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Sourat Al Maidah en français

Sourate 5 en français

1
Ô les croyants ! Remplissez fidèlement vos engagements. Vous est permise la bête du cheptel, sauf ce qui sera énoncé [comme étant interdit]. Ne vous permettez point la chasse alors que vous êtes en état d'ihram. Allah en vérité, décide ce qu'Il veut.

2
Ô les croyants ! Ne profanez ni les rites du pèlerinage (dans les endroits sacrés) d'Allah, ni le mois sacré, ni les animaux de sacrifice, ni les guirlandes, ni ceux qui se dirigent vers la Maison sacrée cherchant de leur Seigneur grâce et agrément. Une fois désacralisés, vous êtes libres de chasser. Et ne laissez pas la haine pour un peuple qui vous a obstrué la route vers la Mosquée sacrée vous inciter à transgresser. Entraidez-vous dans l'accomplissement des bonnes œuvres et de la piété et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. Et craignez Allah, car Allah est, certes, dur en punition !

3
Vous sont interdits la bête trouvée morte, le sang, la chair de porc, ce sur quoi on a invoqué un autre nom que celui d'Allah, la bête étouffée, la bête assommée ou morte d'une chute ou morte d'un coup de corne, et celle qu'une bête féroce a dévorée -sauf celle que vous égorgez avant qu'elle ne soit morte -. (Vous sont interdits aussi la bête) qu'on a immolée sur les pierres dressées, ainsi que de procéder au partage par tirage au sort au moyen de flèches. Car cela est perversité. Aujourd'hui, les mécréants désespèrent (de vous détourner) de votre religion: ne les craignez donc pas et craignez-Moi. Aujourd'hui, J'ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et J'agrée l'Islam comme religion pour vous. Si quelqu'un est contraint par la faim, sans inclination vers le péché... alors, Allah est Pardonneur et Miséricordieux.

4
Ils t'interrogent sur ce qui leur est permis. Dis: « Vous sont permises les bonnes nourritures, ainsi que ce que capturent les carnassiers que vous avez dressés, en leur apprenant ce qu'Allah vous a appris. Mangez donc de ce qu'elles capturent pour vous et prononcez dessus le nom d'Allah. Et craignez Allah. Car Allah est, certes, prompt dans les comptes.

5
« Vous sont permises, aujourd'hui, les bonnes nourritures. Vous est permise la nourriture des gens du Livre, et votre propre nourriture leur est permise. (Vous sont permises) les femmes vertueuses d'entre les croyantes, et les femmes vertueuses d'entre les gens qui ont reçu le Livre avant vous, si vous leur donnez leur mahr avec contrat de mariage, non en débauchés ni en preneurs d'amantes. Et quiconque abjure la foi, alors vaine devient son action, et il sera dans l'au-delà, du nombre des perdants.

6
Ô les croyants ! Lorsque vous vous levez pour la Salat, lavez vos visages et vos mains jusqu'aux coudes; passez les mains mouillées sur vos têtes; et lavez-vous les pieds jusqu'aux chevilles. Et si vous êtes pollués: « junub », alors purifiez-vous (par un bain); mais si vous êtes malades, ou en voyage, ou si l'un de vous revient du lieu où il a fait ses besoins ou si vous avez touché aux femmes et que vous ne trouviez pas d'eau, alors recourez à la terre pure, passez-en sur vos visages et vos mains. Allah ne veut pas vous imposer quelque gêne, mais Il veut vous purifier et parfaire sur vous Son bienfait. Peut-être serez-vous reconnaissants.

7
Et rappelez-vous le bienfait d'Allah sur vous, ainsi que l'alliance qu'Il a conclue avec vous, quand vous avez dit: « Nous avons entendu et nous avons obéi ». Et craignez Allah. Car Allah connaît parfaitement le contenu des cœurs.

8
Ô les croyants ! Soyez stricts (dans vos devoirs) envers Allah et (soyez) des témoins équitables. Et que la haine pour un peuple ne vous incite pas à être injustes. Pratiquez l'équité: cela est plus proche de la piété. Et craignez Allah. Car Allah est certes Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites.

9
Allah a promis à ceux qui croient et font de bonnes œuvres qu'il y aura pour eux un pardon et une énorme récompense.

10
Quant à ceux qui ne croient pas et traitent de mensonge Nos preuves, ceux-là sont des gens de l'Enfer.

11
Ô les croyants ! Rappelez-vous le bienfait d'Allah à votre égard, le jour où un groupe d'ennemis s'apprêtait à porter la main sur vous (en vue de vous attaquer) et qu'Il repoussa leur tentative. Et craignez Allah. C'est en Allah que les croyants doivent mettre leur confiance.

12
Et Allah certes prit l'engagement des enfants d'Israʾil (Israël). Nous nommâmes douze chefs d'entre eux. Et Allah dit: « Je suis avec vous, pourvu que vous accomplissiez la Salat, acquittiez la Zakat, croyiez en Mes messagers, les aidiez et fassiez à Allah un bon prêt. Alors, certes, j'effacerai vos méfaits, et vous ferai entrer aux Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux. Et quiconque parmi vous, après cela, mécroit, s'égare certes du droit chemin » !

13
Et puis, à cause de leur violation de l'engagement, Nous les avons maudits et endurci leurs cœurs: ils détournent les paroles de leur sens et oublient une partie de ce qui leur a été rappelé. Tu ne cesseras de découvrir leur trahison, sauf d'un petit nombre d'entre eux. Pardonne-leur donc et oublie [leurs fautes]. Car Allah aime, certes, les bienfaisants.

14
Et de ceux qui disent: « Nous sommes chrétiens », Nous avons pris leur engagement. Mais ils ont oublié une partie de ce qui leur a été rappelé. Nous avons donc suscité entre eux l'inimitié et la haine jusqu'au Jour de la Résurrection. Et Allah les informera de ce qu'ils faisaient.

15
Ô gens du Livre ! Notre Messager (Muhammad) vous est certes venu, vous exposant beaucoup de ce que vous cachiez du Livre, et passant sur bien d'autres choses ! Une lumière et un Livre explicite vous sont certes venus d'Allah !

16
Par ceci (le Coran), Allah guide aux chemins du salut ceux qui cherchent Son agrément. Et Il les fait sortir des ténèbres à la lumière par Sa grâce. Et Il les guide vers un chemin droit.

17
Certes sont mécréants ceux qui disent: « Allah, c'est le Messie, fils de Maryam (Marie) ! » -Dis: « Qui donc détient quelque chose d'Allah (pour L'empêcher), s'Il voulait faire périr le Messie, fils de Maryam (Marie), ainsi que sa mère et tous ceux qui sont sur la terre ? ... A Allah seul appartient la royauté des cieux et de la terre et de ce qui se trouve entre les deux. » Il crée ce qu'Il veut. Et Allah est Omnipotent.

18
Les Juifs et les Chrétiens ont dit: « Nous sommes les fils d'Allah et Ses préférés. » Dis: « Pourquoi donc vous châtie-t-Il pour vos péchés ? » En fait, vous êtes des êtres humains d'entre ceux qu'Il a créés. Il pardonne à qui Il veut et Il châtie qui Il veut. Et à Allah seul appartient la royauté des cieux et de la terre et de ce qui se trouve entre les deux. Et c'est vers Lui que sera la destination finale.

19
Ô gens du Livre ! Notre Messager (Muhammad) est venu pour vous éclairer après une interruption des messagers afin que vous ne disiez pas: « Il ne nous est venu ni annonciateur ni avertisseur. » Voilà, certes, que vous est venu un annonciateur et un avertisseur. Et Allah est Omnipotent.

20
(Souvenez-vous) Lorsque Musa (Moïse) dit à son peuple: « Ô, mon peuple ! Rappelez-vous le bienfait d'Allah sur vous, lorsqu'Il a désigné parmi vous des prophètes. Et Il a fait de vous des rois. Et Il vous a donné ce qu'Il n'avait donné à nul autre aux mondes.

21
Ô mon peuple ! Entrez dans la terre sainte qu'Allah vous a prescrite. Et ne revenez point sur vos pas [en refusant de combattre] car vous retourneriez perdants.

22
Ils dirent: « Ô Musa (Moïse), il y a là un peuple de géants. Jamais nous n'y entrerons jusqu'à ce qu'ils en sortent. S'ils en sortent, alors nous y entrerons. »

23
Deux hommes d'entre ceux qui craignaient Allah et qui étaient comblés par Lui de bienfaits dirent: « Entrez chez eux par la porte; puis quand vous y serez entrés, vous serez sans doute les dominants. Et c'est en Allah qu'il faut avoir confiance, si vous êtes croyants. »

24
Ils dirent: « Musa (Moïse) ! Nous n'y entrerons jamais, aussi longtemps qu'ils y seront. Va donc, toi et ton Seigneur, et combattez tous deux. Nous restons là où nous sommes. »

25
Il dit: « Seigneur ! Je n'ai de pouvoir, vraiment, que sur moi-même et sur mon frère: sépare-nous donc de ce peuple pervers. »

26
Il (Allah) dit: « Eh bien, ce pays leur sera interdit pendant quarante ans, durant lesquels ils erreront sur la terre. Ne te tourmente donc pas pour ce peuple pervers. »

27
Et raconte-leur en toute vérité l'histoire des deux fils d'Adam. Les deux offrirent des sacrifices; celui de l'un fut accepté et celui de l'autre ne le fut pas. Celui-ci dit: « Je te tuerai sûrement. » -« Allah n'accepte, dit l'autre, que de la part des pieux. »

28
Si tu étends vers moi ta main pour me tuer, moi, je n'étendrai pas vers toi ma main pour te tuer: car je crains Allah, le Seigneur de l'Univers.

29
Je veux que tu partes avec le péché de m'avoir tué et avec ton propre péché: alors tu seras du nombre des gens du Feu. Telle est la récompense des injustes.

30
Son âme l'incita à tuer son frère. Il le tua donc et devint ainsi du nombre des perdants.

31
Puis Allah envoya un corbeau qui se mit à gratter la terre pour lui montrer comment ensevelir le cadavre de son frère. Il dit: « Malheur à moi ! Suis-je incapable d'être, comme ce corbeau, à même d'ensevelir le cadavre de mon frère ? » Il devint alors du nombre de ceux que ronge le remords.

32
C'est pourquoi Nous avons prescrit pour les enfants d'Israʾil (Israël) que quiconque tuerait une personne non coupable d'un meurtre ou d'une corruption sur la terre, c'est comme s'il avait tué tous les hommes. Et quiconque lui fait don de la vie, c'est comme s'il faisait don de la vie à tous les hommes. En effet Nos messagers sont venus à eux avec les preuves. Et puis voilà, qu'en dépit de cela, beaucoup d'entre eux se mettent à commettre des excès sur la terre.

33
La récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et Son messager, et qui s'efforcent de semer la corruption sur la terre, c'est qu'ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu'ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l'ignominie ici-bas; et dans l'au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment,

34
excepté ceux qui se sont repentis avant de tomber en votre pouvoir: sachez qu'alors, Allah est Pardonneur et Miséricordieux.

35
Ô les croyants ! Craignez Allah, cherchez le moyen de vous rapprocher de Lui et luttez pour Sa cause. Peut-être serez-vous de ceux qui réussissent !

36
Si les mécréants possédaient tout ce qui est sur la terre et autant encore, pour se racheter du châtiment du Jour de la Résurrection, on ne l'accepterait pas d'eux. Et pour eux il y aura un châtiment douloureux.

37
Ils voudront sortir du Feu, mais ils n'en sortiront point. Et ils auront un châtiment permanent.

38
Le voleur et la voleuse, à tous deux coupez la main, en punition de ce qu'ils se sont acquis, et comme châtiment de la part d'Allah. Allah est Puissant et Sage.

39
Mais quiconque se repent après son tort et se réforme, Allah accepte son repentir. Car, Allah est, certes, Pardonneur et Miséricordieux.

40
Ne sais-tu pas qu'à Allah appartient la royauté des cieux et de la terre ? Il châtie qui Il veut et pardonne à qui Il veut. Et Allah est Omnipotent.

41
Ô Messager ! Que ne t'affligent point ceux qui concourent en mécréance; parmi ceux qui ont dit: « Nous avons cru » avec leurs bouches sans que leurs cœurs aient jamais cru et parmi les Juifs qui aiment bien écouter le mensonge et écouter d'autres gens qui ne sont jamais venus à toi et qui déforment le sens des mots une fois bien établi. Ils disent: « Si vous avez reçu ceci, acceptez-le et si vous ne l'avez pas reçu, soyez méfiants. » Celui qu'Allah veut éprouver, tu n'as pour lui aucune protection contre Allah. Voilà ceux dont Allah n'a point voulu purifier les cœurs. A eux, seront réservés, une ignominie ici-bas et un énorme châtiment dans l'au-delà.

42
Ils sont attentifs au mensonge et voraces de gains illicites. S'ils viennent à toi, sois juge entre eux ou détourne toi d'eux. Et si tu te détournes d'eux, jamais ils ne pourront te faire aucun mal. Et si tu juges, alors juge entre eux en équité. Car Allah aime ceux qui jugent équitablement.

43
Mais comment te demanderaient-ils d'être leur juge quand ils ont avec eux la Thora dans laquelle se trouve le jugement d'Allah ? Et puis, après cela, ils rejettent ton jugement. Ces gens-là ne sont nullement les croyants.

44
Nous avons fait descendre la Thora dans laquelle il y a guide et lumière. C'est sur sa base que les prophètes qui se sont soumis à Allah, ainsi que les rabbins et les docteurs jugent les affaires des Juifs. Car on leur a confié la garde du Livre d'Allah, et ils en sont les témoins. Ne craignez donc pas les gens, mais craignez Moi. Et ne vendez pas Mes enseignements à vil prix. Et ceux qui ne jugent pas d'après ce qu'Allah a fait descendre, les voilà les mécréants.

45
Et Nous y avons prescrit pour eux vie pour vie, œil pour œil, nez pour nez, oreille pour oreille, dent pour dent. Les blessures tombent sous la loi du talion. Après, quiconque y renonce par charité, cela lui vaudra une expiation. Et ceux qui ne jugent pas d'après ce qu'Allah a fait descendre, ceux-là sont des injustes.

46
Et Nous avons envoyé après eux 'Isa (Jésus), fils de Maryam (Marie), pour confirmer ce qu'il y avait dans la Thora avant lui. Et Nous lui avons donné l'Évangile, où il y a guide et lumière, pour confirmer ce qu'il y avait dans la Thora avant lui, et un guide et une exhortation pour les pieux.

47
Que les gens de l'Évangile jugent d'après ce qu'Allah y a fait descendre. Ceux qui ne jugent pas d'après ce qu'Allah a fait descendre, ceux-là sont les pervers.

48
Et sur toi (Muhammad) Nous avons fait descendre le Livre avec la vérité, pour confirmer le Livre qui était là avant lui et pour prévaloir sur lui. Juge donc parmi eux d'après ce qu'Allah a fait descendre. Ne suis pas leurs passions, loin de la vérité qui t'est venue. A chacun de vous Nous avons assigné une législation et un plan à suivre. Si Allah avait voulu, certes Il aurait fait de vous tous une seule communauté. Mais Il veut vous éprouver en ce qu'Il vous donne. Concurrencez donc dans les bonnes œuvres. C'est vers Allah qu'est votre retour à tous; alors Il vous informera de ce en quoi vous divergiez.

49
Juge alors parmi eux d'après ce qu'Allah a fait descendre. Ne suis pas leurs passions, et prends garde qu'ils ne tentent de t'éloigner d'une partie de ce qu'Allah t'a révélé. Et puis, s'ils refusent (le jugement révélé) sache qu'Allah veut les affliger [ici-bas] pour une partie de leurs péchés. Beaucoup de gens, certes, sont des pervers.

50
Est-ce donc le jugement du temps de l'Ignorance qu'ils cherchent ? Qu'y a-t-il de meilleur qu'Allah, en matière de jugement pour des gens qui ont une foi ferme ?

51
Ô les croyants ! Ne prenez pas pour alliés les Juifs et les Chrétiens; ils sont alliés les uns des autres. Et celui d'entre vous qui les prend pour alliés, devient un des leurs. Allah ne guide certes pas les gens injustes.

52
Tu verras, d'ailleurs, que ceux qui ont la maladie au cœur se précipitent vers eux et disent: « Nous craignons qu'un revers de fortune ne nous frappe. » Mais peut-être qu'Allah fera venir la victoire ou un ordre émanant de Lui. Alors ceux-là regretteront leurs pensées secrètes.

53
Et les croyants diront: « Est-ce là ceux qui juraient par Allah de toute leur force qu'ils étaient avec vous ? » Mais leurs actions sont devenues vaines et ils sont devenus perdants.

54
Ô les croyants ! Quiconque parmi vous apostasie de sa religion... Allah va faire venir un peuple qu'Il aime et qui L'aime, modeste envers les croyants et fier et puissant envers les mécréants, qui lutte dans le sentier d'Allah, ne craignant le blâme d'aucun blâmeur. Telle est la grâce d'Allah. Il la donne à qui Il veut. Allah est Immense et Omniscient.

55
Vous n'avez d'autres alliés qu'Allah, Son messager, et les croyants qui accomplissent la Salat, s'acquittent de la Zakat, et s'inclinent (devant Allah).

56
Et quiconque prend pour alliés Allah, Son messager et les croyants, [réussira] car c'est le parti d'Allah qui sera victorieux.

57
Ô les croyants ! N'adoptez pas pour alliés ceux qui prennent en raillerie et jeu votre religion, parmi ceux à qui le Livre fut donné avant vous et parmi les mécréants. Et craignez Allah si vous êtes croyants.

58
Et lorsque vous faites l'appel à la Salat, ils la prennent en raillerie et jeu. C'est qu'ils sont des gens qui ne raisonnent point.

59
Dis: « Ô gens du Livre ! Est-ce que vous nous reprochez autre chose que de croire en Allah, à ce qu'on a fait descendre vers nous et à ce qu'on a fait descendre auparavant ? Mais la plupart d'entre vous sont des pervers. »

60
Dis: « Puis-je vous informer de ce qu'il y a de pire, en fait de rétribution auprès d'Allah ? Celui qu'Allah a maudit, celui qui a encouru Sa colère, et ceux dont Il a fait des singes, des porcs, et de même, celui qui a adoré le Tâghût, ceux-là ont la pire des places et sont les plus égarés du chemin droit. »

61
Lorsqu'ils viennent chez vous, ils disent: « Nous croyons. » Alors qu'ils sont entrés avec la mécréance et qu'ils sont sortis avec. Et Allah sait parfaitement ce qu'ils cachent.

62
Et tu verras beaucoup d'entre eux se précipiter vers le péché et l'iniquité, et manger des gains illicites. Comme est donc mauvais ce qu'ils œuvrent !

63
Pourquoi les rabbins et les docteurs (de la Loi religieuse) ne les empêchent-ils pas de tenir des propos mensongers et de manger des gains illicites ? Que leurs actions sont donc mauvaises !

64
Et les Juifs disent: « La main d'Allah est fermée ! » Que leurs propres mains soient fermées, et maudits soient-ils pour l'avoir dit. Au contraire, Ses deux mains sont largement ouvertes: Il distribue Ses dons comme Il veut. Et certes, ce qui a été descendu vers toi de la part de ton Seigneur va faire beaucoup croître parmi eux la rébellion et la mécréance. Nous avons jeté parmi eux l'inimitié et la haine jusqu'au Jour de la Résurrection. Toutes les fois qu'ils allument un feu pour la guerre, Allah l'éteint. Et ils s'efforcent de semer le désordre sur la terre, alors qu'Allah n'aime pas les semeurs de désordre.

65
Si les gens du Livre avaient la foi et la piété, Nous leur aurions certainement effacé leurs méfaits et les aurions certainement introduits dans les Jardins du délice.

66
S'ils avaient appliqué la Thora et l'Évangile et ce qui est descendu sur eux de la part de leur Seigneur, ils auraient certainement joui de ce qui est au-dessus d'eux et de ce qui est sous leurs pieds. Il y a parmi eux un groupe qui agit avec droiture; mais pour beaucoup d'entre eux, comme est mauvais ce qu'ils font !

67
Ô Messager, transmets ce qui t'a été descendu de la part de ton Seigneur. Si tu ne le faisais pas, alors tu n'aurais pas communiqué Son message. Et Allah te protègera des gens. Certes, Allah ne guide pas les gens mécréants.

68
Dis: « Ô gens du Livre, vous ne tenez sur rien, tant que vous ne vous conformez pas à la Thora et à l'Évangile et à ce qui vous a été descendu de la part de votre Seigneur. » Et certes, ce qui t'a été descendu de la part de ton Seigneur va accroître beaucoup d'entre eux en rébellion et en mécréance. Ne te tourmente donc pas pour les gens mécréants.

69
Ceux qui ont cru, ceux qui se sont judaïsés, les Sabéens, et les Chrétiens, ceux parmi eux qui croient en Allah, au Jour dernier et qui accomplissent les bonnes œuvres, pas de crainte sur eux, et ils ne seront point affligés.

70
Certes, Nous avions déjà pris l'engagement des enfants d'Israʾil (Israël), et Nous leur avions envoyé des messagers. Mais chaque fois qu'un Messager leur vient avec ce qu'ils ne désirent pas, ils en traitent certains de menteurs et ils en tuent d'autres.

71
Comptant qu'il n'y aurait pas de tentation contre eux, ils étaient devenus aveugles et sourds. Puis Allah accueillit leur repentir. Ensuite, beaucoup d'entre eux redevinrent aveugles et sourds. Et Allah voit parfaitement ce qu'ils font.

72
Ce sont, certes, des mécréants ceux qui disent: « En vérité, Allah c'est le Messie, fils de Maryam (Marie). » Alors que le Messie a dit: « Ô enfants d'Israʾil (Israël), adorez Allah, mon Seigneur et votre Seigneur. » Quiconque associe à Allah (d'autres divinités,) Allah lui interdit le Paradis; et son refuge sera le Feu. Et pour les injustes, pas de secoureurs !

73
Ce sont certes des mécréants, ceux qui disent: « En vérité, Allah est le troisième de trois. » Alors qu'il n'y a de divinité qu'Une Divinité Unique ! Et s'ils ne cessent de le dire, certes, un châtiment douloureux touchera les mécréants d'entre eux.

74
Ne vont-ils donc pas se repentir à Allah et implorer Son pardon ? Car Allah est Pardonneur et Miséricordieux.

75
Le Messie, fils de Maryam (Marie), n'était qu'un Messager. Des messagers sont passés avant lui. Et sa mère était une véridique. Et tous deux consommaient de la nourriture. Vois comme Nous leur expliquons les preuves et puis vois comme ils se détournent.

76
Dis: « Adorez-vous, au lieu d'Allah, ce qui n'a le pouvoir de vous faire ni le mal ni le bien ? » Or c'est Allah qui est l'Audient et l'Omniscient.

77
Dis: « Ô gens du Livre, n'exagérez pas en votre religion, s'opposant à la vérité. Ne suivez pas les passions des gens qui se sont égarés avant cela, qui ont égaré beaucoup de monde et qui se sont égarés du chemin droit. »

78
Ceux des enfants d'Israʾil (Israël) qui n'avaient pas cru ont été maudits par la bouche de Dawud (David) et de 'Isa (Jésus) fils de Maryam (Marie), parce qu'ils désobéissaient et transgressaient.

79
Ils ne s'interdisaient pas les uns aux autres ce qu'ils faisaient de blâmable. Comme est mauvais, certes, ce qu'ils faisaient !

80
Tu vois beaucoup d'entre eux s'allier aux mécréants. Comme est mauvais, certes, ce que leurs âmes ont préparé, pour eux-mêmes, de sorte qu'ils ont encouru le courroux d'Allah, et c'est dans le supplice qu'ils éterniseront.

81
S'ils croyaient en Allah, au Prophète et à ce qui lui a été descendu, ils ne prendraient pas ces mécréants pour alliés. Mais beaucoup d'entre eux sont pervers.

82
Tu trouveras certainement que les Juifs et les associateurs sont les ennemis les plus acharnés des croyants. Et tu trouveras certes que les plus disposés à aimer les croyants sont ceux qui disent: « Nous sommes chrétiens. » C'est qu'il y a parmi eux des prêtres et des moines, et qu'ils ne s'enflent pas d'orgueil.

83
Et quand ils entendent ce qui a été descendu sur le Messager [Muhammad], tu vois leurs yeux déborder de larmes, parce qu'ils ont reconnu la vérité. Ils disent: « Ô notre Seigneur ! Nous croyons: inscris-nous donc parmi ceux qui témoignent (de la véracité du Coran). »

84
Pourquoi ne croirions-nous pas en Allah et à ce qui nous est parvenu de la vérité. Pourquoi ne convoitions-nous pas que notre Seigneur nous fasse entrer en la compagnie des gens vertueux ? »

85
Allah donc les récompense pour ce qu'ils disent par des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, où ils demeureront éternellement. Telle est la récompense des bienfaisants.

86
Et quant à ceux qui ne croient pas et qui traitent de mensonges Nos versets, ce sont les gens de la Fournaise.

87
Ô les croyants: ne déclarez pas illicites les bonnes choses qu'Allah vous a rendues licites. Et ne transgressez pas. Allah, (en vérité,) n'aime pas les transgresseurs.

88
Et mangez de ce qu'Allah vous a attribué de licite et de bon. Craignez Allah, en qui vous avez foi.

89
Allah ne vous sanctionne pas pour la frivolité dans vos serments, mais Il vous sanctionne pour les serments que vous avez l'intention d'exécuter. L'expiation en sera de nourrir dix pauvres, de ce dont vous nourrissez normalement vos familles, ou de les habiller, ou de libérer un esclave. Quiconque n'en trouve pas les moyens devra jeûner trois jours. Voilà l'expiation pour vos serments, lorsque vous avez juré. Et tenez à vos serments. Ainsi Allah vous explique Ses versets, afin que vous soyez reconnaissants !

90
Ô les croyants ! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination ne sont qu'une abomination, œuvre du Diable. Écartez-vous en, afin que vous réussissiez.

91
Le Diable ne veut que jeter parmi vous, à travers le vin et le jeu de hasard, l'inimitié et la haine, et vous détourner d'invoquer Allah et de la Salat. Allez-vous donc y mettre fin ?

92
Obéissez à Allah, obéissez au Messager, et prenez garde ! Si ensuite vous vous détournez... alors sachez qu'il n'incombe à Notre messager que de transmettre le message clairement.

93
Ce n'est pas un péché pour ceux qui ont la foi et font de bonnes œuvres en ce qu'ils ont consommé (du vin et des gains des jeux de hasard avant leur prohibition) pourvu qu'ils soient pieux (en évitant les choses interdites après en avoir eu connaissance) et qu'ils croient (en acceptant leur prohibition) et qu'ils fassent de bonnes œuvres; puis qui (continuent) d'être pieux et de croire et qui (demeurent) pieux et bienfaisants. Car Allah aime les bienfaisants.

94
Ô les croyants ! Allah va certainement vous éprouver par quelque gibier à la portée de vos mains et de vos lances. C'est pour qu'Allah sache celui qui Le craint en secret. Quiconque après cela transgresse aura un châtiment douloureux.

95
Ô les croyants ! Ne tuez pas de gibier pendant que vous êtes en état d'Ihram. Quiconque parmi vous en tue délibérément, qu'il compense alors, soit par quelque bête de troupeau, semblable à ce qu'il a tué, d'après le jugement de deux personnes intègres parmi vous, et cela en offrande qu'il fera parvenir à (destination des pauvres de) la Ka'aba, ou bien par une expiation, en nourrissant des pauvres, ou par l'équivalent en jeûne. Cela afin qu'il goûte à la mauvaise conséquence de son acte. Allah a pardonné ce qui est passé; mais quiconque récidive, Allah le punira. Allah est Puissant et Détenteur du pouvoir de punir.

96
La chasse en mer vous est permise, et aussi d'en manger, pour votre jouissance et celle des voyageurs. Et vous est illicite la chasse à terre tant que vous êtes en état d'Ihram. Et craignez Allah vers qui vous serez rassemblés.

97
Allah a institué la Ka'aba, la Maison sacrée, comme un lieu de rassemblement pour les gens. (Il a institué) le mois sacré, l'offrande (d'animaux,) et les guirlandes, afin que vous sachiez que vraiment Allah sait tout ce qui est dans les cieux et sur la terre; et que vraiment Allah est Omniscient.

98
Sachez qu'Allah est sévère en punition, mais aussi qu'Allah est Pardonneur et Miséricordieux.

99
Il n'incombe au Messager que de transmettre (le message). Et Allah sait ce que vous divulguez tout comme ce que vous cachez.

100
Dis: « Le mauvais et le bon ne sont pas semblables, même si l'abondance du mal te séduit. Craignez Allah, donc, Ô gens intelligents, afin que vous réussissiez. »

101
Ô les croyants ! Ne posez pas de questions sur des choses qui, si elles vous étaient divulguées, vous mécontenteraient. Et si vous posez des questions à leur sujet, pendant que le Coran est révélé, elles vous seront divulguées. Allah vous a pardonné cela. Et Allah est Pardonneur et Indulgent.

102
Un peuple avant vous avait posé des questions (pareilles) puis, devinrent de leur fait mécréants.

103
Allah n'a pas institué la Bahira, la Sâïba, la Wasîla ni le Hâm, mais ceux qui ont mécru ont inventé ce mensonge contre Allah, et la plupart d'entre eux ne raisonnent pas.

104
Et quand on leur dit: « Venez vers ce qu'Allah a fait descendre (la Révélation), et vers le Messager », ils disent: « Il nous suffit de ce sur quoi nous avons trouvé nos ancêtres. » Quoi ! Même si leurs ancêtres ne savaient rien et n'étaient pas sur le bon chemin...?

105
Ô les croyants ! Vous êtes responsables de vous-mêmes ! Celui qui s'égare ne vous nuira point si vous avez pris la bonne voie. C'est vers Allah que vous retournerez tous; alors Il vous informera de ce que vous faisiez.

106
Ô les croyants ! Quand la mort se présente à l'un de vous, le testament sera attesté par deux hommes intègres d'entre vous, ou deux autres, non des vôtres, si vous êtes en voyage dans le monde et que la mort vous frappe. Vous les retiendrez (les deux témoins), après la Salat, puis, si vous avez des doutes, vous les ferez jurer par Allah: « Nous ne faisons aucun commerce ou profit avec cela, même s'il s'agit d'un proche, et nous ne cacherons point le témoignage d'Allah. Sinon, nous serions du nombre des pécheurs. »

107
Si l'on découvre que ces deux témoins sont coupables de péché, deux autres plus intègres, parmi ceux auxquels le tort a été fait, prendront leur place et tous deux jureront par Allah: « En vérité, notre témoignage est plus juste que le témoignage de ces deux-là; et nous ne transgressons point. Sinon, nous serions certainement du nombre des injustes. »

108
C'est le moyen le plus sûr pour les inciter à fournir le témoignage dans sa forme réelle; ou leur faire craindre de voir d'autres serments se substituer aux leurs. Et craignez Allah et écoutez. Allah ne guide pas les gens pervers.

109
(Rappelle-toi) le jour où Allah rassemblera (tous) les messagers, et qu'Il dira: « Que vous a-t-on donné comme réponse ? » Ils diront: « Nous n'avons aucun savoir: c'est Toi, vraiment, le grand connaisseur de tout ce qui est inconnu. »

110
Et quand Allah dira: « Ô 'Isa (Jésus), fils de Maryam (Marie), rappelle-toi Mon bienfait sur toi et sur ta mère quand Je te fortifiais du Saint-Esprit. Au berceau tu parlais aux gens, tout comme en ton âge mûr. Je t'enseignais le Livre, la Sagesse, la Thora et l'Évangile ! Tu fabriquais de l'argile comme une forme d'oiseau par Ma permission; puis tu soufflais dedans. Alors par Ma permission, elle devenait oiseau. Et tu guérissais par Ma permission, l'aveugle-né et le lépreux. Et par Ma permission, tu faisais revivre les morts. Je te protégeais contre les enfants d'Israʾil (Israël) pendant que tu leur apportais les preuves. Mais ceux d'entre eux qui ne croyaient pas dirent: « Ceci n'est que de la magie évidente. »

111
Et quand J'ai révélé aux Apôtres ceci: « Croyez en Moi et en Mon messager ('Isa (Jésus)). » Ils dirent: « Nous croyons; et atteste que nous sommes entièrement soumis. »

112
(Rappelle-toi le moment) où les Apôtres dirent: « Ô 'Isa (Jésus), fils de Maryam (Marie), se peut-il que ton Seigneur fasse descendre sur nous du ciel une table servie ? » Il leur dit: « Craignez plutôt Allah, si vous êtes croyants. »

113
Ils dirent: « Nous voulons en manger, rassurer ainsi nos cœurs, savoir que tu nous as réellement dit la vérité et en être parmi les témoins. »

114
« Ô Allah, notre Seigneur, dit 'Isa (Jésus), fils de Maryam (Marie), fais descendre du ciel sur nous une table servie qui soit une fête pour nous, pour le premier d'entre nous, comme pour le dernier, ainsi qu'un signe de Ta part. Nourris-nous: Tu es le meilleur des nourrisseurs. »

115
« Oui, dit Allah, Je la ferai descendre sur vous. Mais ensuite, quiconque d'entre vous refuse de croire, Je le châtierai d'un châtiment dont Je ne châtierai personne d'autre dans l'univers. »

116
(Rappelle-leur) le moment où Allah dira : « Ô 'Isa (Jésus), fils de Maryam (Marie), est-ce toi qui as dit aux gens: “Prenez-moi, ainsi que ma mère, pour deux divinités en dehors d'Allah ?” » Il dira: « Gloire et pureté à Toi ! Il ne m'appartient pas de déclarer ce que je n'ai pas le droit de dire ! Si je l'avais dit, Tu l'aurais su, certes. Tu sais ce qu'il y a en moi, et je ne sais pas ce qu'il y a en Toi. Tu es, en vérité, le grand connaisseur de tout ce qui est inconnu. »

117
Je ne leur ai dit que ce que Tu m'avais commandé, (à savoir): « Adorez Allah, mon Seigneur et votre Seigneur. » Et je fus témoin contre eux aussi longtemps que je fus parmi eux. Puis quand Tu m'as rappelé, c'est Toi qui fus leur observateur attentif. Et Tu es témoin de toute chose.

118
Si Tu les châties, ils sont Tes serviteurs. Et si Tu leur pardonnes, c'est Toi le Puissant, le Sage. »

119
Allah dira: « Voilà le jour où leur véracité va profiter aux véridiques: ils auront des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux pour y demeurer éternellement. » Allah les a agréés et eux L'ont agréé. Voilà l'énorme succès.

120
À Allah seul appartient le royaume des cieux, de la terre et de ce qu'ils renferment. Et Il est Omnipotent.

Au nom de d'Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux

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Le tafsir

Deux témoignages encadrent la révélation de la sourat Al Maidah en français. Le premier est physique : Asma' Bent Yazid, rapporté par l'imam Ahmed, tenait la bride de la monture du Messager ﷺ quand la sourate entière lui fut révélée d'un coup, si pesante que la chamelle faillit plier sous le poids. Le second est chronologique : selon At-Tirmidzi d'après Abdullah Ben Amr, parmi toutes les sourates du Coran, la Table et la Victoire sont les toutes dernières à être descendues. Aïcha ajoutait que ses règles du licite et de l'illicite lient définitivement les croyants jusqu'à la fin des temps.

V.1

« Ô croyants, respectez vos engagements. » Telle est l'ouverture solennelle de la sourat Al Maidah en français. Abdullah Ben Mass'oud, cité par Ibn Abi Hatem d'après Ma'n et 'Aouf, en avait tiré une règle d'écoute : chaque fois que retentit cet appel dans le Coran, attends une prescription ou une interdiction. Cette pédagogie d'Ibn Mass'oud trouvait son illustration dans la lettre du Messager ﷺ à Amr Ben Hazm nommé gouverneur du Yémen, dont l'en-tête même reprenait cet appel aux engagements (Rapporté par Ibn Abi Hatem).

Deux lectures sont attestées pour le mot « engagements ». Ibn Abbas y voit les pactes humains ; Ad-Dahak y voit les prescriptions divines elles-mêmes, c'est-à-dire l'ensemble du licite, de l'illicite et des lois coraniques. Le manquement à ces engagements attire la sentence de S.13, V.25 : la malédiction d'Allah sur ceux qui brisent les liens qu'Il a noués. Pour les troupeaux mentionnés dans ce verset, Ibn Abbas et Ibn Omar précisent que le fœtus extrait du ventre d'une mère égorgée est licite, son égorgement étant couvert par celui de sa mère ; Abou Sa'id rapporte avoir eu la confirmation directe du Messager ﷺ.

V.2

Quatre objets de sacralisation sont nommés au début de la sourat Al Maidah en français : le mois saint, les offrandes, les victimes ornées, et les pèlerins en route vers la Maison. Ibn Abbas identifie tout cela aux rites du pèlerinage ; Qatada y ajoute As-Safa et Al-Marwa. Sur les mois sacrés, Abou Bakra a transmis dans le Sahih de Boukhari le serment public du Messager ﷺ lors du pèlerinage de l'adieu : Zoul-Ka'da, Zoul-Hijja et Mouharram sont les trois consécutifs, et Rajab de Moudar le quatrième.

Le débat entre ulémas sur le combat en mois sacré penche, pour la majorité, vers l'abrogation par S.9, V.5, qui autorise de combattre les idolâtres sans période d'exception. L'impératif d'entraide que ce verset de la sourat Al Maidah en français pose est précisé par un hadith conservé dans les deux Sahihs d'après Anas Ben Malek : secourir son frère qu'il soit opprimeur ou opprimé ; dans le premier cas, l'arrêter avant le péché, c'est déjà le secourir (Rapporté par Boukhari et Ahmed).

V.3

Huit interdits alimentaires forment le cœur de ce verset de la sourat Al Maidah en français : la bête morte de mort naturelle, le sang versé, la chair du porc, la bête égorgée en invoquant un autre nom qu'Allah, la bête étranglée, la bête assommée, la bête tombée d'une hauteur ou encornée, et enfin la bête déchirée par un fauve sans que la saignée ait été pratiquée à temps. La souillure du porc, qu'il soit domestique ou à l'état sauvage comme le sanglier, est inscrite dans le texte coranique lui-même. Le Messager ﷺ formulait dans le Sahih de Mouslim une comparaison saisissante : le joueur de trictrac revient à plonger sa main dans la chair et le sang du porc.

Ce verset de la sourat Al Maidah en français est également celui qui scelle la complétude de l'Islam : « J'ai mis votre religion complètement au point. » As-Souddy situe la révélation au jour d'Arafat. Ibn Kathir conserve un échange mémorable : un juif dit à Omar que si cette parole leur était descendue, ils en auraient célébré le jour comme une fête. Omar rétorqua : ce jour-là était déjà une double fête pour les musulmans, vendredi et Arafat réunis.

V.4

La règle sur la chasse avec les carnassiers dressés est posée dans ce verset de la sourat Al Maidah en français : est licite ce que le chien, le guépard, le faucon ou l'épervier bien entraîné saisit pour son maître. Le dressage est la condition sine qua non ; si un animal tiers intervient dans la capture, la proie devient illicite car le nom d'Allah n'a été invoqué que sur l'animal mandaté. 'Ady Ben Hatem avait posé la question avec précision, et le Messager ﷺ lui avait répondu avec la même précision dans les deux Sahihs : « Lance ton chien dressé avec le nom d'Allah sur les lèvres et mange ce qu'il saisit » (Rapporté par Boukhari et Mouslim).

Le nom d'Allah avant le repas est une obligation à part entière dans la sourat Al Maidah en français. L'oubli en début de repas se répare par la formule du milieu : « Au nom d'Allah au début et à la fin » (Rapporté par Ahmed d'après Aïcha). Un hadith de Mouslim précise que si le maître de maison prononce le nom d'Allah en entrant, Satan se retrouve privé de gîte et de repas pour la nuit.

V.5

La licéité des aliments des gens du Livre repose, selon Ibn Abbas et l'unanimité des ulémas, sur le fait qu'ils égorgent leurs bêtes au nom d'Allah. La sourat Al Maidah en français précise que la réciprocité est de mise : les viandes des musulmans leur sont également permises. Sur le mariage avec leurs femmes vertueuses, la sourat Al Maidah en français pose trois conditions : la dot, la chasteté, et l'exclusion de toute relation clandestine ou vénale. Ibn Omar estimait l'union déconseillée, invoquant S.2, V.221 ; mais la majorité des compagnons distinguaient les polythéistes, visés par ce verset, des gens du Livre qui en sont exemptés. Jaber Ben Abdullah, Ibrahim Al-Nak'i et Al-Hassan Al-Basri précisent que l'adultère commis par la femme du Livre avant la consommation du mariage entraîne séparation et restitution de la dot.

V.6

La prescription des ablutions dans la sourat Al Maidah en français s'ouvre sur l'intention, condition préalable à tout acte cultuel selon le principe fondateur rapporté par Boukhari et Mouslim d'après Omar Ben Al-Khattab. Cinq actes constituent les ablutions mineures : laver le visage, laver les mains et les avant-bras jusqu'aux coudes, essuyer la tête, laver les pieds jusqu'aux chevilles. La lotion totale s'impose en cas d'impureté majeure. Sur la tête, Malek et Ahmed Ben Hanbal imposent l'essuyage total ; les Hanafites admettent un quart.

Sur les pieds, la sourat Al Maidah en français tranche un débat longtemps agité. Le Messager ﷺ aperçut lors d'un retour de La Mecque des talons restés secs et lança l'avertissement des deux Sahihs : « Malheur aux talons, qu'ils redoutent le feu ! Faites les ablutions intègres » (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Ali Ben Abi Taleb confirma l'obligation. Abou Houraira rapporte la promesse prophétique : les membres touchés par l'ablution brilleront au Jour de la Résurrection.

V.7

Le pacte évoqué dans ce verset de la sourat Al Maidah en français est celui qu'Allah a conclu avec les croyants : ils ont dit « nous avons entendu et nous obéissons. » Cette parole engage à témoigner avec équité, à résister à la tentation de l'injustice dictée par la haine, et à toujours craindre Allah qui connaît les intentions cachées.

V.8-11

L'équité envers l'ennemi est le thème central de ce passage de la sourat Al Maidah en français. Trois catégories d'hommes detestés d'Allah sont mentionnées dans un hadith de Boukhari d'après Ibn Abbas, parmi lesquelles celui qui transpose en Islam les règles de la Jahiliyya et celui qui réclame à tort le sang d'un autre. Le verset 9 ouvre la promesse d'un pardon immense pour les croyants qui agissent bien, tandis que le verset 10 annonce l'enfer aux négateurs. Le verset 11 convoque un souvenir concret : une armée ennemie avait tendu la main contre les croyants, et Allah l'en avait retirée.

V.12

Douze chefs d'Israël avaient signé avec Allah un pacte dans la sourat Al Maidah en français. Allah leur avait envoyé des Prophètes, accordé des rois, honoré leur peuple au-dessus des autres. Ils rompirent l'alliance. Ibn Kathir souligne ici une logique de restauration : lorsque le Messager ﷺ exposait aux gens du Livre des vérités tirées de leurs propres Livres, il ne les inventait pas. L'affaire de la lapidation en est l'exemple : les juifs l'avaient enfouie dans leur Torah, et le Prophète ﷺ la rétablit d'après leur propre texte (Rapporté par Ibn Jarir).

V.13

La malédiction et le durcissement des cœurs : telles sont les deux sanctions infligées aux fils d'Israël pour la rupture de leur alliance dans la sourat Al Maidah en français. Ces cœurs durs déplacent les mots coraniques et bibliques de leurs sens, et ont laissé tomber dans l'oubli des pans entiers de leur propre enseignement. L'exégèse précise néanmoins qu'un repentir leur reste accessible si Allah l'accorde.

V.14

Les chrétiens sont frappés du même verdict dans la sourat Al Maidah en français : ils ont laissé tomber une partie des enseignements qui leur avaient été transmis. En réponse, Allah a semé entre eux une inimitié et une rancune qui dureront jusqu'au Jour dernier, une prédiction que l'histoire des querelles et schismes entre sectes chrétiennes n'a cessé de vérifier.

V.15-16

La mission du Messager ﷺ telle que la sourat Al Maidah en français la définit envers les gens du Livre est double : dévoiler ce qu'ils cachaient, et apporter la lumière du Coran. Ibn Abbas citait la lapidation parmi les vérités dissimulées. Le Coran est ensuite présenté comme une guidance et une lumière : par lui, Allah conduit vers les chemins de la paix ceux qui recherchent Sa satisfaction, les faisant sortir des ténèbres vers la pleine clarté.

V.17-19

La sourat Al Maidah en français déploie trois argumentations pour réfuter les égarements théologiques. Première réfutation : déclarer qu'Allah est le Messie fils de Marie est une impiété manifeste, car si Allah avait voulu l'anéantir lui, sa mère et toute la création, rien ne L'en aurait empêché. Deuxième réfutation : la prétention d'être les fils et bien-aimés d'Allah s'effondre devant la réalité du châtiment qu'ils subissent pour leurs péchés. Un soufi cité par Ibn Kathir interrogea un théologien là-dessus : « Où le Coran affirme-t-il que l'amant ne châtie pas son bien-aimé ? » Troisième réfutation : après les 560 ans séparant Jésus et Mohammed ﷺ, selon Qatada et Salman Al-Farissi, le Messager ﷺ fut envoyé pour que les hommes n'aient plus d'excuse. Il est le plus proche des hommes de Jésus, sans Prophète intermédiaire, comme il le dit dans le Sahih de Boukhari d'après Abou Houraira.

V.20-26

Allah avait distingué les fils d'Israël au-dessus des peuples de leur époque : Il avait suscité des Prophètes parmi eux, fait d'eux des rois et leur avait accordé ce qu'Il n'avait donné à aucun autre. Moïse ﷺ, dans ces versets de la sourat Al Maidah en français, leur ordonna d'entrer en Terre Sainte. Leur refus fut brutal : « Va, toi et ton Seigneur, et combattez. Nous attendons ici. » Ibn Kathir place face à cette lâcheté le courage de Sa'd Ben Mou'adz à Badr, disant au Messager ﷺ que les croyants le suivraient même jusqu'à la mer. La punition des fils d'Israël fut l'errance de quarante ans : ni Moïse ni Haroun, qui périrent dans le désert, ne connurent la Terre Promise. Ce fut Youcha' Ben Noun qui, à la tête de la génération suivante, conquit finalement Jérusalem.

V.27-31

Le premier meurtre de l'histoire humaine est raconté dans la sourat Al Maidah en français. As-Souddy précise, d'après Ibn Abbas et Ibn Mass'oud, que l'origine du conflit était une femme : la coutume voulait que chaque fils d'Adam épousât la sœur jumelle de l'autre, et la sœur jumelle de Caïn était plus belle. Allah trancha par l'offrande : celle d'Abel, une belle femelle de troupeau, fut acceptée ; celle de Caïn, une gerbe dont il avait gardé les meilleurs grains pour lui, fut rejetée. Abel refusa de répliquer à la violence : « Je crains Allah, le maître des univers. » Le Messager ﷺ éclaire dans les deux Sahihs cette posture : si deux hommes s'affrontent avec l'épée et que les deux cherchent à tuer, meurtrier et tué iront tous deux en Enfer (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Honteux après son acte, Caïn fut instruit par un corbeau creusant la terre : « Suis-je incapable de faire ce que fait cet oiseau ? »

V.32-34

Tuer un homme sans droit équivaut à tuer l'humanité entière ; sauver une vie équivaut à les sauver toutes. Ce principe de la sourat Al Maidah en français n'est pas une formule abstraite : Abou Houraira en fit usage pour convaincre 'Othman, cerné dans sa maison, de ne pas déclencher le combat, et 'Othman l'entendit. La peine des Hirabites comprend quatre options laissées à l'appréciation du juge : mise à mort, crucifixion, section de la main et du pied croisés, ou exil. Anas Ben Malek rapporte dans les deux Sahihs l'exemple concret des huit hommes de 'Okal qui assassinèrent le berger du Prophète ﷺ et furent châtiés selon toute la rigueur de cette peine.

V.35

Trois actes sont prescrits dans ce verset de la sourat Al Maidah en français : craindre Allah, rechercher les moyens de se rapprocher de Lui, et combattre dans Sa voie. Les moyens de rapprochement sont, selon les exégètes, l'ensemble des actes d'obéissance sincère par lesquels le serviteur resserre son lien avec son Seigneur.

V.36-40

Même si les incrédules possédaient deux fois le contenu de la terre entière, aucun de ces trésors ne leur serait accepté en rançon le Jour du Jugement : telle est l'ouverture de ce passage de la sourat Al Maidah en français. La peine du vol suit : couper la main de qui dérobe au-delà du seuil légal dans un lieu sécurisé. La clémence divine referme le passage : le repentir sincère accompagné d'amendement rouvre la porte de la miséricorde d'Allah.

V.41-43

Ce sont les manœuvres judiciaires des hypocrites et des juifs que la sourat Al Maidah en français expose ici. Un groupe de juifs médinois s'était présenté au Messager ﷺ pour lui demander de trancher un cas d'adultère, espérant que sa sentence épargnerait la lapidation inscrite dans leur Torah. Ibn Jarir rapporte que le Messager ﷺ obtint la reconnaissance du savant Ibn Soriam : la lapidation était bien dans leur Livre, qu'ils avaient caché. La réponse de la sourat Al Maidah en français est sans équivoque : juger d'après ce qu'Allah a révélé est une obligation absolue.

V.44

La Torah est qualifiée de guidance et de lumière dans la sourat Al Maidah en français, descendue sur Moïse et conservée par des prophètes et des savants rabbiniques. Le jugement solennel qui suit distingue trois degrés pour ceux qui s'écartent de la Parole d'Allah : l'impiété, l'injustice, et la désobéissance, selon les circonstances et les intentions propres à chaque cas.

V.45-46

La loi du talion inscrite dans la Torah et rappelée dans la sourat Al Maidah en français énumère les équivalences : vie contre vie, œil contre œil, nez contre nez, oreille contre oreille, dent contre dent. Renoncer à son droit par générosité constitue une expiation personnelle. Jésus fils de Marie vint ensuite confirmer la Torah, apportant l'Évangile comme lumière supplémentaire et assouplissant certaines règles par miséricorde.

V.47-50

Les gens de l'Évangile sont tenus par la sourat Al Maidah en français de juger conformément à ce qu'Allah y a révélé, sous peine d'être comptés parmi les désobéissants. Le Coran est venu ensuite, à la fois confirmateur des révélations précédentes et garant de leur authenticité. La sourat Al Maidah en français rappelle la tentative de Ka'b Ben Assad et ses compagnons : ils proposèrent au Messager ﷺ de croire en lui si son jugement leur était favorable. Il refusa. La conclusion est sans appel : chercher un jugement autre que celui d'Allah revient à vouloir le jugement de la Jahiliyya.

V.51-53

La ligne de fracture entre croyants solides et croyants chancelants apparaît dans la sourat Al Maidah en français à travers un épisode précis. Ibn Abbas et As-Souddy rapportent qu''Oubada Ben As-Samet rompit ses alliances avec les juifs devant le Messager ﷺ, tandis qu'Abdullah Ben Oubay s'y accrocha par peur des revers. Les malades du cœur couraient chercher protection chez les juifs et les chrétiens en prétextant la crainte des revirements. La réponse divine : ils verront leur erreur le jour où la victoire islamique ou la capitulation des juifs de Médine les exposera à la stupeur des vrais croyants.

V.54-56

Trois qualités caractérisent ceux qu'Allah susciterait si les croyants apostasiaent, selon ce verset de la sourat Al Maidah en français : l'amour mutuel entre Allah et eux, la douceur envers les croyants, la fermeté envers les incrédules. Al-Hassan les identifie aux compagnons d'Abou Bakr. L'imam Ahmed rapporte d'après Abou Sa'id Al-Khoudri un hadith du Messager ﷺ : parmi ses recommandations figure celle de ne jamais laisser la crainte des hommes empêcher de dire la vérité à leur sujet (Rapporté par Ahmed). La victoire de ce parti est garantie par la parole divine dans Al Mujadala.

V.57-58

L'alliance avec ceux qui raillent la religion est formellement déconseillée dans la sourat Al Maidah en français. Ibn Kathir cite un exemple édifiant : un chrétien de Médine se moquait régulièrement de l'appel à la prière ; il périt dans l'incendie de sa demeure cette nuit même. Les deux Sahihs rapportent que Satan fuit au son de l'adhân, revient dès que l'appel se tait, puis se glisse à nouveau entre le fidèle et sa concentration au moment où la prière commence.

V.59-63

Le Messager ﷺ est invité par la sourat Al Maidah en français à renvoyer les gens du Livre à leur propre bilan. Ce qu'ils lui reprochent se résume à croire en Allah et en Ses révélations. Mais leur sort passé est autrement plus grave : ils comptent parmi ceux qu'Allah a maudits, transformés en singes et en porcs et asservis au Taghout. À la question sur ces animaux, le Messager ﷺ répondit dans le Sahih de Mouslim qu'Allah ne châtie pas un peuple en lui accordant une descendance et que ces espèces existaient déjà avant la transformation. Ibn Abbas estimait que le verset condamnant les rabbins et docteurs de la Loi pour leur silence était parmi les plus sévères du Coran.

V.64-66

Le Messager ﷺ rapporte dans les deux Sahihs la réfutation divine à l'accusation d'avarice portée par les juifs contre Allah : « La main d'Allah est pleine, et aucune dépense perpétuelle nuit et jour ne saurait l'épuiser. » Finhas avait dit, selon Ikrima, qu'Allah était pauvre. La réponse de la sourat Al Maidah en français est éclatante : les mains d'Allah sont largement ouvertes. Pour cette calomnie et leur persévérance dans l'agitation guerrière, Allah a instauré parmi les juifs une hostilité et une rancœur durables jusqu'au Jour dernier.

V.67

Ce verset de la sourat Al Maidah en français comporte une double garantie : la protection divine du Messager ﷺ, et l'obligation de transmettre la révélation sans en rien taire. La preuve que le Messager ﷺ n'a rien caché est apportée par Aïcha dans les deux Sahihs : si jamais il avait voulu dissimuler quoi que ce soit, c'eût été le verset le plus pénible pour lui personnellement, S.33, V.27, qu'il transmit néanmoins. Ali Ben Abi Taleb précisa que rien n'avait été retenu en secret, hormis une compréhension approfondie accordée par Allah à certains (Rapporté par Boukhari). Avant ce verset, des gardes veillaient sur le Prophète ﷺ la nuit ; il les congédia à sa révélation.

V.68-69

Le socle sur lequel les gens du Livre sont censés s'appuyer est précisé dans la sourat Al Maidah en français : observer la Torah, l'Évangile et le Coran, identifié par Moujahed comme la révélation qui leur a été envoyée avec Mohammed ﷺ. Ibn Jarir rapporte que Rafe' et ses compagnons juifs affirmèrent au Messager ﷺ suivre leurs Livres, et qu'il leur répondit qu'ils en cachaient et altéraient le contenu. La promesse universelle du verset 69 est adressée à tous : juifs, chrétiens, Sabéens, quiconque croit sincèrement en Allah et au Jour dernier et fait le bien sera épargné de toute crainte, à condition d'avoir accepté la mission de Mohammed ﷺ.

V.70-71

La sourat Al Maidah en français décrit une spirale récurrente dans l'histoire des fils d'Israël : Allah prenait d'eux une alliance, ils l'honoraient un temps, puis revenaient à la rebellion. Chaque Prophète qui leur apportait des révélations contraires à leurs désirs était soit démenti, soit tué. Ibn Kathir y voit une cécité volontaire, une surdité entretenue, une récidive dans l'erreur. Allah assiste à tout et retient tout.

V.72-75

La sourat Al Maidah en français établit trois preuves de l'impiété de ceux qui divinisent le Messie. Première preuve : Jésus lui-même ordonnait à ses contemporains d'adorer Allah, son Seigneur et le leur, et annonçait l'exclusion du Paradis pour quiconque Lui donne des associés. Deuxième preuve : la Trinité sous toutes ses formes, melchite, jacobite ou nestorienne, constitue un égarement selon Ibn Jarir. Troisième preuve, la plus simple : Jésus et sa mère se nourrissaient tous deux d'aliments, preuve irréfutable de leur humanité.

V.76-81

Ce passage de la sourat Al Maidah en français articule deux reproches aux gens du Livre. D'abord, leurs idoles sont incapables de nuire ou de profiter : à quoi sert-il de les adorer ? Ensuite, leurs rabbins et docteurs ont failli à leur devoir d'interdire le mal, entretenant des relations avec les pécheurs sans les reprendre. L'imam Ahmed rapporte d'après Abdullah Ben Mass'oud que le Messager ﷺ attribuait précisément à cette complaisance l'animosité mutuelle qui frappa les fils d'Israël (Rapporté par Ahmed). Ce manquement des ulémas fait écho à l'obligation coranique rappelée dans les deux Sahihs : corriger le répréhensible par la main, puis par la parole, puis dans le cœur, ce dernier étant selon Mouslim le minimum de la foi.

V.82-86

Parmi les communautés au contact de l'Islam, la sourat Al Maidah en français trace une ligne de démarcation nette. D'un côté, l'hostilité la plus marquée vient des juifs et des polythéistes. De l'autre, la proximité affective la plus forte vient de ceux qui se disent chrétiens, en raison de leurs prêtres et moines et de leur humilité foncière. Ibn Abbas et Sa'id Ben Joubayr situent la révélation dans la visite d'une délégation de Négus : en entendant le Coran, ses membres pleurèrent et se convertirent. Qatada y voit aussi les chrétiens restés fidèles à la religion de Jésus telle qu'elle était avant l'altération. Leur récompense : des jardins sous lesquels coulent des ruisseaux, pour toujours.

V.87-88

La sourat Al Maidah en français tranche : s'imposer des privations que Allah n'a pas prescrites est une erreur. Ibn Abbas précise que ce verset fut révélé quand certains compagnons projetaient de se faire castrer et de vivre comme des moines. Le Messager ﷺ les convoqua et déclara que lui-même jeûnait et rompait le jeûne, priait et dormait, mangeait de la viande et épousait des femmes, et que quiconque s'écartait de sa Sunna n'était plus des siens (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Ibn Mass'oud appliqua ce principe en rappelant à un homme qui s'était interdit la viande qu'il devait manger, expier son serment et réciter ce verset.

V.89

Trois niveaux d'expiation sont proposés dans la sourat Al Maidah en français pour le serment violé : nourrir dix pauvres selon ses moyens, les vêtir, ou affranchir un esclave croyant. Qui n'en est pas capable jeûne trois jours. La condition de foi de l'esclave est exigée par Chafé'i et d'autres, en s'appuyant sur le hadith de Mou'awia Ben Hakam dans les recueils de Malek et Mouslim : le Messager ﷺ avait testé la foi d'une esclave en la questionnant sur Allah et sur lui-même, puis avait ordonné son affranchissement en disant qu'elle était croyante. Ali et Omar précisent que le repas des dix pauvres comprend un déjeuner et un dîner.

V.90-93

La sourat Al Maidah en français est le troisième et dernier acte de l'interdiction du vin dans le Coran. L'imam Ahmed rapporte d'après Abou Houraira le déroulement : une première révélation en S.2 décrit ses dangers ; une deuxième en S.4 interdit de prier en état d'ivresse ; la troisième, ce verset, prononce une condamnation totale : vin, jeux de hasard, idoles et flèches divinatoires sont une abomination de Satan à fuir absolument. Omar Ben Al-Khattab attendait à chaque étape une sentence plus claire ; à la troisième il s'écria : « Nous y renonçons. » La malédiction prophétique s'étend, selon Ahmed d'après Ibn Omar, à dix personnes liées au vin : le buveur, le verseur, le vendeur, l'acheteur, le porteur et celui qui tire profit de sa vente.

V.94-95

La mise à l'épreuve des pèlerins en état de sacralisation est au cœur de la sourat Al Maidah en français. Mouqatel Ben Hayan la situe lors de la visite pieuse d'Al-Houdaybya : des gibiers abondaient à portée de main, mais Allah les avait interdits pour distinguer ceux qui Le craignent en secret des autres. Tuer un gibier à l'état de sacralisation appelle une réparation à trois options : un animal du troupeau équivalent immolé à La Mecque, estimé par deux hommes probes ; ou une expiation alimentaire au profit des pauvres ; ou un jeûne. Ibn Abi Hatem rapporte qu'Abou Bakr, interrogé par un bédouin, s'associa à Oubay Ben Ka'b pour l'évaluation, conformément au verset qui mentionne « deux hommes parmi les justes ».

V.96-99

Le gibier de mer est entièrement licite dans la sourat Al Maidah en français, qu'il soit pris vivant ou rejeté mort sur le rivage, pour le voyageur comme pour le sédentaire. L'imam Malek rapporte l'épisode de l'armée de trois cents hommes commandée par Abou Oubayda Ben Al-Jarrah, dont les provisions s'étaient épuisées au bord de la mer : un cachalot gigantesque s'échoua et les nourrit pendant dix-huit jours. À leur retour, le Messager ﷺ dit que c'était une nourriture accordée par Allah et en mangea lui aussi (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Allah a établi la Ka'ba comme centre de paix pour les hommes, et le compte de tous leurs actes Lui revient.

V.100

Ce verset de la sourat Al Maidah en français répond à une question sur la valeur comparative du licite et de l'illicite. Al-Wahidi rapporte qu'un nomade demanda si le profit de la vente du vin pouvait servir à affranchir des esclaves. Le Messager ﷺ répondit qu'Allah n'accepte que ce qui est bon. L'exégète tire la leçon : quelle que soit son abondance, l'illicite ne vaut rien ; quelle que soit sa rareté, le licite vaut tout.

V.101-102

Ce passage de la sourat Al Maidah en français met en garde contre deux formes de curiosité déplacée. La première : poser des questions dont la réponse risque de causer de la peine. Boukhari rapporte qu'un homme demanda publiquement au Messager ﷺ qui était son père, et qu'il lui répondit. La deuxième : s'obstiner à demander ce qu'Allah a gardé dans le silence. Le Messager ﷺ formulait dans les deux Sahihs un principe général : « Laissez-moi tranquille tant que je vous laisse tranquilles. » Darqoutni rapporte que ce silence divin sur certaines choses est une miséricorde, non un oubli.

V.103-104

Quatre pratiques animales de la Jahiliyya sont réfutées dans la sourat Al Maidah en français. La Bahira, la Saïba, la Ouassila et le Ham constituaient autant de prétendues consécrations d'animaux aux idoles, toutes qualifiées de mensonges forgés contre Allah. Abou Houraira rapporte dans le Sahih de Boukhari et Mouslim que le Messager ﷺ dit avoir vu 'Amr ibn Luhayy Al-Khouza'i, l'initiateur de la Saïba, traîner ses entrailles en Enfer (Rapporté par Boukhari n°4623 et Mouslim n°2856). Invoquer les ancêtres n'est pas une justification : comment s'appuyer sur des pères qui ne savaient rien ?

V.105

La sourat Al Maidah en français prononce la responsabilité personnelle de chaque croyant : l'égarement d'autrui ne nuit pas à celui qui est dans la droite voie. Abou Bakr avait avisé les fidèles en chaire de ne pas se méprendre : ce verset ne suspend pas l'obligation d'ordonner le bien et de déconseiller le mal, car le Messager ﷺ précisait qu'une communauté qui voit le mal sans le corriger s'expose à un châtiment collectif (Rapporté par Ahmed, Ibn Maja et autres). Ibn Mass'oud annonçait que le verset trouverait sa pleine application quand les cœurs se diviseraient et que la violence entre croyants s'installerait.

V.106-108

Un cas de figure exceptionnel est traité dans la sourat Al Maidah en français : le testament signé en voyage en présence de témoins non musulmans. Ibn Abbas transmet l'histoire de Tamim Ad-Dari et 'Ady Ben Bida' qui héritèrent les effets d'un voyageur décédé ; soupçonnés d'avoir dissimulé une coupe en or, ils prêtèrent serment d'innocence, mais la coupe fut retrouvée en leur possession (Rapporté par Tirmidzi et Abou Daoud). La solution coranique : deux proches héritiers prêtent serment pour les remplacer. Ibn Jarir et l'imam Ahmed sont formels : ce verset n'a pas été abrogé.

V.109

La sourat Al Maidah en français projette les croyants vers le Jour de la Résurrection : Allah interrogera chaque Prophète sur sa communauté, et tous répondront qu'ils ne savent pas, renvoyant la science à Allah seul. Moujahed, Al-Hassan Al-Basri et As-Souddy expliquent cette réponse par la saisissement que causera la majesté divine en ce Jour, où les Prophètes eux-mêmes s'en remettront entièrement à Celui qui connaît les mystères.

V.110-111

La sourat Al Maidah en français dresse la liste des bienfaits accordés à Jésus fils de Marie : la parole au berceau, le livre, la sagesse, la Torah et l'Évangile, la création d'oiseaux d'argile animés par son souffle avec la permission divine, la guérison des aveugles de naissance et des lépreux, la résurrection des morts, et la protection contre les comploteurs d'Israël. L'expression « esprit de sainteté » désigne Gabriel ﷺ selon l'exégète. Les apôtres, auxquels Allah révéla l'ordre de croire en Lui et en Jésus, répondirent : « Nous croyons. Sois témoin que nous sommes soumis. »

V.112-115

La sourat Al Maidah en français doit son nom à cet épisode : une table garnie, descendue du ciel à la demande des apôtres. Ibn Abbas rapporte que Jésus imposa d'abord un jeûne de trente jours à ses disciples, après quoi ils invoquèrent. Jésus pria : « Ô Allah notre Maître, fais descendre sur nous une table du ciel qui soit une fête, du premier au dernier d'entre nous, et un signe de Toi. » Allah répondit positivement, en assortissant l'accord d'une mise en garde sévère : quiconque mécroirait après cela subirait un châtiment sans précédent dans toute la création. As-Souddy rapporte que les convives transgressèrent l'interdiction de faire des provisions et furent transformés en singes et en porcs. Les ulémas s'accordent en majorité sur la réalité de la descente.

V.116-118

Le dialogue entre Allah et Jésus au Jour de la Résurrection est l'un des moments les plus graves de la sourat Al Maidah en français. Allah lui demande s'il a jamais dit aux hommes de le prendre pour divinité avec sa mère. Jésus désavoue : il n'a dit que ce qu'Allah lui avait ordonné, à savoir adorer Allah, son Seigneur et le leur. Il reconnaît avoir été le témoin de sa communauté de son vivant, mais plus après sa montée vers Allah. Ibn Assaker rapporte d'après Abou Moussa Al-Ach'ari qu'au Jour de la Résurrection les chrétiens affirmeront devant Jésus avoir suivi ses enseignements en le divinisant, et qu'il les renverra à la preuve d'Allah avant qu'ils soient conduits au Feu. Jésus remet tout à la souveraineté divine : « Si Tu les châties, ce sont Tes sujets. Si Tu leur pardonnes, Tu es Auguste et Sage. » L'imam Ahmed rapporte d'après Abou Dzarr que le Messager ﷺ récita ce verset toute une nuit. Il expliqua au matin qu'il avait intercédé pour sa communauté et qu'Allah l'avait exaucé.

V.119-120

Le triomphe des sincères clôt la sourat Al Maidah en français : « Ce jour-là, leur sincérité profitera aux sincères. » Des jardins parcourus de ruisseaux les attendent pour l'éternité, et la satisfaction d'Allah est au-dessus de tout. Ibn Abi Hatem rapporte d'après Anas que le Messager ﷺ dit qu'Allah se manifesterait aux gens du Paradis et leur demanderait ce qu'ils souhaitent. Ils répondraient : Ta satisfaction. Il leur dirait qu'elle leur est acquise. Puis Il les prendrait à témoins de cette satisfaction parfaite et définitive. La sourat Al Maidah en français s'achève sur une affirmation de la toute-puissance d'Allah : l'empire des cieux, de la terre et de tout ce qu'ils renferment Lui appartient. Ibn Wahb l'a dit : cette sourate est la dernière à avoir été révélée.

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