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Sourat Al Fatiha en arabe

Sourate 1 en arabe

بِسْمِ ٱللَّهِ ٱلرَّحْمَٰنِ ٱلرَّحِيمِ

ٱلْحَمْدُ لِلَّهِ رَبِّ ٱلْعَٰلَمِينَ

ٱلرَّحْمَٰنِ ٱلرَّحِيمِ

مَٰلِكِ يَوْمِ ٱلدِّينِ

إِيَّاكَ نَعْبُدُ وَإِيَّاكَ نَسْتَعِينُ

ٱهْدِنَا ٱلصِّرَٰطَ ٱلْمُسْتَقِيمَ

صِرَٰطَ ٱلَّذِينَ أَنْعَمْتَ عَلَيْهِمْ غَيْرِ ٱلْمَغْضُوبِ عَلَيْهِمْ وَلَا ٱلضَّآلِّينَ

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Le tafsir

La sourate Al-Fatiha est la sourate d'ouverture du Coran. Elle compte sept versets et appartient aux sourates makkiyya, révélées à La Mecque. Ibn Kathir lui consacre une exégèse approfondie, verset par verset, en s'appuyant sur les propos des Compagnons du Prophète, les grands savants de l'islam et les hadiths authentiques. La sourat Al Fatiha en arabe occupe une place centrale dans la pratique du croyant : récitée à chaque unité de prière, elle condense en sept versets l'essence même de la relation entre le serviteur et son Seigneur.

V.1. Bismi-l-Lâhi-r-Rahmâni-r-Rahîm (Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux)

Ibn Kathir ouvre son commentaire par une présentation de la Basmala et de son statut dans le Coran. Ibn Abbas rapporte que le Prophète ﷺ ne savait distinguer la fin d'une sourate du début d'une autre que lorsque la Basmala lui était révélée. Les Compagnons du Prophète ont placé cette formule en tête du Livre d'Allah, et c'est ainsi qu'elle ouvre la sourat Al Fatiha en arabe comme l'ensemble du Coran.

Ibn Kathir précise que la Basmala est recommandée avant tout acte ou parole d'importance. Le Prophète ﷺ a dit : «Toute décision prise avant de formuler la Basmala est amputée». Elle est également recommandée avant les ablutions, selon le hadith : «Toute ablution faite sans formuler la Basmala est nulle». Quant à sa prononciation avant l'égorgement des bêtes, Al-Shafi'i la juge recommandée, tandis que d'autres savants la considèrent obligatoire. Le Prophète ﷺ a aussi enjoint un homme avant le repas : «Dis : Au nom d'Allah, mange de la main droite et prends de ce qui se trouve devant toi» (rapporté par Muslim). Avant les rapports conjugaux, le Prophète ﷺ enseigne : «Au nom d'Allah ! Mon Dieu, écarte le démon de nous et écarte le démon de ce que Tu vas nous accorder», ajoutant que si un enfant naît de cette union, le démon ne lui nuira jamais (rapporté par Boukhari et Muslim d'après Ibn Abbas).

Ibn Kathir s'attarde ensuite sur le nom Allah, qu'il présente comme le nom sublime du Seigneur renfermant toutes Ses qualités. Il cite plusieurs versets à l'appui, dont : «Il est Allah, il n'y a de Dieu que Lui. Il est celui qui connaît ce qui est caché et ce qui est apparent. Il est celui qui fait miséricorde, le Miséricordieux» (S.59, V.22), et : «Les plus beaux noms appartiennent à Dieu, invoquez-Le par ces noms» (S.7, V.180). Les deux Sahih rapportent d'après Abu Hurayra que le Prophète ﷺ a dit : «Allah a quatre-vingt-dix-neuf noms, cent moins un, quiconque les retient entrera au Paradis» (rapporté par Boukhari et Muslim d'après Abu Hurayra).

Concernant les deux attributs ar-Rahmân et ar-Rahîm, Ibn Kathir indique qu'ils dérivent tous deux de la miséricorde (rahma), le premier étant de portée plus vaste que le second. Il rapporte la position d'Al-Qurtubi, qui s'appuie sur un hadith divin pour établir cette distinction : «Je suis le Miséricordieux, J'ai créé le lien de parenté et lui ai donné un dérivé de Mon nom. Quiconque le maintient, Je le rapproche de Moi, et celui qui le rompt, Je romps avec lui» (rapporté par Tirmidzi). Ibn Jarir précise quant à lui que ar-Rahmân s'étend à toutes les créatures, tandis que ar-Rahîm est propre aux croyants, en s'appuyant sur : «Le Miséricordieux se tient en majesté sur le Trône» (S.20, V.5) et «Il est miséricordieux envers les croyants» (S.33, V.43).

V.2 : Al-hamdu li-l-Lâhi Rabbi-l-'âlamîn (Louange à Allah, Seigneur des mondes)

Ibn Kathir rapporte la définition d'Ibn Jarir : «Louange à Allah» est une reconnaissance envers Allah seul, en dehors de toutes Ses créatures. Allah est digne de cette louange pour les bienfaits innombrables qu'Il a accordés à Ses serviteurs, et pour avoir créé l'homme de sorte qu'il puisse user de tous ses membres et accomplir ses obligations. Allah a dispensé Ses dons dans ce bas monde pour que Ses serviteurs soient reconnaissants, et Il leur ordonne en retour de Le remercier en disant : «Louange à Allah». Ce terme est également un éloge par lequel le Seigneur S'est Lui-même glorifié.

Le Prophète ﷺ a dit : «La meilleure mention d'Allah consiste à dire : Il n'y a d'autre divinité qu'Allah, la meilleure invocation est : Louange à Allah» (rapporté par Tirmidzi). Il a également enseigné : «Lorsque le serviteur reçoit un bienfait d'Allah et dit : Louange à Allah, ce qu'il donne est meilleur que ce qu'il a pris» (rapporté par Ibn Maja).

Ibn Omar rapporte aussi un hadith dans lequel un homme dit : «O Seigneur, à Toi la louange comme il sied à la majesté de Ta Face et à la grandeur de Ton pouvoir». Les deux anges chargés d'inscrire les actes du serviteur montèrent au ciel, ignorant comment transcrire ces paroles. Allah leur répondit : «Inscrivez-les comme tels jusqu'à ce qu'il Me rencontre pour que Je le récompense» (rapporté par Ibn Maja).

Concernant l'expression Rabb al-'âlamîn, Ibn Kathir précise que le Seigneur est Celui qui dispose de tout ce qu'Il possède. Quant au terme «mondes», Al-Farra' et Abu Ubayd l'appliquent aux créatures douées d'intelligence : les humains, les djinns, les anges et les démons. Al-Zajjaj élargit cette définition à tout ce qu'Allah a créé dans ce bas monde et dans la vie future. Al-Qurtubi se range à cette dernière opinion et cite : «Pharaon dit : Qui donc est le Seigneur des mondes ? Moise dit : C'est le Seigneur des cieux et de la terre et de ce qui se trouve entre les deux» (S.26, V.23-24).

V.3 : Ar-Rahmâni-r-Rahîm (Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux)

Ibn Kathir cite Al-Qurtubi, qui explique qu'Allah S'est qualifié de ces deux attributs immédiatement après «Seigneur des mondes» afin d'associer l'espérance à la crainte dans le cœur du croyant. Ce principe est illustré par deux versets : «Informe Mes serviteurs que Je suis, en vérité, Celui qui pardonne, le Miséricordieux, et que Mon châtiment est le châtiment douloureux» (S.15, V.49-50) et «Ton Seigneur est prompt dans Son châtiment, Il est aussi Celui qui pardonne, Il est miséricordieux» (S.7, V.165).

Le Prophète ﷺ a dit : «Si le croyant savait ce qu'il y a auprès d'Allah comme châtiment, nul n'aurait ambitionné le Paradis. Si l'incrédule savait ce qu'il y a auprès d'Allah comme miséricorde, nul ne serait désespéré de Sa miséricorde» (rapporté par Muslim). La sourat Al Fatiha en arabe offre ainsi, dès ses premiers versets, un équilibre entre la crainte révérencielle et l'espoir en la clémence divine.

V.4 : Mâliki yawmi-d-dîn (Souverain au Jour du Jugement)

Allah, étant Seigneur des mondes, est également le Souverain de ce monde présent et de l'au-delà. Ibn Kathir rappelle que ce jour-là, nul ne pourra parler sans Sa permission, en citant : «Ils ne parleront pas, sauf celui à qui le Miséricordieux l'aura permis et qui prononcera une parole juste» (S.78, V.38) et «Le jour où cela arrivera, nul ne parlera sans la permission d'Allah» (S.11, V.105).

Ibn Abbas précise que le jour du jugement est le jour du compte final, où toutes les créatures seront jugées selon leurs œuvres : les bonnes seront récompensées, les mauvaises châtiées, sauf si Allah accorde Son pardon. Ibn Kathir rappelle également que l'attribut de Roi ou Souverain appartient en propre à Allah, et qu'on ne l'attribue aux hommes de pouvoir qu'au sens figuré. Les deux Sahih rapportent que le Prophète ﷺ a dit : «Allah saisira la terre et pliera les cieux de Sa main, puis Il dira : Je suis le Souverain, où sont donc les rois de la terre ? Où sont les tyrans ? Où sont les orgueilleux ?» (rapporté par Boukhari et Muslim). L'expression «jugement dernier» renvoie à la rétribution et au compte final. Le Prophète ﷺ a dit : «L'homme sensé est celui qui juge soi-même et œuvre pour la vie future» (rapporté par Ahmad, Tirmidzi et Ibn Maja), et Omar a ajouté : «Jugez-vous-mêmes avant d'être jugés».

V.5 : Iyyâka na'budu wa iyyâka nasta'în (C'est Toi que nous adorons, c'est Toi dont nous implorons le secours)

Ibn Kathir indique que l'adoration désigne l'humilité, et que selon la loi religieuse, elle englobe l'amour idéal, la soumission et la crainte. Ce verset peut se paraphraser ainsi : nous n'adorons aucun autre qu'Allah, et nous ne nous confions qu'en Lui — telle est la parfaite soumission. La religion tout entière repose sur ces deux piliers : le désaveu du polythéisme d'une part, et la reconnaissance que toute puissance et toute force appartiennent à Allah d'autre part. Plusieurs versets du Coran expriment ce sens, comme : «Adore-Le donc et confie-toi à Lui» (S.11, V.123) et «Lui le Miséricordieux, nous croyons en Lui, nous nous confions en Lui» (S.67, V.29).

Ibn Kathir soulève également pourquoi le croyant qui prie seul dit «nous adorons» et non «j'adore» : pour que l'homme ne se considère pas comme le seul adorateur d'Allah, et pour que son invocation embrasse aussi ses frères croyants. Il précise de plus que le présent «nous adorons» exprime une humilité plus grande que le passé «nous t'avons adoré», car le serviteur adore son Seigneur tant qu'il est en vie, sachant qu'il est dans l'incapacité d'adorer Allah comme il sied réellement à Sa Majesté.

Allah Lui-même a qualifié Son Prophète ﷺ de «serviteur» en plusieurs occasions : «Louange à Allah qui a fait descendre le Livre sur Son serviteur» (S.18, V.1), «Quand le serviteur d'Allah s'est levé pour L'invoquer» (S.72, V.19) et «Gloire à Celui qui a fait voyager de nuit Son serviteur» (S.17, V.1).

V.6 : Ihdina-s-sirâta-l-mustaqîm (Guide-nous sur le chemin droit)

Ibn Kathir rappelle qu'en langue arabe, le chemin droit désigne le chemin clair, sans tortuosité. Du point de vue religieux, plusieurs interprétations sont rapportées, qui convergent toutes vers l'idée de suivre Allah et Son Prophète ﷺ. Ibn Abbas dit qu'il s'agit de la religion d'Allah, exempte de toute déviation. Ibn Al-Hanafia précise qu'il s'agit de la religion d'Allah et qu'aucune autre ne saurait être acceptée. Moujahed dit que le chemin droit est la vérité, une position qu'Ibn Kathir juge la plus logique, car elle englobe toutes les autres sans les contredire.

Ibn Jarir définit le chemin droit comme celui dont Allah a agréé Son serviteur qui s'y tient fermement après avoir reçu Ses bienfaits, les traduisant en actes et en paroles, et qui sera au Jour du Jugement avec les Prophètes, les justes, les témoins et les saints.

An-Nawas ben Sem'an rapporte que le Prophète ﷺ a dit : «Allah donne la parabole d'un chemin droit, tout au long de ses bords se trouvent deux murailles munies de portes ouvertes mais couvertes par des rideaux. Sur ce chemin, un homme se tient et s'écrie : O hommes ! Empruntez ce chemin sans vous dévier. Un autre crieur au-dessus de ce chemin, quand un homme essaie d'ouvrir l'une de ces portes, le met en garde : Malheur à toi, ne l'ouvre pas. Si tu l'ouvres, tu dois y accéder. Or ce chemin n'est que l'Islam, les deux murailles sont les limites d'Allah, les portes Ses interdictions, la personne sur le chemin est le Livre d'Allah et le crieur d'en haut, le sermonneur d'Allah qui se trouve dans le cœur de chaque musulman» (rapporté par Ahmad).

Ibn Kathir soulève une question : pourquoi le croyant demande-t-il d'être guidé vers le chemin droit, alors qu'il accomplit déjà la prière ? La réponse est que le serviteur a besoin d'être guidé à chaque instant, d'être affermi dans ce chemin et d'y persévérer. Allah lui montre la voie pour y parvenir en lui accordant le secours et la réussite, comme Il l'ordonne en disant : «O vous qui croyez ! Croyez en Allah et en Son Prophète» (S.4, V.136).

V.7 : Sirâta-l-ladhîna an'amta 'alayhim ghayri-l-maghdûbi 'alayhim wa la-d-dâllîn (Le chemin de ceux que Tu as comblés de bienfaits, non celui de ceux qui ont encouru Ta colère, ni celui des égarés)

Ibn Kathir explique que ce verset précise la nature du chemin droit évoqué au verset précédent : il s'agit du chemin des gens vertueux qu'Allah a comblés de Ses grâces, dont Il dresse le portrait dans la sourate An-Nisa' : «Ceux qui obéiront à Allah et au Prophète, ceux-là, Allah leur donnera pour compagnons les élus de Sa Grâce, Ses Prophètes, les justes, les martyrs et les vertueux. Il n'y a pas de plus belle société» (S.4, V.69). Ibn Abbas précise que l'accès à ce chemin requiert l'adoration sincère d'Allah et la soumission à Sa volonté.

Ce verset distingue trois catégories : ceux qu'Allah a comblés de bienfaits, ceux qui ont encouru Sa colère, et ceux qui se sont égarés. Selon Ibn Kathir, rejoignant la position des exégètes, ceux qui ont encouru la colère d'Allah sont les juifs, conformément au verset : «Allah a transformé en singes et en porcs ceux qu'Il a maudits, ceux contre lesquels Il est courroucé» (S.5, V.60). Les égarés sont les chrétiens, comme le précise le verset : «Qui se sont égarés autrefois et qui en ont égaré beaucoup d'autres hors du droit chemin» (S.5, V.77). Cette interprétation est confirmée par le hadith rapporté par Ady ben Hatem : il demanda au Prophète ﷺ l'explication de ce verset, et le Prophète lui répondit : «Ils sont les juifs, quant aux égarés ils sont les chrétiens».

Ibn Kathir recommande à celui qui achève la récitation de la Fatiha de dire «Amîn», signifiant : «Exauce ma prière». Abou Hurayra rapporte que le Prophète ﷺ prononçait «Amîn» à la fin de la Fatiha avec une voix suffisamment audible pour être entendue par les fidèles du premier rang.

Synthèse exégétique

Ibn Kathir clôt son commentaire de la sourat Al Fatiha en arabe par une synthèse de ce qu'elle renferme. Cette sourate de sept versets contient la louange d'Allah, Sa glorification, plusieurs de Ses attributs, l'évocation du Jour du Jugement, l'affirmation de l'unicité divine, l'adoration sincère, et la demande d'être guidé sur le droit chemin afin d'y être affermi et d'accéder au Paradis en compagnie des Prophètes, des justes, des martyrs et des saints serviteurs. Elle renferme également une mise en garde contre le chemin des égarés et de ceux qui ont attiré la colère d'Allah.

Ibn Kathir conclut par un avertissement contre les «Qadariyya», ceux qui rejettent la notion de destin divin et prétendent que les serviteurs agissent de leur propre chef sans que cela soit décidé par Allah. Il rappelle que le Prophète ﷺ a averti : «Lorsque vous rencontrez ceux qui suivent les versets qui prêtent au doute, ils sont ceux qu'Allah a désignés — méfiez-vous d'eux». Le Coran établit la vérité et distingue la bonne direction de l'égarement, sans contradiction ni disparité, car il est une révélation de la part du Sage, digne de toutes les louanges.

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