatre mille et celui des Messagers à trois cent treize (rapporté par Ibn Mardaweih).

Ces Prophètes furent tous envoyés comme annonciateurs et avertisseurs pour ôter tout argument aux hommes, affirme la surah An Nisa. Ibn Mass'oud rapporte que le Prophète ﷺ a dit : nul n'est plus jaloux qu'Allah, nul n'aime davantage les louanges, et nul n'accepte les excuses plus qu'Allah ; pour cela Il a envoyé les Prophètes (rapporté par Boukhari et Mouslim).

V.166-170

Allah Se porte Lui-même témoin dans la surah An Nisa de ce qu'Il a révélé à Son Prophète ﷺ, ainsi que les anges. Ibn Abbas rapporte qu'un groupe de juifs vint prétendre ne pas savoir que le Prophète ﷺ était le Messager d'Allah ; ce verset fut révélé pour les démentir.

Ceux qui écartent les hommes de la voie d'Allah se trouvent dans une erreur profonde affirme la surah An Nisa : leur seul destin est la Géhenne pour l'éternité. Allah exhorte tous les hommes à croire au Prophète ﷺ qui leur a apporté la vérité de la part de leur Seigneur.

V.171

Allah adresse aux chrétiens une mise en garde dans la surah An Nisa : "N'exagérez pas dans votre religion." Jésus fils de Marie est le Prophète d'Allah et Son verbe jeté en Marie, une âme venue directement d'Allah, rien de plus. Omar rapporte que le Prophète ﷺ dit aux fidèles : "Ne m'élogiez pas comme les chrétiens ont élogié Jésus ; je suis le serviteur d'Allah" (rapporté par Ahmed).

Anas Ben Malek rapporte, dans la surah An Nisa, que le Prophète ﷺ répondit à qui l'appelait "notre maître le meilleur" : "Dites des propos raisonnables ; je suis Mouhammad Ben Abdullah, le serviteur d'Allah et Son Messager" (rapporté par Ahmed). Oubada Ben As-Samet rapporte que le Prophète ﷺ a dit : quiconque atteste que Jésus est le serviteur d'Allah et Sa parole jetée en Marie entrera au Paradis (rapporté par Boukhari).

V.172-173

Ni Jésus ni les anges rapprochés ne dédaignent d'être les serviteurs d'Allah, affirme la surah An Nisa. Ceux qui s'enorgueillissent comparaîtront devant Lui et ne trouveront ni défenseur ni protecteur. Les croyants qui font le bien recevront leur récompense avec surcroît de grâce divine.

V.174-175

Une preuve irrécusable et une lumière éblouissante sont venues aux hommes de la part de leur Seigneur dans la surah An Nisa : c'est le Coran. Ceux qui croient en Allah et se fient à Lui seront admis dans Sa miséricorde et guidés vers la voie droite. Ali Ben Abi Taleb rapporte que le Prophète ﷺ a dit : "Le Coran est le chemin droit d'Allah et Sa corde solide."

V.176

Ce dernier verset de la surah An Nisa porte sur les collatéraux. Al-Bara' rapporte, d'après Al-Boukhari, que ce verset fut l'un des derniers révélés. Jaber Ben Abdullah raconte qu'il fut révélé lors de sa maladie où il interrogea le Prophète ﷺ sur sa succession en l'absence d'héritiers directs.

La règle établie dans la surah An Nisa est la suivante : si un homme décède sans enfants ni père, sa sœur germaine a droit à la moitié ; si c'est la sœur qui décède, le frère hérite de tout ; deux sœurs ou plus partagent les deux tiers ; frères et sœurs ensemble suivent la règle du double pour les mâles. Omar Ben Al-Khattab avoua qu'une explication plus claire du Prophète ﷺ lui aurait été plus précieuse qu'un troupeau de chameaux roux.

Ibn Mass'oud rapporta dans la surah An Nisa un jugement du Prophète ﷺ : la moitié à la fille, le sixième à la fille du fils pour compléter les deux tiers, le reste à la sœur (rapporté par Boukhari). Abou Bakr As-Siddiq précisa que les versets successoraux de cette sourate couvrent l'ensemble des catégories d'héritiers. Allah conclut : "Allah vous l'explique pour ne pas vous exposer à des erreurs. Allah sait tout."

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