V.1
Le premier verset pose d'emblée la question de l'authenticité de la révélation coranique. L'enseignement central de ce passage, selon la sourate Le Tonnerre commentée par Ibn Kathir, est que ce Livre descend sans le moindre doute de la part d'Allah. Ce que le Seigneur a fait parvenir au Prophète ﷺ constitue la vérité absolue. La majorité des hommes pourtant demeure dans l'incrédulité, malgré les preuves irréfutables et les signes évidents, en raison de leur obstination et de leur hypocrisie, ainsi que l'établit S.XII, V.103.
V.2
À propos de ce verset, l'exégète développe une démonstration de la puissance souveraine d'Allah. Les cieux ont été élevés sans piliers visibles, par la seule volonté et la seule puissance d'Allah, à une hauteur que nul ne peut concevoir. Le ciel enveloppe la terre de toutes parts, et la distance entre la terre et le premier ciel équivaut à cinq cents années de marche. Dans la sourate Le Tonnerre, Ibn Kathir cite ce hadith : les sept cieux, ce qu'ils contiennent et ce qu'il y a entre eux et le Siège sont semblables à un anneau jeté dans un désert, et le Siège lui-même dans le Noble Trône est cet anneau. Pour la question de l'établissement d'Allah sur Son Trône, l'exégète renvoie au V.54 de la sourate Al-A'raf. Le soleil et la lune ont été assujettis et poursuivent leur course jusqu'à l'Heure Suprême, Allah les ayant cités comme les deux astres les plus visibles parmi tous, pour que les hommes arrivent à la certitude de Sa rencontre.
V.3-4
Après le monde céleste, l'exégèse de la sourate Le Tonnerre se tourne vers le bas monde. La terre a été étendue en longueur et en largeur, parcourue de montagnes élevées et de cours d'eau qui font naître différentes plantations aux couleurs, saveurs et formes variées. Le jour et la nuit se relaient sans interruption tout au long des saisons. Ibn Kathir attire ensuite l'attention sur la diversité des sols : un terrain fertile produit des plantations utiles aux hommes, tandis qu'un autre, juxtaposé au premier, est salin et stérile. Des parcelles voisines présentent des couleurs entièrement différentes : rouge, blanche, ocre ou noire. Des vignes, des champs de blé et des palmiers aux troncs emmêlés ou non sont tous arrosés de la même eau, et leurs fruits diffèrent pourtant en saveur, couleur, odeur et forme. Voilà autant de signes pour ceux qui réfléchissent.
V.5
La question posée ici est celle du reniement de la résurrection par les polythéistes. Allah s'adresse à Son Prophète ﷺ : si ce reniement t'étonne malgré toutes les preuves présentées, sache que toutes choses ont été créées de rien au commencement. Ces hommes s'exclament pourtant : comment pourrions-nous revenir à la vie une fois devenus poussière ? La sourate Le Tonnerre, selon Ibn Kathir, répond à cette question en soulignant que la création des cieux et de la terre surpasse en grandeur celle des hommes, et que Celui qui a créé les hommes une première fois est capable de les recréer, comme le confirme S.XLVI, V.33. La triste fin de ces incrédules est ensuite décrite : le cou enchaîné dans un carcan, ils seront précipités dans le Feu pour l'éternité.
V.6
Ce passage traite de l'impatience des mécréants à voir venir le châtiment. Poussés par leur obstination, ils demandaient de hâter le malheur avant le bienfait, comme l'évoquent S.LXX, V.1, S.XLII, V.18 et S.XXXVIII, V.16. Des peuples passés ont connu un sort identique, anéantis par Allah à cause de leur impiété. Cependant, Allah accorde un délai aux hommes pour qu'ils s'amendent, car selon S.XXXV, V.45, s'Il punissait les hommes selon leurs actes, il ne resterait plus âme qui vive sur terre. L'équilibre entre crainte et espérance, clémence et châtiment, est au cœur de la sourate Le Tonnerre selon Ibn Kathir. Sa'id Ben Al-Moussaïba rapporte que lors de la révélation de ce verset, le Prophète ﷺ déclara : sans la clémence et le pardon d'Allah, nul n'aurait goûté au plaisir de la vie ; sans Ses menaces et Son châtiment, tout individu se serait fié à Allah (rapporté par Ibn Abi Hatem).
V.7
Les idolâtres réclamaient un signe miraculeux, comme le reçurent les Prophètes avant le Prophète ﷺ. Ils l'avaient même défié en lui demandant de transformer le mont As-Safa en or, de déplacer les montagnes ou de transformer le désert en jardins irrigués. La réponse d'Allah dans la sourate Le Tonnerre est que la mission du Prophète ﷺ se borne à l'avertissement et à la transmission du message, car il n'est pas chargé de diriger les hommes : c'est Allah qui guide qui Il veut. S.XVII, V.59 précise qu'il n'y a plus de miracles parce que les générations passées n'y ont pas cru. Quant à l'expression "chaque peuple a son guide", Ibn Abbas comprend que Muhammad ﷺ est l'avertisseur et qu'Allah est le guide des peuples ; Malek précise quant à lui que chaque peuple dispose d'un guide qui l'appelle à Allah.
V.8-9
La science d'Allah embrasse toute chose sans exception. Rien ne Lui est caché, pas même ce que porte chaque femelle, qu'il s'agisse d'un garçon ou d'une fille, d'une longue vie ou d'une courte, d'un destin heureux ou malheureux. D'après Ibn Mass'oud, le Prophète ﷺ a dit : chacun de vous demeure quarante jours dans le ventre de sa mère sous forme de goutte de sperme, puis une même durée comme caillot de sang, puis une même durée comme morceau de chair ; ensuite Allah envoie un ange pour inscrire quatre réalités : sa subsistance, la durée de sa vie, ses œuvres et sa destinée (rapporté par Boukhari et Mouslim). La sourate Le Tonnerre rapporte également qu'Ibn Omar a transmis ce hadith du Prophète ﷺ : les clés du mystère sont au nombre de cinq que Dieu seul connaît : ce qu'il y aura demain, ce que contiennent les seins des mères, la descente de la pluie, en quelle terre une âme mourra et la survenue de l'Heure Suprême (rapporté par Boukhari n°4697). Ibn Abbas interprète la contraction des matrices comme une allusion aux avortements, aux naissances à terme et aux naissances prématurées ou tardives. Maqhoul décrit l'état du fœtus nourri du sang maternel, puis sa naissance dans un monde nouveau. Allah est qualifié de "Grand" et d'"Infini" : Sa science embrasse toutes les créatures, lesquelles Lui sont soumises de gré ou de force.
V.10-11
L'enseignement principal de ce passage est qu'Allah connaît les actes et les pensées de tous les hommes sans distinction, qu'il s'agisse de celui qui dissimule sa parole, de celui qui la dévoile, de celui qui se cache la nuit ou de celui qui marche au grand jour. L'exégèse de la sourate Le Tonnerre précise que chaque individu est entouré de quatre anges en permanence : deux gardiens et deux scribes, l'un inscrivant les bonnes actions et l'autre les mauvaises. Le Prophète ﷺ a déclaré que ces anges accompagnent partout et ne s'éloignent que pour le besoin naturel ou la cohabitation avec les épouses, recommandant d'en avoir honte et de les honorer. Ibn Abbas indique que ces anges ne quittent l'homme que lorsque l'ordre d'Allah arrive pour recueillir son âme. Moujahed précise qu'un ange est toujours attaché à l'homme pour le protéger des génies, des humains et des bêtes. Abou Mijliz rapporte qu'Ali Ben Abi Taleb enseignait que deux anges gardent chaque homme contre tout ce qu'Allah ne lui a pas prédestiné, et que si une chose décrétée doit survenir, ils s'écartent. Abdullah Ben Mass'oud rapporte que le Prophète ﷺ a dit que chaque personne est accompagnée d'un génie et d'un ange, ajoutant que le sien ne lui ordonnait que du bien, car Allah lui en avait accordé le pouvoir (rapporté par Ahmed et Mouslim). Ibn Abi Hatem transmet qu'Allah a révélé à l'un des Prophètes des fils d'Israël que tout peuple qui change de conduite après avoir obéi verra son bonheur transformé en malheur.
V.12-13
Ce que ce passage met en lumière, dans la sourate Le Tonnerre, est la signification de l'éclair, du tonnerre et de la foudre comme signes de la puissance d'Allah. D'après Qatada, l'éclair représente pour le voyageur une source d'effroi car il redoute ses méfaits, et pour le sédentaire un espoir de pluie et de bénédiction. Les lourds nuages porteurs de pluie sont proches de la terre. Le tonnerre proclame les louanges d'Allah, de même que tout ce qui existe. Lorsque le Prophète ﷺ entendait la foudre et le tonnerre, il disait : Grand Allah, ne nous fais pas mourir par Ton courroux, ni périr par Ton châtiment, et pardonne-nous avant cela. Abou Houraira rapporte que le Prophète ﷺ, à l'audition du tonnerre, disait : Gloire à Celui que les anges et le tonnerre célèbrent. Ibn Abbas rapporte que le Prophète ﷺ a enseigné : lorsque vous entendez la foudre, invoquez Allah, car son mal ne saurait atteindre quiconque L'invoque. L'exégèse rapporte que la foudre sera l'instrument de vengeance d'Allah à la fin des temps, et qu'un tyran arabe qui avait raillé le Prophète ﷺ fut frappé par la foudre, son crâne emporté. Arbad Ben Rabi'a connut un sort similaire pour avoir tenté d'attenter à la vie du Prophète ﷺ.
V.14
Selon Ibn Kathir, la véritable prière s'adresse exclusivement à Allah. Ceux qui implorent d'autres divinités ressemblent à qui tend ses deux paumes vers l'eau pour qu'elle les atteigne, alors qu'elle ne les atteindra jamais. Ali Ben Abi Taleb développe dans la sourate Le Tonnerre cette image en comparant ces adorateurs à un homme qui tente de puiser de l'eau avec le creux de sa main au bord d'un puits, alors que l'eau est trop loin pour l'atteindre. Ceux qui invoquent d'autres qu'Allah ne seront jamais exaucés et ne retireront aucun profit dans les deux mondes.
V.15
Tout ce qui existe dans les cieux et sur la terre se prosterne devant Allah de gré ou de force, ainsi que leurs ombres au matin et au soir. Ce verset de la sourate Le Tonnerre établit que tout est soumis à la domination et au pouvoir d'Allah, sans aucune exception.
V.16
Ce verset interpelle ceux qui reconnaissent qu'Allah est le Créateur des cieux et de la terre, mais qui Lui inventent pourtant des associés. Ces divinités inventées ne détiennent ni profit ni nuisance pour elles-mêmes ni pour ceux qui les adorent. La sourate Le Tonnerre pose la question : peut-on mettre sur le même plan ceux qui adorent ces idoles et ceux qu'une lumière venue de leur Seigneur guide ? S.XVIII, V.43 proclame la transcendance absolue d'Allah, et S.XIX, V.93 rappelle que toutes les créatures Lui sont asservies. Puisque toutes sont Ses servantes, ceux qui prennent pour maîtres des divinités sans fondement agissent par pure invention. Le décret condamnant les incrédules s'accomplira, car Allah n'opprime personne.
V.17
Deux paraboles permettent de distinguer le vrai du faux dans ce verset. L'eau de pluie coule dans les vallées selon leur capacité : la vaste et profonde en reçoit davantage que l'étroite et peu profonde. Dans la sourate Le Tonnerre, Ibn Kathir interprète cela comme une allusion aux cœurs qui saisissent la science selon leur grandeur. L'inondation charrie une écume qui disparaît, de même que les métaux fondus au feu pour en tirer ornements et ustensiles produisent une écume semblable qui s'évanouit. Ce qui profite aux hommes demeure, le faux s'en va. Ibn Abbas commente : les cœurs retirent de cet exemple autant que leur foi ou leur doute ; le doute est l'écume, la certitude renferme ce qu'on retire de précieux des métaux fondus. Abou Moussa rapporte que le Prophète ﷺ a dit : la bonne voie et la science qu'Allah m'a envoyé pour les communiquer sont semblables à une pluie abondante : la terre fertile absorbe et produit, la terre aride retient l'eau pour que les hommes s'en servent, la terre plate ne retient rien et ne produit rien. Ainsi en est-il des hommes : certains s'instruisent et enseignent, d'autres refusent la voie d'Allah (rapporté par Boukhari et Mouslim).
V.18
Allah présente ici la récompense des bienheureux et la sanction des damnés. Ceux qui ont répondu à l'appel de leur Seigneur, suivi Son Envoyé ﷺ et attesté la vérité des événements passés et à venir recevront la plus belle récompense, selon S.XVIII, V.88 et S.X, V.26. À ceux qui se refusent à Allah, même s'ils offraient tous les biens de la terre pour se racheter, rien ne serait accepté au Jour du Jugement. Leur compte sera d'une sévérité extrême, et la Géhenne sera leur refuge, quel détestable séjour. La sourate Le Tonnerre insiste sur cette symétrie entre la belle récompense des obéissants et le sort des désobéissants.
V.19
Ce verset pose la question de l'égalité impossible entre le croyant et l'incrédule. Celui qui a reconnu la vérité de la révélation et l'aveugle incapable de trouver le droit chemin ne sauraient se valoir. La sourate Le Tonnerre cite S.LIX, V.20 : les élus du paradis ne sauraient être comparés aux damnés de l'enfer. Seuls les hommes doués d'intelligence tirent profit de ces révélations et s'y conforment.
V.20-24
Ces cinq versets décrivent les qualités des croyants auxquels la belle demeure est promise. La sourate Le Tonnerre les énumère : ils observent leurs engagements envers Allah et respectent leur foi jurée, à l'opposé des hypocrites qui trahissent le dépôt et manquent à leur parole. Ils entretiennent les liens qu'Allah a ordonné de maintenir, notamment les liens de parenté, et font le bien envers les proches et les nécessiteux. Ils craignent leur Seigneur dans toutes leurs œuvres et redoutent les conséquences de leur compte. Ils s'abstiennent de tout ce qu'Allah a interdit et recherchent constamment Sa Face. Ils accomplissent la prière à ses heures avec toutes ses inclinaisons et prosternations. Ils dépensent pour leurs épouses, leurs proches, les pauvres et les besogneux, de jour comme de nuit, en secret et en public. Ils répondent au mal par le bien, pardonnant à qui leur nuit, conformément à S.XLI, V.34. Ceux-là habiteront les jardins de l'Eden avec les Prophètes, les Messagers et les martyrs, rejoints par leurs pères, épouses et enfants qui les auront suivis dans la foi. Ceux parmi leurs proches qui mériteraient des degrés inférieurs seront élevés par la grâce d'Allah (S.LII, V.21). Les anges entreront auprès d'eux par toutes les portes pour les saluer et les féliciter. Abdullah Ben Amr Ben Al-'As rapporte que le Prophète ﷺ a dit que les premiers à entrer au Paradis parmi les créatures d'Allah seront les pauvres parmi les Mouhagériens qui montent la garde aux points stratégiques, et qu'Allah enverra Ses anges pour les visiter et les saluer (rapporté par Ahmed).
V.25
Ce verset décrit l'état des réprouvés, opposé en tout point à celui des croyants. Ils violent le pacte d'Allah après l'avoir accepté, rompent ce qu'Il a ordonné de maintenir et corrompent la terre. La sourate Le Tonnerre rapporte que le Prophète ﷺ a dit : l'hypocrite se reconnaît à trois signes : il ment quand il parle, ne tient pas ses promesses et trahit le dépôt qui lui est confié (rapporté par Boukhari). Abou Al-'Alya ajoute trois autres signes : ils brisent l'alliance d'Allah après l'avoir engagée, rompent ce qu'Il a commandé de maintenir et corrompent la terre. La malédiction d'Allah et la pire des demeures attendent ces mécréants.
V.26
Allah dispense Ses bienfaits largement à certains et mesurablement à d'autres, selon Sa volonté et Sa sagesse. Les incrédules se réjouissent de ces dons sans percevoir qu'ils ne constituent qu'une épreuve passagère. La sourate Le Tonnerre rappelle que les vraies ambitions des croyants se tournent vers la vie future (S.IV, V.77). Al-Moustawred rapporte que le Prophète ﷺ a dit : le bas monde par rapport à l'autre est comparable à ce que le doigt de l'un d'entre vous peut ramener en le plongeant dans la mer (rapporté par Mouslim et Ahmed). Dans un autre hadith rapporté par Mouslim, le Prophète ﷺ, passant devant un chevreau mort, déclara que ce bas monde est encore moins insignifiant aux yeux d'Allah que ce chevreau lorsque son propriétaire l'a jeté.
V.27-29
Les mécréants réitèrent leur demande de miracle. Allah ordonne à Son Prophète ﷺ de leur répondre qu'Il égare qui Il veut et guide vers Lui ceux qui se repentent. La guidance et l'égarement relèvent d'Allah seul, comme le confirment S.X, V.101 et S.VI, V.111. Dans la sourate Le Tonnerre, Ibn Kathir souligne que c'est dans le dhikr d'Allah que les cœurs trouvent leur véritable tranquillité, et que ceux dont les cœurs s'apaisent en Son souvenir recevront tout le bien et la plus belle retraite au Paradis. "Touba" désigne selon Chahr Ben Hawchab un arbre au Paradis dont les branches pénètrent dans les demeures des élus, planté de la main d'Allah, dont les racines font naître les fleuves de miel, de vin, d'eau et de lait. Anas rapporte que le Prophète ﷺ a dit : au Paradis se trouve un arbre qu'un cavalier marcherait cent ans sous son ombre sans pouvoir en atteindre le bout (rapporté par Boukhari n°4881).
V.30
Allah rappelle à Son Prophète ﷺ qu'Il lui a envoyé des Prophètes avant lui, dont les peuples les ont traités d'imposteurs. La bonne fin appartient à ceux qui ont suivi les Prophètes dans les deux mondes. Les idolâtres refusent le nom "Ar-Rahman" : lors du traité de Houdaybyah, ils refusèrent que le Prophète ﷺ écrive "Au nom d'Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux". Dans la sourate Le Tonnerre, Ibn Kathir souligne qu'Allah ordonne à Son Prophète ﷺ d'affirmer sa foi totale en son Seigneur et sa confiance absolue en Lui.
V.31
La grandeur du Coran est mise en avant dans ce verset. Même si ce Livre faisait déplacer les montagnes, fendait la terre et faisait parler les morts, les polythéistes refuseraient de croire, car tout le commandement appartient à Allah. Il est rapporté dans un hadith authentifié que le Prophète ﷺ a dit : il n'y a pas un Prophète sans qu'il soit appuyé par un miracle ; quant à lui, ce qu'il a reçu est une révélation d'Allah, et il espère avoir le plus grand nombre de suivants au Jour de la Résurrection. La sourate Le Tonnerre rapporte également que les polythéistes avaient demandé au Prophète ﷺ de déplacer les montagnes de La Mecque, de raccourcir les distances ou de ressusciter leurs morts, ce qui donna lieu à la révélation de ce verset. Les fléaux atteindront les incrédules jusqu'à l'accomplissement de la promesse d'Allah, que certains identifient à la conquête de La Mecque, d'autres au Jour de la Résurrection (S.XIV, V.47).
V.32
Avant le Prophète ﷺ, d'autres Prophètes ont essuyé les railleries de leurs peuples. Allah leur a accordé un répit avant de les saisir par un châtiment sévère (S.XXII, V.48). Dans les deux Sahihs, le Prophète ﷺ a déclaré : Allah accorde un répit à l'injuste, mais quand Il le saisit, Il ne lâche pas (rapporté par Boukhari et Mouslim).
V.33
Allah observe les actes de chaque âme, et rien ne Lui est caché. La sourate Le Tonnerre cite à l'appui plusieurs versets : S.X, V.61, S.XIII, V.10, S.XX, V.7 et S.LVII, V.4. Les statues adorées par les idolâtres ne voient rien, ne comprennent rien et ne peuvent ni nuire ni être utiles. Ibn Kathir leur pose la question : si ces divinités existaient réellement, pourquoi Allah ne les connaîtrait-Il pas ? Moujahed précise qu'on a enjolivé aux incrédules leurs ruses, ils sont égarés et entraînent les autres dans leur égarement (S.XLI, V.25). Celui qu'Allah égare ne trouvera aucun guide.
V.34-35
Les mécréants et polythéistes subiront un double châtiment : dans ce monde, Allah donne aux croyants la victoire sur eux ; dans l'autre, le supplice sera encore plus atroce. Le Prophète ﷺ a déclaré que le châtiment du bas monde est insignifiant face à celui de l'au-delà, car le feu terrestre n'est qu'une des soixante-dix parties du feu de la vie future (S.LXXXIX, V.25-26 et S.XXV, V.11-12). Pour les croyants, la sourate Le Tonnerre décrit un Paradis aux ruisseaux jaillissants, aux fruits abondants en toutes saisons et à l'ombre permanente. Ibn Abbas rapporte que le Prophète ﷺ, lors de la prière de l'éclipse, a dit avoir voulu cueillir une grappe du Paradis, et qu'elle aurait suffi à tous les hommes tant que le bas monde existe (rapporté par Boukhari et Mouslim). Zaid Ben Arqam rapporte que le Prophète ﷺ a dit qu'un habitant du Paradis aura la force de cent hommes, et que son besoin naturel sera satisfait comme une transpiration exhalant une odeur de musc (rapporté par Ahmed et Nassaï).
V.36-37
Parmi les gens du Livre, certains se réjouissent à l'audition des versets révélés à Muhammad ﷺ car ils confirment les enseignements de leur Écriture. D'autres en rejettent une partie. Dans la sourate Le Tonnerre, Allah ordonne à Son Prophète ﷺ de répondre qu'il n'adore qu'Allah sans aucun associé. Le Coran a été révélé en langue arabe, exempt de toute erreur, contenant des enseignements clairs et précis (S.XLI, V.42). Ce verset constitue également un avertissement aux savants et aux ulémas contre le fait de suivre les égarés après avoir reçu la science prophétique.
V.38-39
Des Prophètes parmi les mortels ont été envoyés avant le Prophète ﷺ : ils se nourrissaient, vivaient dans les marchés, avaient des épouses et des enfants. Aucun d'eux n'avait le pouvoir d'accomplir un miracle sans la permission d'Allah. Dans la sourate Le Tonnerre, le Prophète ﷺ a dit : je jeûne et je romps le jeûne, je prie la nuit et je dors, je mange de la viande et j'épouse des femmes ; quiconque se détourne de ma sunna n'est plus des miens (rapporté par Boukhari et Mouslim). Allah abroge et maintient ce qu'Il veut. Ibn Abbas dit qu'Il abroge tout ce qu'Il veut excepté la mort, la vie, le bonheur et le malheur prédestiné. L'exégèse rapporte les invocations de compagnons et de pieux ancêtres qui suppliaient Allah de les maintenir parmi les bienheureux. Un hadith d'Ahmed, Nassaï et Ibn Maja d'après Thawban précise : rien que les invocations ne puissent repousser le destin, et la piété procure la longévité.
V.40-41
La mission du Prophète ﷺ se borne à la transmission du message, le Jugement appartenant à Allah seul (S.LXXXVIII, V.25-26). Ibn Abbas comprend la "réduction du globe" comme la permission donnée à Muhammad ﷺ de conquérir la terre partie après partie, interprétation que soutient Ibn Jarir et que la sourate Le Tonnerre retient comme la plus solide. Allah est le seul juge, Ses arrêts sont sans appel et Son compte est rapide.
V.42
Les peuples anciens ont usé de ruses contre leurs Prophètes, cherchant à les expulser. La ruse d'Allah surpasse toujours toutes les ruses humaines, et Il connaît parfaitement les intentions cachées dans les cœurs pour rétribuer chacun selon elles. La dernière demeure appartient à ceux qui ont suivi leurs Prophètes dans les deux mondes.
V.43
Les impies nient la mission prophétique de Muhammad ﷺ. Allah lui ordonne de répondre qu'il lui suffit d'avoir Allah et les gens du Livre comme témoins. Ibn Kathir retient la position d'Ibn Abbas : il s'agit des juifs et des chrétiens qui trouvent dans leurs propres Écritures la description de Muhammad ﷺ et l'annonce de sa venue, comme le confirment S.VII, V.157 et S.XXVI, V.197. Dans la sourate Le Tonnerre, Ibn Kathir conclut que la sincérité du Prophète ﷺ est attestée par Allah Lui-même, contre tous les mensonges inventés par les incrédules.